19 septembre 2007
Il faut savoir composer parfois...
L’équitation, un concept qui peu être aussi simple qu’il peut s’avérer compliqué !
Prendre son cheval et partir en foret est simple, juste partir et penser à autre chose, se libérer des tensions de la journée, se sentir libre…. Mais prendre son cheval et partir au manège promet d’avantage de complications, promesses de réflexions qui viendront se prolonger bien après avoir mis pied à terre, bien après la douche, le diner… Ces interrogations qui viennent me chatouiller jusque dans les bras de Morphée, dans mon inconscient galopant toujours la nuit et aspirant à l’ivresse de pirouettes ou de piaffer aériens, le tempo et la musique des sabots frappant le sol, le souffle de mon cheval arrondissant son galop… Toutes ces sensations inimaginables que mon corps et mon esprit viennent encore réclamer au plus profond de mon sommeil…
Les journées sont longues loin de ma princesse, il ne passe pas une journée sans que je ne pense à elle, à ce qu’elle m’a donné la veille, à ce qu’elle pourra me donner ou me reprendre ce soir… Les heures stagnent et j’use laborieusement le bois de mon bureau avant de pouvoir retrouver le cuir de la selle, les odeurs chaudes de paille, de foin et de chevaux.
Et toujours mon imagination galope, prévoyant ce que nous ferons ce soir, travail, liberté, travail à pied, et surtout quel objectif sera fixé.
Ce travail n’a pour seul objectif que notre bien être de couple équestre, rechercher un certain dépassement de soi ensemble, sans douleur et sans contraintes, s’amuser ensemble… Jamais de démonstration ou de compétition à la clé, je pourrai rester des heures seule avec ma princesse dans la pénombre de mon manège !
Ce soir là j’arrive enfin aux écuries, comme après une longue apnée, j’avale goulûment l’air chargé de ces odeurs de chevaux…Je respire enfin !
Ma princesse est en plein repas, qu’à cela ne tienne, je m’apprête à la préparer dans son box afin de la laisser finir sa ration. Cependant la demoiselle à d’autres attentes, à peine ai-je appuyé la porte du box derrière moi, qu’elle la pousse à pleines dents et avance de quelques pas dehors, elle se retourne et me regarde… Quand je pense que ce cheval était « autiste » il y a quelques années ! Le moins qu’on puisse dire est qu’elle sait désormais communiquer et se faire comprendre !
La préparation est laborieuse, la demoiselle ne tient pas en place, je la selle et nous marchons un peu avant que je ne me mette en selle. Au moment ou je trouve ma place dans ma selle, Danha démarre au petit trot… En général ce genre de comportement ne présage rien de bon lorsque je rêve d’une séance de travail en légèreté… La sentant très explosive, je me dirige vers le manège, impossible de revenir au pas, elle souffle, se contracte et trottine toujours ; j’entame donc une détente au trot…
Cela ressemble plus à un hit d’entraînement de trotteur ! Idanha développe tout de suite ses foulées, jette rageusement les antérieurs en avant et avale les longueurs, se couche dans les tournants et repart de plus belle… Quinze minutes n’y suffiront pas, elle ne veut pas entendre raison et continue de se durcir, mon bras gauche commence à être douloureux et je sens cette terrible colère qui pointe en moi, je me contracte aussi…
Mais cette fois, je décide non seulement de lutter contre la colère mais de m’accorder quelques instants pour analyser la situation. Danha n’a plus été comme cela depuis des mois, elle est appliquée et calme dans le travail… Alors pourquoi ce brusque retour en arrière ? J’entrevois soudain une raison simple, si simple qu’elle nous échappe parfois… Elle à de l’énergie à revendre et elle n’a pas du tout envie de la dépenser à travailler, je crois que le manège lui sort par les yeux ! Ma jument est simplement entrain de me dire à sa façon « sors-moi de là et vite ! »
Je lui demande quelques foulée de pas espagnol, elle sait que cela annonce la fin d’une séance alors elle s’applique !
Sitôt fait, nous sortons du manège, je déshabille la bête qui me regarde en coin se demandant sûrement si j’ai bien compris le message et si je ne suis pas en colère. Je la mène au manège de liberté et la lâche… Il me faudra peu de temps pour être sure d’avoir fait le bon choix ! Ventre à terre elle traverse le manège en long en large et en travers, se cabre, repars de plus belle en ruant violemment comme pour asseoir un peu plus sa liberté. Place aux jeux ensemble, elle me charge et s’arrête à quelques centimètres, se cabre, repars en poussant un petit cri strident, queue sur le dos et naseau dilatés. Elle est heureuse !
Quant à moi qui avait rêvé d’une belle séance de travail toute la journée, je ne suis pas déçue, bien au contraire, je suis heureuse d’avoir su surmonter mes envies et mon impatience, de ne pas avoir céder à cette terrible déformation que l’on vous enseigne dès le plus jeune age ( entendez vous encore parfois votre monitrice de l’époque crier « allez, il faut qu’il cède, il faut imposer ce que tu veux et l’obtenir… » ? ) Non cette fois j’ai fait taire le fantôme de cet enseignement à sens unique, j’ai su faire taire ma propre colère, ma propre douleur et j’ai écouté ma princesse. Je la regarde s’ébattre librement et encore une fois je constate à quel point ce cheval est ma vie…
01 septembre 2007
Le retour de la princesse aux pieds nus!
Enfin! enfin je retrouve ma princesse, en ce beau matin de Septembre voila l'expédition vers les prés verdoyants et humides ou miss Danha jouait les tondeuses à gazons!
Toujours un peu angoissée à l'idée de l'état dans lequel je vais la retrouver, pas trop maigre? ses pieds fragiles pas trop abimés? pas de bobos? Je l'apperçois au fond de son pré, elle me voit et accourre... Celle ci il n'y a pas besoin de carottes pour l'attraper, après un mois passé seule dans son pré, elle n'a qu'une hate, se frotter contre moi, se faire gratter la crinière le toupet, les yeux le garrot, elle ne sais plus par quel bout commencer! Je la regarde sous toutes les coutures, ses pieds sont impecables, elle a un ventre énorme, et pas de bobos en vue... Je ramène donc mon poneys jaune et hirsutte qui traine son gros bidon.
Elle semble heureuse de retrouver la chaleur de son box, cette année pas de déprime post-estivale, elle est en forme, même un peu trop! Première chevauchée ensemble, nous allons dans la carrière, je ne vais tout de même pas la déprimer dès la première fois dans mon placard de manège... après un quart d'heure au pas tranquille, demoiselle commence à pietiner un peu plus, a rebondir joyeusement pour me signifier qu'il faudrait peut etre passer à la vitesse suppérieure... La sentant relativement calme ( comme quoi après 7 ans de vie commune faudrait pas croire que je la connais par coeur celle là!) j'entamme ma détente au galop..............Détente le mot est faible! elle détalle ventre à terre, naseaux grands ouverts, attrape son mors et me fais les bras... je laisse faire, c'est pas très académique tout ça mais la sentir si joyeuse me grise un peu moi aussi... Le poney qui travaillait dans la carrière en même temps que moi nous regarde à moitié surpris à moitié envieux et nous enchainons les tours de galops effreinés.....C'est trop bon!
Après ça, un peu de remise au travail s'impose pour les séances suivantes, comme d'habitude je crains qu'elle ai oublié des choses, mais non, tout es bien là, la demoiselle est détendue et travaille volontier... Je ne parle même pas des fins de séances "jeux" au cours desquelles elle enchaine de joyeux cabrés, jambettes, croise-papate et pas espagnol.......mon dieu quel bonheur de s'oublier à ce point l'espace d'une heure ou deux....Plus rien que nous, l'odeur de son poil humide de travail, le contact léger sur les rênes, le bassin soudé avec son dos, la communion parfaite, plus de mots, plus de maux, le silence et la compréhension, rien que cela.....



