Idanha et Ticia

Depuis qu'Idanha, cette petite jument grise, est entrée comme une tornade dans ma vie, j'apprend à penser cheval... Ce blog est avant tout dédié à Idanha et à nos réflexions équestres...

12 avril 2008

femmes et chevaux...

La voila de retour, après des mois d'absence, alors même que je ne l'attendais plus, que j'en avais presque fait mon deuil; un soir que je crayonnait sans penser à rien, l'envie de peindre et de créer est arrivée toute seule, sans crier gare...

Plus forte et obsédante que jamais, elle s'est imposée d'elle même, sous une forme étrange et complexe, sortie surement du fond de mon être... Mais totalement inconsciente et vicérale...

Me voila donc à la fois libérée et à nouveau enchainée, envoutée par ces courbes qui se mélangent, hanches de femmes et de chevaux, rondeurs de croupes et de fesses, finesse de jambes se prolongeant de sabots... Pourquoi? Je n'en ai aucune idée, la poésie de la chose est là, sa beauté aussi...Je ne peux l'expliquer et préfère laisser planer le doute sur l'origine de cette naissance totalement inatendue... Et j'en arrive même à me dire, quelle évidence... pourquoi ne pas l'avoir pensée plus tot?

Je ne crois pas par le passé m'être autant battue pour peindre et créer... Il aura tout d'abbord fallu les accepter en premier lieu sans plus se poser de questions, les assumer puis les faire vivre, les faire éclore d'un croquis noir sur blanc en femmes et chevaux mêlés fait de couleur et de douceur, trouver l'univers qui pourrait les accueillir et leur donner le premier souffle de vie...

songeElles ne sont encore que de frêles débutantes qui se cherchent et arpentent maladroitement la piste de bal, je les espères femmes épanouies, chevaux harmonieux, je les voudrais dotés de leur propre volonté... 

Elles me semblent aujourd'hui une évidence, l'essence même de ce que je cherche depuis que les chevaux peuplent mes rêves... Etre à la fois femme et cheval...non plus centaure mais tellement plus que ça... Une symbiose qui ne mêle pas seulement les corps mais les esprits aussi, au delà des apparences, sans retenue et sans pudeur, dépasser un peu plus la réalité et plonger au fond des choses...

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12 février 2008

Artiste en souffrance...

Comment vit-on après avoir perdu un être cher ? comment continue t-on son chemin lorsque un pilier du pont s’est effondré, a disparu à tout jamais ?

Voila une question que je me suis posée après cette épreuve difficile.

Dans ma vie tout ce que je fais et entreprend va toujours dans le même sens, tout se recoupe, tout tend vers le même désir de créer et de vivre, à la recherche permanente du bonheur.

Après m’être longtemps pâmée dans la douleur, peut être pour appeler au secours, sûrement pour attirer l’attention, à présent je ne cherche que le bonheur ; pas de ce bonheur préfabriqué que l’on ne conçoit qu’avec des choses matérielles, mais de celui qui se savoure en instants fugaces, une petite minute infime de plaisir, une minute durant laquelle mon cœur se soulève et bat plus vite, une minute qui m’étouffe presque, tellement elle est intense… Cette minute là est plus précieuse que tous les rêves de millionnaires…

Seulement être heureux, seulement savoir trouver le bonheur chaque jour malgré les défaites, les déceptions ou les malheurs…

Les malheurs et les douleurs me reconstruisent désormais, je ne veux pas les oublier, je veux juste bâtir quelque chose de nouveau sur ce modeste champ de ruine…

Cette recherche du bonheur reconstruit est permanente, après avoir perdu ma mère je ne concevait plus de peindre, je n’y ressentait plus aucun plaisir, seulement une douleur aigüe au fond de mon âme, un pincement cruel qui me rappelait que j’avais sûrement peint jusque là dans le mauvais dessein : celui de lui plaire.

Hélas moi qui avais toujours clamé que je peignais pour mon plaisir avant tout, je réalise alors que je me m’étais égarée…

L’acte de peindre venait bien du fond de mon être mais restait conditionné par le plaisir de voir briller de fierté les yeux de ma mère lorsqu'elle regardait un tableau; ce n’était bien sur pas le seul but, mais s’en était un certain… Comment donc continuer une toile en sachant qu’elle ne pourrais plus jamais en être fière… J’ai voulu pourtant poursuivre et chaque séance devenait une torture intérieure de plus en plus grande, un état qui au lieu de me donner du plaisir ne faisait que me confirmer que non seulement j’avais perdu ma mère mais qu’elle était partie avec un peu de moi…De ces séances, je n’en ressentait que le vide absolu, la création dans un trou noir qui aspire toutes mes envies et anéantit mes émotions…

Les réflexions vont bon train, passant de la lâcheté de tout abandonner et tout renier à l’envie malgré tout de continuer et poursuivre l’œuvre aussi modeste soit elle… Peindre pour moi et seulement cela, dans un premier temps tacher de me retrouver et de m’avouer vraiment qui je suis, pas seulement être celle que l’on voudrait que je sois…

C’est une libération malgré moi qui s’avère douloureuse, je m’aperçoit très vite que je ne sais pas comment « me lâcher » comment ignorer tout cet amas de fausses contraintes, d’excuses d’incapacité, de barrières factices… Passer au dessus de ça, me mettre quelque peu en souffrance, pour être honnête tout d’abord avec moi et enfin avec ma peinture… Il me faut trouver autre chose, suivre une autre voix, créer ma voix, trouver pourquoi j’ai malgré tout cette terrible envie de ne pas abandonner.

renouveau1Cet éternel recommencement n’est pas non plus sans me rappeler mes entreprises équestres… Rien n’est jamais acquis, en peinture comme à cheval et comme dans la vie…

C’est une petite part de masochisme artistique qui côtoie et se confronte à la quête du bonheur…

Le travail n’est qu’à peine débuté il me faut à présent agir, tâtonner, chercher, avoir le courage de remettre à nouveau tout en question, jusqu’à ce que l’évidence s’impose à moi… Mais cette révélation sera t-elle si évidente que cela ? saurai-je la reconnaître, la maîtriser et l’apprivoiser… La roue est sortie de l’ornière mais la route est encore longue…

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26 mai 2007

passion échapatoire?

P1010370Je ne suis pas sure que nos passions nous permettent de fuir la réalité, en fait je crois qu'elles nous aident à l'améliorer, elles nous aident à vivre pleinement la vie...

En tout cas, mes passions auront été mes bouées de secours en ce moment où je me sentait vraiment mal, lasse, fatiguée, délaissée, les choses qui me font avancer et sortir de cette lassitude presque dépréssive sont justement ces passions.

Avec ma jument je découvre de nouveaux horizons, désormais tout devient possible je le sens, plus de barrières, plus de problèmes, nous avançons, nous profitons, nous sommes heureuses...

Je découvre encore un peu plus l'art de vivre sa vie, l'art de découvrir chaque jours de nouvelles choses et de les savourer, d'apprécier de nouvelles rencontres, de partager, d'échanger, de prendre le temps, de ne plus calculer, de ne plus attendre, mais de prendre sa vie à pleine main et de réaliser au combien ce que l'on a aujourd'hui est précieux...

Aujourd'hui, deuxième jour d'expo à la garde républicaine,  je n'ai rien vendu, certes, mais j'ai rencontré tellement de gens différents, j'ai fait face à ma timidité et ma réserve naturelle, j'ai juste profité de l'instant et de ce qu'il avait à m'offrir. De cet homme en fauteuil roulant avec qui j'ai discuté durant des heures, de peinture de chevaux, d'architecture et de la vie pour finir par me donner le numéro de Marcel Rozier pour faire des expos chez lui car il aimait ma peinture.... De ce moment où j'allais partir après avoir fermé mon stand, un garde que je connais m'invite à prendre un verre au bar, il n'y a plus tous ces cavaliers hautains, plus que les gardes républicains, gentils ouverts, droles, pleins de dérisions sur eux mêmes... Un concert improvisé par des gardes en uniformes solennels, qui tout à coup sortent leurs corps de chasse pour accompagner une musique de jazz qui passait dans le bar, des moments rares, suréalistes parfois... des moments spontanés... Des moments que d'ordinaire j'aurai manqué avec ma réserve naturelle... Et cette longue discussion sur l'équitation les chevaux et la vie avec ce maître de manège, sur ma jument, ma peinture, ma vie, sa vie, ses chevaux, ses élèves... Tout mélanger et n'avoir à la clé que du bonheur, ces moments tourbillonants de la vie où l'on oublie pourquoi on a pu être si malheureux et ou l'on se sent bien sans avoir besoin d'une bonne raison... juste bien...juste légère... Rien d'autre, finit les bilans, les plans les projets, pour un instant juste être heureux parce que l'instant s'y prête...Et bien sur écrire ce bonheur pour que demain il en subsiste au moins l'essence, la raison, le souvenir... encore un peu de bonheur pour affronter le quotidien, juste un sourire, juste cet instant de plénitude...

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19 mai 2007

Expo au CSI La Courneuve

P1010912Me voila donc plongée au cœur de ma seconde passion, la peinture ! En réalité il s’agit là d’un exercice lié à cette passion, tout comme il est parfois nécessaire de s’exposer aux critiques à cheval, il en va de même pour la peinture, les réaliser est un acte très intime, très renfermé sur soi-même ; aussi faut-il un jour les livrer au yeux de tous et accepter tout ce que l’on peut en recevoir, compliments et critiques sont indispensables à la création, à la réflexion et surtout à l’humilité.

Me voila donc installée dans ma tente pour trois jours, tous mes chevaux sont là, des plus fiers au plus maladroits, tous attendent que l’on vienne à eux.

P1010896Tout comme l’équitation, la peinture est la garantie d’une éternelle remise en question, une vie ne suffirait pas plus à atteindre la perfection équestre que la perfection picturale, tout peut toujours être amélioré, la barre est sans arrêt montée d’un cran …

Ces deux arts sont éphémères, ce qui a été crée hier n’est pas simplement acquis pour demain, il faudra sans relâche, travailler, réfléchir, recommencer et savoir s’arrêter… Les tableaux restent comme un cheval dans son box, attendant que l’on y vienne chercher, un peu de l’émotion que l’on a ressentit en les créant reste comme gravé en filigranne dans la trame régulière de la toile de lin.

Chacun lira ou non cette émotion, ressentira ou non quelque chose d’autre qu’une pale beauté dont on se lassera vite, comme un cheval que l’on découvre pour la première fois, outre les jugements morphologiques que l’on y porte, chacun aura sa préférence pour un œil qui pétille, pour un port de tête altier, pour une foulée ample et souple…

De même les tableaux auxquels je porte le plus d’affection ne sont pas toujours les plus plebiscités, il est fréquent que mes vilains petits canards remportent bien plus de suffrages que mes fougueux entiers ! C’est pourquoi, je n’opère plus ou presque plus de sélection dans mes expositions, tous mes chevaux sont menés au terrain de concours et libre à chacun d’attirer plus l’attention qu’un autre…

Les expositions sur les terrains de concours sont une merveilleuse expérience pour moi, tout d’abord, mes tableaux sont confrontés à tout public, cavalier professionnel, propriétaire ou éleveur, spectateur avertit mais également simple badaud qui « passait par là » !

Au-delà de cela, les rencontres sur les terrains sont toujours enrichissantes, cette fois ci il s’agit de M. Meyrier, illustrateur pour Le Larousse, pour Cheval Magazine et bien d’autre, cet homme d’une autre époque est d’une telle stature qu’il est impossible en le voyant passer de ne pas penser, cet homme est un artiste ! Il arpente le terrain, pipe à la main, sa longue barbe blanche au vent, derrière cette apparence qui ne manque pas de me rappeler Cezanne, il arpente le terrain, parle et salue tout le monde, il est de ces hommes qui n’ont plus rien à prouver à qui que ce soit et qui profitent pleinement de ce que leur apporte chaque moment.

Ces journées sont longues et éprouvantes, je passe de la morosité d'attendre que quelqu'un vienne, à la passion des échanges avec différentes personnes, jusqu'à l'exitation de vendre une toile, de voir l'un de mes protégé partir vers une nouvelle demeure...

Ces expositions sont également pour moi une épreuve afin de me confronter aux autres, comme la plus part des artistes, je ne me sens pas l’âme commerciale, parler de ses œuvres avec d’autres n’est pas toujours facile, les vendre et même parfois les contre-marchander est encore plus difficile !

P1010952Je n’ai pas encore l’aisance de ce viel homme qui passe devant ma tente, la question que les gens me posent le plus souvent est « c’est vous qui les peignez ? » cette question est généralement assortie de grands yeux ronds étonnés, il faut croire que bien qu’en ayant l’âme, je n’ai pas le profil de l’artiste !

Je philosophe tout cela en songeant peut être me mettre à la pipe ! ou à laisser mes cheveux hirsutes ( pour la barbe ce sera difficile !) et mes ongles noirs de peinture !

voyeur2

Quoi qu’il en soit aujourd’hui j’aurais passer une épreuve supplémentaire, non seulement j’ai vendu un tableau mais qui plus est je l’ai vendu en anglais ! à vrai dire je me suis même sentie plus à l’aise en anglais, comme si le fait de changer de langage me déshinnibait totalement... Je suis fière, c'est mon premier tableau international! celui là ira donc faire de l'oeil à un propriétaire Irlandais...

Posté par articia à 21:57 - LE CHEVAL...EN PEINTURE - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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