25 mai 2007
De plus en plus dur...de plus en plus bon!
Les cours se suivent et ne se ressemblent pas ! A chaque nouvelle séance, le maître complique l’exercice et rajoute une difficulté supplémentaire. A ma grande surprise lorsque je cesse de douter de la capacité d’Idanha à franchir cette nouvelle étape, le mouvement passe en douceur et la bonne volonté de ma demoiselle ne fait plus l’ombre d’un doute. A partir du moment où je reste dans mon assiette, les jambes en place, il me suffit de demander correctement et elle exécute.
En réalité je me rends à présent compte que je me suis rendue chez M. Suchet afin de « dresser » Idanha, en fin de compte ce n’est pas l’éducation de ma demoiselle que nous aurons fait mais une rééducation de sa cavalière ! Les accidents, les douleurs et le travail solitaire m’avaient voûtée, mon dos durcit n’amortissait plus les mouvements de ma demoiselle, mes jambes en place certes mais loin du contact de peur qu’elle ne sursaute et ne chauffe… Au fil des jours, je me redresse, mon assiette bien calée au fond de la selle, le dos déjà un peu plus souple accompagne le mouvement et ne gène plus ma demoiselle et enfin, je découvre qu’assise ainsi je ne suis plus simplement assise sur mon cheval, je fais corps avec elle, je sens ses muscles s’activer dans la douce cadence de son trot, je redécouvre à cette allure la fantastique sensation de flotter. Je parviens dès lors à employer un peu mes jambes, Idanha ne sursaute plus elle répond, simplement en l’étreignant doucement avec mes mollets je la sens s’arrondir, son encolure se relâche, son dos remonte et je sens ses postérieurs se rapprocher et pousser pour la propulser en avant. Nous pouvons désormais prétendre au célèbre « en avant, calme et droit » avec une fierté naturelle que procure cette position retrouvée, à vrai dire il y avait bien longtemps que je ne m’étais sentie si fière à cheval !
Les premiers exercices concernaient les transitions, ensuite l’incurvation sur les cercle, ensuite les flexions, puis les épaules en dedans. Une fois tout cela en place, nous avons travaillé au pas les spirales enroulées puis déroulées, puis au trot et enfin au galop. Et comme en équitation rien n’est jamais aboutit, cette semaine l’exercice se corse avec des transitions sur la spirale. J’ai finit de douter, je place mes aides, je me détend, je demande et Danha donne… Cette sensation incroyable que même dans des exercices complexes et contraignants rien n’est impossible, tout se prépare, se demande et s’obtient…
Je revois ma façon de faire, je réfléchis et raisonne mon équitation avant ou après être monté, pendant je savoure et me détend.
Comme il ne suffit pas de travailler assidûment pour obtenir tant, il faut également savoir ménager sa monture, je laisse à ma belle des moments de détente, je l’emmène voir les poneys qui broutent paisiblement dans leur pré, elle les adore. Ma jument d’ordinaire si acariâtre avec ses congénère s’avère en réalité avoir une tendresse presque maternelle pour les poneys, elle s’en approche doucement tend son encolure vers leurs naseaux et échange son souffle.
Ensuite je la lâche en liberté dans le rond de longe dont la porte est située juste en face du pré des poneys, Idanha fait alors son show, des aller-retour au trot piqué, queue sur le dos et ronflant comme un entier, elle stoppe net devant la porte et se cabre face aux poneys puis repars ventre à terre !
La chaleur étant parfois étouffante dans le rond de longe, je lui offre des détentes dans la carrière avec des reprises de poneys, elle n’en finit pas de les regarder et de flamber devant eux, elle est joyeuse et heureuse. Elle sait sans doute que bientôt elle retrouvera ses pénates avec les séances difficiles dans lesquels les grands selle-français et chevaux allemands n’en finissent pas de lui couper la route… Ni elle ni moi ne sommes impatientes de retrouver cette routine implacable, le rêve sent la fin, nous saurons l’entretenir et nous reviendrons régulièrement au pays des ibériques et des poneys !
22 mai 2007
Le lundi c'est dur!
Drole de reprise ce lundi, passer du jour au lendemain de la peinture au bureau, ça n'est pas si facile de changer de casquette au pied levé!
Enfin il faut bien s'y remettre en cette morne journée grise et froide, je suis courbaturée de partout, le cou raidis par la fatigue, vidée par ce long week end d'exposition et un peu déboussolée... La journée s'annonce glauque, le moral est en berne, je ne veux qu'une chose, rentrer, m'enfermer, me coucher, me cacher, ne plus voir personne, ne plus rien entendre, ne plus rien lire, ne plus rien dire...
On ne fait pas toujours ce qu'on veux, non seulement j'ai une journée de travail chargée de rendez vous, mais en plus, ce soir le maître m'attend pour la reprise! J'ai déjà du mal à tenir mon dos droit sur ma chaise, alors je ne meurs vraiment pas d'envie d'aller monter... La journée s'étire et je me traine, quand arrive l'heure d'aller rejoindre ma belle Danha, c'est à reculons que j'y vais, elle ne m'a presque pas vu depuis trois jours, la reprise risque d'être sportive!
La demoiselle m'attend de pied ferme, comme si elle sentait mon mal être, elle se colle contre moi, cherche les caresses, enfouis son nez dans mon cou, sous mes cheveux, pose sa tête sur mon épaule... Idanha est d'une tendresse presque maternelle et petit à petit la fatigue et la lassitude disparaissent je me sens mieux, tellement mieux que j'en pleure malgré moi, il faut bien évacuer... Cette jument ne finira jamais de m'étonner!
Regonflée par tant de tendresse, nous partons vers le rond de travail pour une détente en tête à tête, je met ma minerve pour limiter un peu la casse et je me hisse en selle. Dès le début Idanha se montre très souple mais très tonique! Le maître n'a pu vraimment la monter étant donné la différence de poids entre le sien et le mien, ma demoiselle lui a vite fait comprendre qu'il ne fallait pas trop y compter!
Quoiqu'il en soit, je suis agréablement surprise, elle a bien assimilé les exercices de flexions et les fait à présent sans craintes, elle est souple et légère malgré le surplus d'énergie qu'elle à accumulé. le maître arrive et nous entreprenons une révision complête en enchainant la totalité des exercices, Danha s'applique, je fais tout mon possible pour rester à ma place, j'étire mes douleurs, j'essaye de relacher les muscles contracturés puis peu à peu je m'abandonne à cette fantastique sensation de faire corps avec mon cheval... ça y est enfin on y arrive!
Je repars légère et regonflée à bloc, plus rien ne compte, la fatigue et la douleur se sont assourdies...
19 mai 2007
dernier cours de la semaine
Dernier cours avant un long week-end loin de ma jument, lorsque l’on a des passions dévorantes il faut savoir sacrifier à l’une comme à l’autre, pour ce week-end, ce sera donc la peinture.
Mais pour l’heure nous retournons dans notre petite bulle, sur la piste du rond de travail, nous retrouvons le maître, à nouveau il faut replacer ma position, cela se fait déjà plus naturellement depuis la séance à cru. La jument se pose sur son mors, aujourd’hui un verdun avec un jouet en cuivre, elle a l’air d’apprécier cet allègement et le confort des canons plus épais…
Nous reprenons les exercices de spirale, en y ajoutant cette fois des transitions vers l’arrêt ou vers le trot, les démarrages se font un peu en dérapage, mais il faut respecter le principe de toujours demander un peu plus au cheval au fur et à mesure des séances, sans cela le cheval s’ennuie et ne se concentre plus sur son travail…
La séance se passe à merveille et je commence à être fière de nous ! Je cesse petit à petit de reporter mon poids en avant et du coup ma belle Danha se fixe et reste posée sur son mors en confiance dans le mouvement en avant comme dans les arrêts.
Tout devient désormais possible, Idanha marche d’elle-même au pas d’école, je la soupçonne de volontairement flamber devant le maître ! Et ma fois ce dernier à l’air d’apprécier les facéties de la belle !
Pour l’instant nous ne touchons pas aux airs de spectacle, il ne faut pas tout mélanger et les séances demandent déjà beaucoup à la belle, les efforts physiques tant que les efforts de concentration l’épuisent littéralement.
Nous finissons donc par un pas de plus vers le campo à pied, Danha s’étend et reste ainsi à scruter pour savoir qui donnera la première carotte !
Voila je rentre ma belle à son box et la laisse donc pour les trois prochains jours aux mains du maître…
Je lui fais parfaitement confiance pour s’occuper de ma précieuse jument, mais la confiance n’exclue malheureusement pas les angoisses presque maternelles que j’éprouve à ne pas être là…
17 mai 2007
Révisions et exercices
Ces deux derniers jours, le maître n'a pu s'occuper de nous, qu'à cela ne tienne nous avions déjà bien assez à assimiler toutes les deux! nous nous sommes donc offert deux jours de révisions et détente!
Mardi je me suis mise à cheval franchement perclue de courbatures et contractures, j'imagine de ma miss devait être un peu dans le même état! donc nous avons repris les choses en douceur, longtemps au pas, on recommence tous les exercices un par un, j'essaye de m'imposer la rigueur nécessaire pour lutter contre mon inconscient un peu plus flegmatique qui me suggère parfois de remettre à demain un exercice qui a du mal à passer! Cette fois ci je me pousse et me motive et à force de persévérance et de douceur, les progrès arrivent. Ma demoiselle commence à s'assouplir et à moins craindre les incurvations et les plis que je lui demande, au simple contact de mes mollets elle s'engage ou s'incurve, elle me dispense même de beaux arrets sans se rouvrir et repars l'encolure souple... Pour aujourd'hui la révision est satisfaisante, ma demoiselle à gagné sa liberté! je défait la sangle, ote la selle de son dos humide, ote le filet... Et voila ma jolie jument qui se roule à mes pieds! Auparavant elle s'éloignait toujours un peu de moi, mais depuis que nous sommes là elle se roule vraimment contre moi, j'en profite pour m'approcher et m'accroupir près de sa tête, ça ne lui fait pas peur, mais de toute façon elle est tellement concentrée sur son oeuvre!
Nous jouons un peu ensemble dans le manège puis je la ramène pour une bonne heure de pansage!
Le lendemain je m'en tient à une séance de longe pour revoir un peu ma belle se déplacer, aucun problèmes de secoté là, ses allures sont légères et déliées, elle trotte dans cette cadence qui me berce et me fais rêver. Toujours facétieuse, elle cherche avant tout à jouer, mais pour l'heure il faut travailler un peu. Je marche avec elle à la piste pour revoir un peu le pas espagnol, elle semble plus en équilibre sur ses postérieurs et marche le pas espagnol gracieusement...
Puis je ne peux résister, je n'avais pourtant pas envie de monter aujourd'hui, mais je finis par me hisser sur son dos, sans rennes et sans selle... Tranquillement au pas, je me concentre sur les mouvements de son dos, du moindre de ses muscles, je trouve ma place et commence à demander des arrets à l'assiette. Sans selle, il est beaucoup plus aisé de sentir l'action juste, je mémorise les sensations et caresse ma belle. Nous continuons par quelques changements de direction, simplement en tournant les épaules et en reportant mon poids de coté elle tourne tranquillement, me corrige parfois lorsque j'oublie de me rasseoir correctement, elle entamme alors des pirouettes sans fin, jusqu'à ce que je comprenne mon erreur et renvoie la belle en avant et droit d'un mouvement de bassin...
Pour finir je rejoins à regret la terre ferme et reprend l'exercice du campo, Idanha n'a pas oublié quoi que ce soit et me gratifie même d'un pas en avant supplémentaire, je caresse et recule doucement, elle reste ainsi campée à me regarder. Pour aujourd'hui ce sera plus que satisfaisant, de retour au box je lui donne sa récompense qu'elle semble tant apprécier, un peu d'avoine et un kilo de carottes!
Demain nous retravaillons avec le maître, je lui confierai ensuite ma demoiselle pour le week end, étant prise par mon exposition. J'espère que tout se déroulera bien, je fais confiance à l'un comme à l'autre mais tout de même, ce n'est pas facile de confier sa merveille!!
14 mai 2007
j'en bave mais c'est trop bon!
Réveil courbaturée ce matin, qui a dit que l'équitation n'était pas un sport?!
Une nouvelle séance de travail aujourd'hui dans le rond de longe et honnêtement j'en bave!
Aujourd'hui changement de mors, le goyo droit ne plait pas au maître et il est vrai qu'Idanha en a toujours une certaine apréhension sitôt qu'on y touche un peu trop fort, pour aujourd'hui nous essayerons donc le Pelham à canons brisés et je suis bien décidée à redescendre progressivement sur des mors encore plus légers ( enfin pour le travail en manège en tout cas!)
M. Suchet ne me lache pas sur ma position, ça commence à venir un peu plus naturellement mais sa présence est encore indispensable pour me rattraper au moindre écart! Le résultat sur Idanha est réellement flagrant, elle se cale mieux, monte progressivement son dos et se déplace avec calme.
Gros travail d'incurvation au programme ce qui n'est pas du tout le point fort de mademoiselle, tout en vibrations sur la rêne intérieure, à l'aide du poid du corps et d'un léger placement des aides, ça ne lui pose finalement aucun problème, même à gauche où elle est d'ordinaire si raide ( à moins que ça ne soit moi?!), M. Suchet au milieu nous apaise, nous calme toute les deux, et quel bonheur de travailler avec tant de légèreté, pas de contrainte pas de résistance, j'indique les choses justes et miss Danha fait les choses justes... Nous travailllons à partir du grand cercle et le réduisons en spirale jusqu'à un petit cercle de 2 mêtres puis progresivement retour sur le grand cercle, un exercice qui n'a l'air de rien mais qui se révèle redoutable pour ma Miss Péniche qui adore virevolter en chassant les hanches!
Voila encore de quoi travailler pour plus tard! Dans cet exercice, je réalise une chose, ammener la jument vers le centre demande quelques efforts et me prend 3 tours alors que la laisser repartir vers l'extérieur du cercle est plus aisé et ne prend qu'un tour... Voila tout le problème, l'exercice est raté, il faut l'amener en trois tours et la faire revenir en autant de temps... En réalité, à l'aller je demande alors qu'au retour je permet... C'est une chose que je n'ai pas l'impression d'avoir déjà faite à cheval, d'ordinaire on demande un travail et on permet une détente ou une récompense, là en réalité les choses sont autrement, je demande un exercice et ensuite je permet un autre exercice, du coup le cheval devient le moteur de son travail et voit les choses d'une autre façon...
Puis les transitions sans mains juste à l'assiette qui me demandent tant de concentration, d'ici quelques semaines le geste sera devenu naturel, mais pour l'instant il me demande beaucoup de maitrise de moi et un effort supplémentaires. Petite facécie de la demoiselle alors que je lui demande un reculé, elle est tellement pressée de montrer ce qu'elle sait faire qu'elle feint de mélanger les ordres et se cabre magistralement! je lui râle dessus, vite reprise à l'ordre par le maître, il ne faut pas crier, il faut remettre en avant... un petit tour au galop et tout rentre dans l'ordre...
Lors du travail de transition trot-galop-trot, je cadence en douceur la jument vers le petit trot rassemblé, je vois M. Suchet la regarde avec interet... J'ai oublié de lui dire qu'elle ne demande qu'à piaffer! alors pour finir la séance montée, nous travaillons le rassemblé toujours dans la légèreté, quelques foulées de piaffer puis remise en avant au trot moyen... Tout se passe à merveille mistinguette ne se durcit pas, ne chauffe pas, bref elle travaille vraimment!
Nous achevons donc là dessus, je laisse les renes à mademoiselle qui vient immédiatement se coller contre le maître, c'est drole, d'ordianaire elle ne fait ça qu'avec des gens proches d'elle... Elle a confiance en lui et nous en profitons pour conclure par une petite progression dans le dressage à terre, le campo, hier M. Suchet lui avait fait avancer les antérieurs de quelques centimètre et rester ainsi, aujourd'hui il lui demande un pas de plus, je récompense et nous la laissons là dessus, la progression doit être lente et toujours récompensée...
Finalement j'ai voulu faire vite ces deux dernières années, j'ai toujours été plus ou moins coupable d'impatience et je n'ai pas obtenu de résultats aussi nets qu'en quelques jours de patience à se contenter de peu mais de quelque chose tout de même...
C'est officiel l'équitation est un sport cérébral!!
13 mai 2007
et c'est partit!
Voila aujourd'hui notre première vraie séance de travail, avant tout c'est à moi de travailler et de me remettre en question... Mon égo est bien rangé dans ma boite de pansage, j'emmène la demoiselle pour la monter dans le rond de longe.
Toute ma position est à revoir, à force de vouloir protéger mon dos et mes cervicales, je me suis voutée et crispée... Sans m'occuper de la mise en place de miss Danha, c'est donc moi qui me remet à ma place, bien assise dans ma selle, les épaules en arrière, ça tire de partout mais au final je suis bien! Je finis même par constater que dès lors que j'ai repris une position plus confortable la demoiselle s'est elle aussi détendue, posée sur son mors, à relaché sa nuque et trotte tranquillement en donnant déjà un peu mieux son dos...
Pour continuer dans la légèreté, nous travaillons les transitions à l'assiette et je réapprend à ne presque plus me servir de mes mains, demoiselle est très attentive et répond à mes demandes. Le travail dans le rond de longe est fantastique pour cela, il n'y a pas de coins dans lesquels elle peu se tortiller, pas de longue lignes droite dans lesquelles se précipiter. Au bout d'une demie heure, nous voila donc détendue toute les deux, je me sens incroyablement bien, il y avait longtemps que je n'avais pas eu cette sensation de faire totalement corps avec ma demoiselle.
Voila déjà un bon programme de travail pour l'avenir, pour moi le travail de la position qui me demande d'aller contre ma crainte instinctive de me faire mal et pour miss Danha, des assouplissements sur les cercles, épaules en dedans et contre épaules en dedans.
Nous voila prêtes à attaquer le reste, le pas espagnol tout d'abbord, Idanha n'engage pas suffisamment ses postérieurs pour le faire correctement et du coup elle ne peut monter ses antérieurs plus haut... M. Suchet m'explique alors qu'il faut reprendre le travail à pied, il faut l'amener avant tout à engager beaucoup plus ses postérieurs en les sollicitants quand nécessaire avec la badine et déjà Idanha se cadence mieux et monte son dos. Le maître est surpris de l'application et de la bonne volontée de son élève! Il n'y a pas à dire elle adore nous faire plaisir et ça se voit! Comme il travaille très peu les juments pour leur caractère un peu...aléatoire, il a l'air agréablement surpris de voir cette petite jument s'appliquer autant!
Depuis que nous sommes arrivés là bas, j'ai la bizarre impression que la demoiselle sait pourquoi elle est là, d'ordinaire elle ne donne ces airs que sur demande, or depuis que nous sommes là elle a tendance à réaliser quelques clowneries sans que je lui aie demandé quoi que ce soit! De la jambette majestueuse alors que je travaille l'arret et l'immobilité, au joyeux petit cabré face au maître alors qu'on ne lui a rien demandé! A croire qu'elle aussi est pressée de montrer ce qu'elle sait faire!
Nous finissons par quelques manipulations pour aller plus tard vers la vraie révérence ( et pas la galipette d'amateur à la carotte !) et bien sur le couché. Encore des exercices à travailler pour nous, Idanha doit se laisser manipuler tranquillement et en toute confiance...
Voila une bonne séance réalisée, M. Suchet voulait aujourd'hui tester les réactions de la demoiselle, il a l'air assez content du résultat, par la suite nous nous en tiendrons à travailler un seul exercice pour ne pas embrouiller tout, et par séances très courtes...
Nous rentrons la demoiselle au box, elle est récompensée par une petite ration d'avoine ( suis pas sure que ça soit une super bonne idée pour demain ça!! ) sur laquelle elle se jette tout de même avec bonheur!
Le séjour risque de se prolonger un peu car il serait dommage de partir à la fin de la semaine puisque nous avons à peine débuter les exercices préparatoires...
11 mai 2007
première journée...rien!
Pour la première vrai journée dans l'écurie de spectacle, rien de vraiment nouveau, nous laissons une journée à la demoiselle pour s'habituer aux installations, aux poneys qui broutent en liberté un peu partout et aux beaux entiers qui l'entourent!
A midi, lorsque j’arrive devant son box, elle sors la tête et me regarde avec ses petits yeux brillants, j’ouvre la porte et elle se jette littéralement dans mes bras ! Peut-être a t-elle cru que nous l’avions abandonnée !
Aujourd’hui, petite sortie en extérieur avec les beaux ibériques... Pour commencer une détente dans le manège s’impose, apparemment mademoiselle s'est plutôt bien remise du voyage! Trotinante et ronflante miss danha s'habitue à ce nouveau manège plus petit et au sol beaucoup plus profond que ce à quoi elle est habituée. Elle garde les entiers à l’œil.
Puis nous voila partis en file indienne Idanha fermant la marche bien entendu! Partir ainsi les uns à la suite des autres me rappelle bizarrement mes années clubs ; pour Idanha par contre ça ne lui rappelle rien et qui plus est ça ne lui plait pas du tout de devoir rester bonne dernière !
Demoiselle tire et chauffe pendant le quart d’heure de trotting que nous faisons, heureusement tout le monde finit par s’arrêter devant une longue allée, il est temps pour moi, je commençais à ne plus sentir mes bras ! Je caresse demoiselle pour l’apaiser, elle est totalement trempée…
La longue allée se finit par un large cul de sac entouré de bosquets, les cascadeurs qui m’entourent s’y entraînent pour la voltige en ligne… A tour de rôle ils exécutent donc des aller retours au grand galop… Je sens ma demoiselle chauffer, piaffer, elle les regardent faire et ça l’énerve !
Le sol étant très dur pour les pieds fragiles et déferrés de Danha, nous ne participerons pas ; de plus, dans l’état d’excitation où elle se trouve, je ne suis pas vraiment sure que je réussirai à l’arrêter !
Nous rentrons donc, Idanha retourne quelques minutes au manège pour remettre les choses dans le calme, reprendre un contact plus souple avec sa bouche, se détendre un peu.
Je retourne le soir voir ma demoiselle, cette fois ci ce sera le rond de longe, je la crois calme après la séance de midi et je me dis qu’on va pouvoir travailler un peu, mais c’est sans compter sur sa ressource inépuisable ! Elle tourne au grand trot, enchaîne les demi-tours cabrés, repars ventre à terre au galop, les yeux rivés sur l’extérieurs elle essaye d’impressionner quelqu’un c’est sur ! Tout cela est très joli et tout le monde est en admiration devant les allures et la souplesse de la bête, mais il est impossible de l’amener au travail calmement, ma jument vient de se transformer en adolescente hystérique, uniquement préoccupée par les garçons et incapable de se concentrer sur quoi que ce soit d’autre !
Tant pis, il faudra être patient et remettre à demain, je suis un peu déçue c’est vrai, mais en même temps je sais pertinemment que ce genre de travail ne peut se faire dans la précipitation et que pardessus tout c’est un travail que nous allons devoir faire ensemble; miss Danha va devoir se montrer un peu plus disponible ! Je rentre donc, un peu déçue après l'euphorie de la veille, demain sera un autre jour... enfin j'espère!
09 mai 2007
Enfin on y est!
Voila, depuis un an et demi que je me suis lancée dans le dressage de spectacle, je ne rêve que d'une chose: avoir l'opportunité de travailler ma jument avec un professionel, un vrai!
Aujourd'hui mon rêve prend forme, après toute cette patience et toute cette impatience, c'est aujourd'hui que j'emmenais miss Danha à Rosny sous Bois dans l'écurie de Jean-Pierre Suchet.
Nous n'aurons pas beaucoup de temps, une semaine, peut etre plus, alors croyez moi on va en profiter!
C'est donc aujourd'hui que je fais chausser à ma demoiselle ses protections de transport, elle me regarde un peu méfiante, d'habitude je ne la transporte que pour aller au pré et je crois qu'elle sens bien qu'on ne part pas en vacances!
Après un voyage un peu stressant derrière le van à regarder la croupe de ma jument tressaillir de stress et se couvrir de transpiration, enfin ça y est nous arrivons! Débarquement dans la cours, Danha lève la tête et scrute, elle hume l'air et s'assure que maman et papa sont bien là! Ok ils ne m'ont pas vendu, je peux respirer!
Le défilé de la demoiselle dans l'écurie remplie d'entiers vaut le coup d'oeil, elle a beau etre trempée de stress, elle roule des mécaniques et jette des oeillades aguicheuses aux beaux garçons qui la regardent! Il y a tout se qu'on aime, les lusitaniens, des espagnols, des frisons...
La demoiselle s'installe donc dans sa nouvelle chambre, papa et maman sont là, ça va elle mange un peu et se détend.
Après un peu de repos, voila le moment de vérité, il est temps de présenter la belle à M. Suchet, nous avons un peu le trac mais je compte sur la jolie Danha pour faire une belle impression... En route vers le rond de longe en licol, nous ne feront pas grand chose, juste se dégourdir un peu les gambettes, le maître marche derrière avec Didier et ponctue simplement le défilé d'un "elle marche un peu en canard"! Et oui le pas de Danha n'est pas extrordinaire, c'est bien ce qui m'avait déplu le premier jour de notre rencontre! Qu'à cela ne tienne, il aura surement la même surprise que moi...
Je lache donc la bête dans le rond de longe, le temps de fermer la porte et d'attraper une chambrière elle se roule déjà par terre! C'est bon signe, elle se sens plutot bien! une fois debout, elle me regarde, maman est là ok! Il est temps de sortir son plus bel atout, ma demoiselle tombe le masque, elle prend son trot le plus flambeur sous les yeux de son père et du maître, le trot de démonstration, elle plane nez au vent, les regarde droit dans les yeux en passant devant, "alors??" leur lance t-elle! Alors, le maître à l'air surpris, il me confie "elle à de belles allures..." et voila miss Danha aura encore fait un surpris, et je le savoure d'autant plus que c'est exactement la même surprise que j'ai eu il y a quelques années de cela...
En toute simplicité, je me dis que nous allons nous mettre à nu toute les deux, il n'y a pas de représentation à faire, nous sommes juste là pour être confrontée à l'avis d'un profesionnel, advienne que pourra... Sans savoir si je vais réèllement réussir à captiver l'attention de ma belle dans cet environnement nouveau, je l'appelle, elle stoppe net et me regarde, voila c'est gagné.
Nous montrons quelques une de nos clowneries, quelques cabrés, une jambette par ci, un antérieur croisé par là... et déjà le maître entre dans l'arène pour philosopher, je recule d'un pas et le laisse s'approcher de la belle, un peu anxieuse car mademoiselle ne se livre pas facilement à un inconnu... Le charisme et le calme de M. Suchet ne lui laisse même pas une ombre d'inquiétude ou de doute, tout en parlant avec moi, il tapotte de ci de là l'air de rien et la demoiselle lui sors son répertoire, il la sonde tranquillement et ce que j'espérai depuis des mois se passe, il est interréssé par ma jolie demoiselle. Nous ne lui en demanderons pas plus, alors que nous continuons de discuter de la façon de demander les choses avec légèreté et en se contentant de peu de progrès mais de progrès tout de même, pendant se temps, la bête se retire et retourne se rouler pour bien nous signifier que ce sera tout pour aujourd'hui.
Mon cheval est fantastique, je ne cesserai de le répeter!



