12795170_pElle trône là au beau milieu du manège, sereine et imperturbable Danha à cette façon impassible de me fixer jusqu’à en transpercer mon être.

Au creux de ses paupières, velours anthracite frangé d’un duvet blanc, deux perles noires et scintillantes me fixent…

Envoutée, incapable de me mouvoir, je la contemple et me laisse envahir par ce sentiment étrange, ses yeux ne me fixent pas réellement, ce n’est pas moi qu’elle regarde, ce n’est pas cette image de chair qu’elle fixe, elle va bien au-delà…Son regard me pénètre et m’englobe, elle me regarde au fond de l’âme…

Plongée l’une dans l’autre en un instant hypnotique, tout se fait plus sourd et silencieux au milieu du manège, au creux de notre bulle le temps à suspendu sa course …

Je ne sais combien de temps nous restons ainsi, cela n’a pas d’importance, en cet instant une éternité pourrait bien passer, rien n’y ferait.

Alors qu’elle me fait face, immobile jusqu’aux oreilles son image semble s’être figée comme un tableau dans son cadre.

Comme un peintre apportant la dernière touche de lumière qui donnera la vie à son oeuvre, le soleil de cette belle fin de soirée filtre à travers le toit et vient doucement effleurer ses crins, allumant sa crinière d’un millier de scintillements…

L’ombre et la lumière rendent presque irréelle cette belle madone ainsi parée de son voile de lumière

Etrangement il me semble percevoir comme un léger sourire s’imprimer au coin de ses lèvres, une forme de sérénité qui m’enveloppe et m’emporte avec elle.

Mystérieuse Mona Lisa qui me fait face, je n’ose en cet instant tenter aucun geste de peur  que la magie de l’instant ne s’évapore, je reste là, simplement captivée par ce chef d’œuvre, en admiration devant ma Joconde.

Que ne suis-je la personne la plus chanceuse sur cette terre pour pouvoir contempler un tel chef d’œuvre, je n’ose dire le posséder… c’est tellement plus que ça, elle me possède probablement autant que moi, ensemble nous apprenons à devenir un, l’alchimie des âmes est une science si inexacte qu’elle n’en est que plus facile lorsque l’on cesse d’y penser et que l’on laisse son cœur prendre les devants.