09 mai 2007
Enfin on y est!
Voila, depuis un an et demi que je me suis lancée dans le dressage de spectacle, je ne rêve que d'une chose: avoir l'opportunité de travailler ma jument avec un professionel, un vrai!
Aujourd'hui mon rêve prend forme, après toute cette patience et toute cette impatience, c'est aujourd'hui que j'emmenais miss Danha à Rosny sous Bois dans l'écurie de Jean-Pierre Suchet.
Nous n'aurons pas beaucoup de temps, une semaine, peut etre plus, alors croyez moi on va en profiter!
C'est donc aujourd'hui que je fais chausser à ma demoiselle ses protections de transport, elle me regarde un peu méfiante, d'habitude je ne la transporte que pour aller au pré et je crois qu'elle sens bien qu'on ne part pas en vacances!
Après un voyage un peu stressant derrière le van à regarder la croupe de ma jument tressaillir de stress et se couvrir de transpiration, enfin ça y est nous arrivons! Débarquement dans la cours, Danha lève la tête et scrute, elle hume l'air et s'assure que maman et papa sont bien là! Ok ils ne m'ont pas vendu, je peux respirer!
Le défilé de la demoiselle dans l'écurie remplie d'entiers vaut le coup d'oeil, elle a beau etre trempée de stress, elle roule des mécaniques et jette des oeillades aguicheuses aux beaux garçons qui la regardent! Il y a tout se qu'on aime, les lusitaniens, des espagnols, des frisons...
La demoiselle s'installe donc dans sa nouvelle chambre, papa et maman sont là, ça va elle mange un peu et se détend.
Après un peu de repos, voila le moment de vérité, il est temps de présenter la belle à M. Suchet, nous avons un peu le trac mais je compte sur la jolie Danha pour faire une belle impression... En route vers le rond de longe en licol, nous ne feront pas grand chose, juste se dégourdir un peu les gambettes, le maître marche derrière avec Didier et ponctue simplement le défilé d'un "elle marche un peu en canard"! Et oui le pas de Danha n'est pas extrordinaire, c'est bien ce qui m'avait déplu le premier jour de notre rencontre! Qu'à cela ne tienne, il aura surement la même surprise que moi...
Je lache donc la bête dans le rond de longe, le temps de fermer la porte et d'attraper une chambrière elle se roule déjà par terre! C'est bon signe, elle se sens plutot bien! une fois debout, elle me regarde, maman est là ok! Il est temps de sortir son plus bel atout, ma demoiselle tombe le masque, elle prend son trot le plus flambeur sous les yeux de son père et du maître, le trot de démonstration, elle plane nez au vent, les regarde droit dans les yeux en passant devant, "alors??" leur lance t-elle! Alors, le maître à l'air surpris, il me confie "elle à de belles allures..." et voila miss Danha aura encore fait un surpris, et je le savoure d'autant plus que c'est exactement la même surprise que j'ai eu il y a quelques années de cela...
En toute simplicité, je me dis que nous allons nous mettre à nu toute les deux, il n'y a pas de représentation à faire, nous sommes juste là pour être confrontée à l'avis d'un profesionnel, advienne que pourra... Sans savoir si je vais réèllement réussir à captiver l'attention de ma belle dans cet environnement nouveau, je l'appelle, elle stoppe net et me regarde, voila c'est gagné.
Nous montrons quelques une de nos clowneries, quelques cabrés, une jambette par ci, un antérieur croisé par là... et déjà le maître entre dans l'arène pour philosopher, je recule d'un pas et le laisse s'approcher de la belle, un peu anxieuse car mademoiselle ne se livre pas facilement à un inconnu... Le charisme et le calme de M. Suchet ne lui laisse même pas une ombre d'inquiétude ou de doute, tout en parlant avec moi, il tapotte de ci de là l'air de rien et la demoiselle lui sors son répertoire, il la sonde tranquillement et ce que j'espérai depuis des mois se passe, il est interréssé par ma jolie demoiselle. Nous ne lui en demanderons pas plus, alors que nous continuons de discuter de la façon de demander les choses avec légèreté et en se contentant de peu de progrès mais de progrès tout de même, pendant se temps, la bête se retire et retourne se rouler pour bien nous signifier que ce sera tout pour aujourd'hui.
Mon cheval est fantastique, je ne cesserai de le répeter!
08 mai 2007
le cabré...monté
Une fois le cabré en liberté bien assimilé, mon esprit s'était remis à gamberger... Et si je tentais de la faire cabré quand elle est montée? une fois de plus je pesais le pour et le contre et une fois de plus j'arrivais à la conclusion certaine que ma demoiselle n'aurait même pas idée de s'en servir comme défense tant que je continuerai à lui apprendre tout cela comme un jeu.
Mais voila une fois de plus, comment s'y prendre? Je tentais plusieurs méthodes, moi monté, Didier se plaçait devant elle et levait les bras en disant hop... et hop rien du tout, la demoiselle restait solidement clouée au sol, se disant probablement que se mettre debout avec moi sur le dos n'était pas du tout une bonne idée! Il faut dire que dans les nombreuses particularités d'Idanha, il y a cette vexation suprème de voir tomber son cavalier, elle ne supporte pas ça! les rares fois ou l'un de nous s'est retrouvé en position délicate, elle nous a toujours rattrapé!
Bref voila une jolie qualité de ma demoiselle qui pour cette fois là ne faisait pas mon affaire! Après plusieurs tentatives j'en venait à la conclusion que nous n'y arriverions pas, et qu'il vallait donc mieux passer à autre chose...
Une semaine plus tard alors que je finissais une séance de travail dans le manège, je papottais avec une cavalière qui me confiais que son cheval était terrorisé par la badinne; je lui expliquais qu'idanha avait eu le même problème et qu'avec de la patience nous étions arrivé à lui faire passer cette peur... Pour illustrer ce que je disais, j'arrête la jument et je fais "siffler" la badine au dessus de ces oreilles (ce qui normalement ne provoque aucune réaction), et à cet instant voila ma 'Danha qui se met gentillement debout!
Je vois la tête totalement interloqué de la cavalière qui remonte sur ses renes de peur que son cheval n'en fasse autant, et encore plus étonnée de me voir me jetter au cou de ma jument en riant et caressant!
Et voila comment Idanha à appris le cabré monté!! Il fallait juste trouver où était le bouton!
05 mai 2007
Mon royaume pour mon cheval et mon manège !
Je suis bien dans mon manège !
Je suis incorrigible, un vrai rat de manège, j’avoue et j’assume. Rien n’est plus agréable pour moi que de pénétrer dans la pénombre du manège, ce doux cocon silencieux et propice au travail, quelques rayons de soleil viennent traverser l’air chargé de poussière.
Les sorties en foret ou en carrière sont des choses que je m’oblige à faire pour le bien être de ma jolie Danha, mais rien au monde ne peut remplacer les moments de bonheur passés dans le manège.
Bien à l’abri entre nos quatre murs, Idanha se concentre sur moi et je me concentre sur elle, nous somme ensemble, muscles et cerveaux intimement liés nous essayons de nous coordonner, je demande, elle propose, nous tombons d’accord, je caresse, elle est fière d’avoir réussis.. Je ne connais pas d’autre cheval si pressé de bien faire, après avoir longtemps cherché la bagarre elle ne veux plus que me faire plaisir si tant est que je me préoccupe de lui faire plaisir en retour…
Nous partageons ces moments dans notre manège, au calme, loin de l’agitation, des bruits, il n’y a rien d’austère en cela ce n’est rien d’autre que du minimalisme pour arriver à l’essentiel. Nous travaillons, quelques épaules en dedans par ci, quelques appuyers par là, une petite récréation, nous nous détendons, je souris, elle fait le clown et accélère son trot comme un trotteur à Vincennes, elle lance ses antérieurs loin devant, elle plane et moi je ris ! Puis nous reprenons le travail religieusement pour enfin finir par ce que préfère mademoiselle, les clowneries comme je les appelle… C’est à la fin de la séance que je travaille en selle tout ce que nous avons déjà vu à pied, Idanha en garde immanquablement un souvenir excellent puisque c’est le temps des carottes facilement gagnées, des caresses, des encouragements, des clowneries et bien sur cela marque la fin du travail !
le cabré...maintenant il faut assumer
Les semaines suivantes, nous avons bien entendu continué à travailler le cabré, il s'avère en fait que Idanha est non seulement douée pour cet air, mais qui plus est, qu'elle adore ça. En fait le revers de la médaille est qu'elle aime tellement se cabrer qu'elle finit par ne plus faire que cela en liberté... Bien fait pour moi évidemment! A force de la récompenser sans cesse, elle en est arrivée à quémander une carotte en se cabrant... c'est drôle mais un peu gênant tout de même!
Voila donc un nouveau cas de conscience ( tiens il y avait longtemps!), il va falloir que je me fâche un peu... Le problème est qu'en ce faisant je risque de tout perdre. A tout prendre il vaut tout de même mieux s'assurer que l'on maîtrise ce genre de choses que de les subir, tant pis je prend le risque et m'applique donc à sévir pour tout cabré spontané et à ne récompenser que ceux demandés... En réalité j'ai sous estimé l'intelligence et la ruse de la belle qui avait très bien compris qu'il ne fallait se cabrer que sur un ordre précis, elle voulais juste s'assurer que moi aussi je l'avais compris!
Me voila donc avec mon génial petit clown se cabrant sur un simple "Hop", c'est tout de même plus sérieux!
le cabré, cas de conscience...
C'est en jouant avec Idanha en liberté que je me suis aperçu que mademoiselle se cabrait de temps à autre... A chaque fois elle avait réalisé un beau cabré très haut et très droit et chaque fois qu'elle touchait terre, j'essayai de m'approcher pour la caresser pour voir si le calme revenait immédiatement, bien sur aucun soucis de ce coté, la demoiselle paraissait même un peu confuse d'avoir fait ça et se demandais si elle n'allait pas se faire enguirlander!
J'ai longtemps réfléchis sur le cabré, même en étant amateur et novice en matière de dressage de spectacle, je sais que le cabré est un exercice que l'on apprend rarement à un cheval sous peine de le voir se retourner contre le cavalier, on peut jouer avec un animal de 500kg, mais il ne faut pas jouer avec le feu... J'écartais donc le cabré pour l'instant.
Mon esprit toujours occupé à penser à ma chère Idanha, je sondais tout de même le caractère de mademoiselle, pour compter les points. Jamais il est vrai elle n'a fait quoi que ce soit contre son cavalier, malgré parfois des séances difficiles, jamais une ruade, jamais un écart, jamais rien de vraiment vicieux. En cela je me dis donc que le cabré ne devrait pas devenir une défense pour elle... Elle peut se montrer têtue, elle à également le défaut de vouloir tellement bien faire qu'elle anticipe souvent les demandes, et cela risque de poser problème... Confrontant toutes ces réflexions durant des semaines, j'en arrivais alors à la conclusion que je pourrais déjà essayer de le réaliser en liberté et sur demande...
Ma décision prise, il restait encore une autre chose à élucider... Comment lui apprendre le cabré! Cette fois je ne pouvais pas compter sur mes bibles, Mario Luraschi comme Rosario Consentino s'accordaient sur le fait que le cabré était dangereux et que les dresseurs en herbe ne devaient pas s'y adonner... Aucun autre renseignements, j'allais devoir composer seule...
Je ne sais pas si les non-initiés de l'équitation ont une idée de combien un cavalier peut cogiter jour et nuit, à cheval comme à pied, éveillé comme endormis, c'est un foisonnement d'idées, d'hypothèses, de rêves, de contradictions... Tout cela bouillonne et il est difficile de partager toutes ces préoccupations obsédantes...
A cours d'idées et épuisée par la confrontation de toutes les suppositions possibles ou envisageable, je me rendais donc voir l'objet de mes pensées en me disant finalement qu'il faudrait improviser et composer avec la demoiselle.
Comme toujours lorsque j'aborde un nouvel exercice, je m'isolais dans le petit manège de liberté, Idanha en filet simple et longe. Après une petite détente, je me dis aujourd'hui est le jour idéal, Idanha est en pleine forme, je la sens bondissante et joueuse... Je lui demande alors à partir de son cercle de venir me foncer dessus, c'est quelque chose que je peux demander à ma jument, elle me respecte et fais toujours attention à moi. Après plusieurs essais elle finit par comprendre qu'il s'agit d'un jeu, qu'elle ne se fera pas réprimander et se décide à me foncer dessus joyeusement... C'est là que les choses se corsent, pas très sure de moi, je me dis pourtant que je ne dois pas perdre mon aplomb devant la belle, un peu impressionnée je lève donc les bras et la badine lorsqu'elle arrive à quelques centimètres de moi, la réaction est immédiate, surprise et un peu décontenancée, elle reporte son poids sur les postérieurs et se faisant décolle son avant main de quelques centimètres du sol... Immédiatement elle s'arrête et me regarde, craintive, se demandant s'il s'agissait d'un jeu, ou si elle allait se faire réprimander... Je lache tout, attrape une carotte dans ma poche et je fond sur elle en la couvrant d'éloges et de caresses... Je sens les petits engrenages dans sa tête qui se mettent en action!
Galvanisée par ce premier essais, je retente l'exploit tout en me disant que j'aurais peut être mieux fait de la laisser assimiler et d'y revenir le lendemain... Qu'à cela ne tienne je suis lancée, il faut que j'en aie le coeur net! A la seconde fois, Danha ne se laisse plus surprendre et tente de s'échapper... Flûte! on recommence, la demoiselle chauffe, je la rassure, et à nouveau lui demande de me foncer dessus... Et là, quel bonheur, elle se cabre de toute sa hauteur devant moi... Instant de grâce, Idanha debout à quelques centimètres de moi, le temps semble s'être arrêté... que c'est beau, j'en ai des frissons... Doucement, elle retombe sur ses antérieurs et me regarde fièrement, un "c'est bien ça que tu voulais?" se lit dans son oeil, je me pend à son cou et vide ma réserve de carottes! Mon cheval est fantastique! que dire de plus!
04 mai 2007
De la liberté
J'aime pardessus tout jouer avec Idanha en liberté. Inlassablement, toujours le même rituel, je lache miss Danha qui bouillonne d'impatience et c'est partit... Elle hésite, sauter en l'air? partir ventre à terre? non il y a plus urgent : se rouler...
Sans tellement prendre le temps de chercher l'endroit idéal, elle plie les genoux et se roule de tout son long, on frotte bien sur le dos, des fois qu'il reste encore des poils blancs... et la grande particularité d'Idanha, au lieux de rouler jusqu'à atterrir de l'autre coté, il est plus distinguée pour mademoiselle de remonter son joli popotin tout en gardant les genoux au sol et de se laisser retomber avec délicatesse de l'autre coté! on est une dame ou on ne l'est pas!
Une fois la totalité de son joli poil gris recouvert de poussière, madame est heureuse, alors elle se relève et c'est partit! L'oeil pétillant, l'encolure enroulée, elle démarre sans crier gare, ventre à terre à travers le manège, à la dernière minute, je blêmît, comme toujours elle fonce droit sur le parre botte et dans un saut de cabris fais demi tour au fond en secouant la tête comme pour dire viens jouer avec moi, elle m'appelle et m'attend... je fonce sur elle, elle m'attend puis à la dernière minute, tel le cheval de rejon, esquive, les antérieurs écartés, démarre dans une jolie cabriole, la tête tournée vers moi, elle pousse ce petit cri strident que j'adore et galope toujours plus vite... Par fierté d'Ibérique, une ou deux longueurs au trot en ronflant la queue sur le dos, s'imposent... dans tous ces jeux, elle ne me quitte jamais des yeux...
Lorsqu'elle finit par revenir vers moi, les flancs encore palpitants, les naseaux grands ouverts, elle est redevenue la gentille Idanha calme et paisible, c'est l'heure des câlins, elle souffle dans mes cheveux, vient appuyer tendrement son nez contre moi , et la voila collée à moi, elle me suit en volte, en huit, elle ne me lache pas....
Elle est incroyable cette petite jument qui me suit partout comme mon ombre, la tête basse, l'oeil serein, c'est mon double... Comme les enfants elle attend que je lui invente un nouveau jeu, elle attend que j'invente la suite de l'histoire...
02 mai 2007
Le cerveau de mon cheval...
Après ces mois à observer, demander, récompenser, espérer, je commence à y voir plus clair dans l'adorable tête grise de ma monture!
Tout d'abbord, pour toute nouvelle chose que je souhaite lui apprendre, le mieux que j'aie trouvé pour Idanha est d'appliquer la technique de l'auteur de "l'apprentissage unifié", pour résumer, il s'agit de faire assimiler au cheval qu'une demande ( à la voix ou à l'aide de la badinne) implique de sa part une réaction qui sera par la suite récompensée ( caresses ou carottes!) Le tout étant d'intégrer le fait que, le cheval à besoin qu'on lui montre ou que l'on provoque la réponse attendue...
Pour une jambette par exemple, il faut donc tapotter à la badine ( moi je tapotte le coude) et si le cheval ne trouve pas comment répondre, lui prendre l'antérieur, le lever et le tendre puis caresser et récompenser... jusqu'à épuisement!!!
L'exercice est répété tous les jours, au bout d'une semaine, ma brave louloutte ne répondant toujours pas toute seule je finit par baisser les bras me décourager et faire autre chose.
La semaine suivante je me reprend en main, il faut que j'y arrive non de non! je tapotte le coude..... Miracle! pendant la semaine de repos il y a semble t-il des neuronnes qui se sont connectés et ma jument à compris la demande!
Cette expérience s'est vérifiée pour tout ce que je lui ai appris, une a deux semaine de travail et de demande répétées, une semaine de pause et hop, la semaine suivante ça marche!!!
La suite logique c'est que mon cheval étant une sale gosse, elle est très heureuse de me montrer ce qu'elle sait faire pendant une à deux semaines, puis d'un coup, ça ne l'amuse plus! madame n'a plus envie et régresse! encore un coup, persévérence et patience et l'exercice est définitivement assimilé!
virage en douceur...
Moi qui n'est toujours juré que par le dressage académique, me voila tout de même bien désenparée avec ma juju tout ce qu'il y a de moins académique!
Après de longues années à essayer de lui apprendre à marcher en ligne droite, s'arreter carré, repartir carré et j'en passe, il faut se rendre à l'évidence : premièrement, ça ne l'amuse pas du tout et du coup deuxièmement c'est un enfert pour lui apprendre les choses simples qui ne l'interressent pas!
Après de longues réflexions ( je n'ai jamais autant réfléchis qu'avec ce cheval!) je tire la conclusion suivante : Idanha à des qualité indéniables pour les airs touchant plutot à la haute école, les appuyers, le passage, le piaffer sont des airs qui lui donnent le moral!! Donc au lieu de m'acharner à tenter de lui apprendre des bases que de toute façon je n'exploiterai pas plus que ça ( je ne compte pas ressortir en dressage de si tot!) et bien je vais plutot m'investir dans la haute école! en s'amusant avec elle si possible!
Me voila donc partie dans ma nouvelle marotte, les bouquins, les conseils de ci de là sur internet, toutes les vidéos, reportages, spectacles... tout ce que je peux touver sur ces sujets, je dévorre, assimile, cogite et plannifie! et zou on y va ma juju!!
L'entousiasme de ce genre de chose, s'arrête généralement le premier jours, dans le manège, je regarde mon cheval dans les yeux et je me dit, mais par ou commencer?? comment faire??? va t-elle comprendre quelque chose.... Allez cette fois il faut arrêter de cogiter et se lancer, nous travaillerons en jouant pour commencer et en liberté...
En tournant tout au jeux, avec énormément de patience, une bonne dose d'observation, et quelques kilos de carottes, les premiers résultats sont là... une jambette quel bonheur, on continue vers le pas espagnol, persévérence! Avec Idanha il ne faut rien précipiter sous peine de tout perdre...
01 mai 2007
le syndrome de l'enfant battu...
Après des jours, des nuits, semaines et mois à se creuser la tête, à observer, j'ai finit par conclure cela : mon cheval souffre du syndrome de l'enfant battu...
N'ayant jamais connu que des rapports de force avec l'homme cavalier, elle recherche ce rapport pensant que c'est cela qu'il est juste de faire... Plus je garde mon sang froid, plus elle essaye de me faire sortir de mes gonds. Elle se dandine, chauffe, piétine, accélère, dérape, fracasse mon auguste popotin dans la selle tant qu'elle peut, jusqu'à ce que je craque... Qu'à cela ne tienne, je garderai mon calme, quitte à gober du vétranquil!
Dès lors, elle finit par comprendre, et oui on peut se sentir bien avec un cavalier sur le dos! je carresse l'encolure le long de la crinière ( avec un cheval si sensible, les grosses claques sont malvenues!) et de jours en jours les renes s'allongent...
Miracle deux ans après notre première rencontre madame marche au pas! un peu saccadé encore, mais ce ne sera jamais son allure de prédilection...
Les débuts sont difficiles!
On a beau dire, tout cavalier aguerris que l'on soit, tout galop sept et autres diplomes que l'on aie, toute expérience que l'on aie pu vivre avec des chevaux en club ou en demi-pension, rien ne nous prépare à la difficulté d'être cavalier propriétaire!
Du bonheur bien sur on en a, mais que d'angoisses, que d'interrogations...
Voila ce que j'aime dans l'équitation, c'est de créer une relation avec son cheval, et pour ce faire, il faut se comprendre c'est inévitable. Comprendre son cheval est parfois bien difficile, les remises en questions sont fréquentes et nécessaires, même si parfois elle égratignent un peu l'amour propre au passage, il faut en passer par là, l'essentiel étant de ne surtout pas égratigner son cheval... Quoiqu'il en soit ce que j'aime pardessus tout c'est la certitude que rien ne sera jamais certain! Une vie ne suffira pas à faire le tour des choses à cheval, on apprend tous les jours, on change tous les jours...
Idanha n'a pas été tout de suite très coopérante il faut bien le dire! Encore aujourd'hui je me souviens de soirée où je rentrais à la maison totalement découragée, désespérée, déboussolée, désanchantée dé dé....goutée....
Je ne peux pas lui en tenir rigueur, elle n'avait pas vraimment connu des rapports très délicats avec l'homme d'après ce qu'elle m'en faisait comprendre... A pied, aucun problème, calme, douce, caline... mais une fois dessus! il fallait s'accrocher immédiatement parce que le turbo tournait à partir du moment ou mes fesses avaient toucher la selle! je n'avait jamais vu ça! un cheval à qui on donne les rennes pour qu'il s'étende et souffle, normalement en profite pour lever le pied et baisser la tête, hé bien miss 'Danha prennait le mors au dent dans un démarage fulgurant... Le pas je n'en parle même pas, allure montée apparemment inconnue de la bête! Un véritable casse tête! imposible d'agir trop fort sur la bouche ( qui de toute façon était bétonnée) impossible de fermer les jambes sous peine de faire quelques tours de manège ventre à terre... une véritable anguille capable d'autant de souplesse que de raideur...
Des qualités elle en avait c'est certain, mais comment exploiter une telle furie? j'oscillais entre perplexité, optimisme, découragement et incompréhension...





