Idanha et Ticia

Depuis qu'Idanha, cette petite jument grise, est entrée comme une tornade dans ma vie, j'apprend à penser cheval... Ce blog est avant tout dédié à Idanha et à nos réflexions équestres...

25 avril 2009

Concours de Saut d'obstacle Handisport de Tremblay

Parfois les plus beaux moments arrivent le jour où on s’y attend le moins. En ce samedi de grisaille nous faisions une exposition collective sur un concours de saut d’obstacle Handisport avec deux amies artistes.

Pourtant tout paraissait jouer contre cette journée, la météo s’annonçait mauvaise, le froid et la pluie sont les ennemies des artistes qui exposent sous des tentes ! Le public reste généralement au chaud et ne se déplace pas et la pluie finit par s’infiltrer partout, sur les tableaux, le long des toiles de tente, pour aller finalement nous glacer jusqu’aux os.

Et pourtant, partager sa tente avec deux amies, deux artistes, deux âmes animées de la même passion ce sont déjà des moments de partage et de détente qui s’annoncent.

S’ajoutant à cela la découverte du monde du concours handisport, c’est une expérience riche en émotions, voir ces cavaliers emmenés par leur amour du cheval et de la vie, quels que soient leur handicap, les voir entrer à cheval sur le terrain, égaux à tous, ils ont à nouveau des jambes, ont à nouveau des oreilles et trouvent également des yeux grâce à leurs chevaux.

P1110911Un silence religieux s’installe lorsqu’un cavalier non-voyant entre sur le terrain. Il est précédé d’une cavalière qui sera sa guide, ils s’élancent sur le parcours ; tout en galopant bon train, la cavalière retournée vers le cavalier non voyant lui dicte les indications sur leur position, la trajectoire à adopter, les foulées qui les rapprochent de l’obstacle, le saut… Il suit, écoute et dirige son cheval, accompagne chaque saut avec une précision et une souplesse qui ferait pâlir bon nombre de cavaliers. Et très vite, totalement captivée par ce ballet, je les suit comme s’ils n’étaient plus qu’un, il n’y a plus deux chevaux et deux cavaliers il n’y a plus que l’essence de ce que l’on aime avec le cheval, la compréhension, la cohésion et cette passion qui pousse chacun à dépasser ses limites.

Ils ne sont plus qu’un et tout s’enchaîne d’une façon si naturelle que des frissons me parcourent, ma gorge se serre, j’en ai les larmes aux yeux tant ce que je vois est beau… Que le monde serait meilleurs s’il ne pouvait être fait que de moments si intenses, poignants et sincères.

Le parcours s’achève sans faute, mais même une barre tombée n’aurait pu gâcher la beauté de l’instant ; nous applaudissons à tout rompre et les deux cavaliers sortent cote à cote en se tenant par la main dans un geste qui symbolise à la fois la victoire, la reconnaissance et la fierté… Nous les regardons s’éloigner et soudain je reprend pied, je me retourne vers mes deux amies en essayant de contenir un peu de ce trop plein d’émotions… et je m’aperçoit à leur regards brouillés que cet instant les a cueillis avec autant de force!

C’est encore une fois le cheval qui nous fait vivre de si belles choses dont il faut savoir se souvenir, qu’il faudrait pouvoir partager pour le bonheur de tous.

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24 avril 2009

La princesse blessée

Par un beau jeudi soir ensoleillé, le sort à frappé Danha et sa cavalière… Lors d’un galop effréné, la selle mal sanglée tourne, envoyant la cavalière à terre et terrorisant

la pauvre Danha.

La selle sous le ventre, les étriers frappant durement ses postérieurs, Danha a trop peur pour raisonner son instinct qui lui ordonne de galoper comme si sa vie en dépendait… Ce terrible instinct de fuite chez les chevaux les a souvent sauvés par le passé mais est malheureusement de nos jours et avec nos chevaux « civilisés » le facteur déterminant de tant d’accidents…

Pourtant d’ordinaire la princesse est téméraire et préfère faire face au danger pour en analyser la nature… cette fois c’est trop violent, trop brutal trop douloureux pour qu’elle s’arrête.

Par chance dans sa déraison et son affolement, la recherche de la sécurité et d’un peu d’aide l’aura poussée à rentrer aux écuries. C’est après un galop éreintant sur le sol dur de la foret, après être tombée surement, avoir accidentellement passé le pied dans l’étrier, qu’elle pénètre au grand galop dans la cours des écuries et stoppe net sa course en croisant la première âme vivante. Immédiatement elle se calme et attend que l’on fasse quelque chose pour elle ; ses jambes sont en sang et tout sont corps brulant et trempé d’écume tremble et palpite.

La voir ainsi est une torture, j’arrive aux écuries et y retrouve la cavalière contusionnée mais bien vivante, je m’approche du box avec le cœur battant d’appréhension… elle est là, dans son box, les yeux encore exorbités, trempée et brulante malgré la douche froide qu’on lui a donné juste avant, elle ne pose pas son postérieur et il est très enflé…

Ce qui se passe ensuite est étonnant, du moment où nous entrons toutes les deux dans son box, lui parlant tout doux, la caressant doucement, je sens alors son œil s’adoucir, petit à petit elle se détend et commence à se refroidir un peu. Elle nous regarde, nous reconnaît et finalement viens plaquer son front tout contre moi, ces petits gestes presque enfantins me rassurent, elle est toujours là, toujours prête à communiquer et elle demande de l’aide.

Elle grignote un peu de foin en attendant l’arrivée de la vétérinaire, elle redevient sereine elle semble savoir que l’on va s’occuper d’elle... Vraiment étrange en un sens…

Après plusieurs heures de soins durant lesquels elle serre les dents et nous montre un courage à peine croyable, elle est perfusée pour évacuer toutes les toxines accumulées par le stress et l’effort violent.

Je la veille enroulée dans une de ses couverture, blottie au fond du box, tenant la longe pour qu’elle n’arrache pas la perfusion je la regarde, je l’écoute mâchonner calmement son foin et me détend à cette douce musique. Dans le silence de cette nuit fraiche, alors que le produit s’écoule au goutte à goutte, je me surprend à redécouvrir une mélodie que l’on entend toujours mais que l’on n’écoute presque plus… Le bruissement des sabots dans la paille épaisse, les claquements sourds de ses lèvres attrapant un brin parmi tant d’autres, le bruit régulier de ses dents mâchant le foin, elle caresse parfois au passage mes cheveux du bout de son nez, s’y attarde quelques secondes pour poser son souffle chaud sur moi et l’odeur du foin frais parvient même l’espace d’un instant à me faire oublier l’effroyable odeur acre du produit de perfusion… cette petite mélopée m’élève un instant loin de toutes les angoisses, plus près d’elle et loin de tout, mon cheval passe-muraille me reprend et encore une fois, l’espace d’un moment les murs disparaissent il n’y a plus que moi et mon rêve né cheval.

Ce rêve que j’espère si souvent galopant, m’emportant sur son dos au rythme d’une course folle, le voila cette nuit là enfermé entre quatre murs, estropié, ébréché, fissuré… et pourtant je redécouvre l’essentiel, ce qui me transporte réellement n’est plus cette chimère faite de figures complexes,  de muscles se contractant sous les miens, de sueur et de vitesse. Ce qui me transporte est simplement là sous mes yeux : Elle et rien que ça, sa seule présence suffit à m’insuffler ce bonheur et ce bien être.

Posté par articia à 10:11 - Du quotidien... - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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