Idanha et Ticia

Depuis qu'Idanha, cette petite jument grise, est entrée comme une tornade dans ma vie, j'apprend à penser cheval... Ce blog est avant tout dédié à Idanha et à nos réflexions équestres...

26 mai 2007

passion échapatoire?

P1010370Je ne suis pas sure que nos passions nous permettent de fuir la réalité, en fait je crois qu'elles nous aident à l'améliorer, elles nous aident à vivre pleinement la vie...

En tout cas, mes passions auront été mes bouées de secours en ce moment où je me sentait vraiment mal, lasse, fatiguée, délaissée, les choses qui me font avancer et sortir de cette lassitude presque dépréssive sont justement ces passions.

Avec ma jument je découvre de nouveaux horizons, désormais tout devient possible je le sens, plus de barrières, plus de problèmes, nous avançons, nous profitons, nous sommes heureuses...

Je découvre encore un peu plus l'art de vivre sa vie, l'art de découvrir chaque jours de nouvelles choses et de les savourer, d'apprécier de nouvelles rencontres, de partager, d'échanger, de prendre le temps, de ne plus calculer, de ne plus attendre, mais de prendre sa vie à pleine main et de réaliser au combien ce que l'on a aujourd'hui est précieux...

Aujourd'hui, deuxième jour d'expo à la garde républicaine,  je n'ai rien vendu, certes, mais j'ai rencontré tellement de gens différents, j'ai fait face à ma timidité et ma réserve naturelle, j'ai juste profité de l'instant et de ce qu'il avait à m'offrir. De cet homme en fauteuil roulant avec qui j'ai discuté durant des heures, de peinture de chevaux, d'architecture et de la vie pour finir par me donner le numéro de Marcel Rozier pour faire des expos chez lui car il aimait ma peinture.... De ce moment où j'allais partir après avoir fermé mon stand, un garde que je connais m'invite à prendre un verre au bar, il n'y a plus tous ces cavaliers hautains, plus que les gardes républicains, gentils ouverts, droles, pleins de dérisions sur eux mêmes... Un concert improvisé par des gardes en uniformes solennels, qui tout à coup sortent leurs corps de chasse pour accompagner une musique de jazz qui passait dans le bar, des moments rares, suréalistes parfois... des moments spontanés... Des moments que d'ordinaire j'aurai manqué avec ma réserve naturelle... Et cette longue discussion sur l'équitation les chevaux et la vie avec ce maître de manège, sur ma jument, ma peinture, ma vie, sa vie, ses chevaux, ses élèves... Tout mélanger et n'avoir à la clé que du bonheur, ces moments tourbillonants de la vie où l'on oublie pourquoi on a pu être si malheureux et ou l'on se sent bien sans avoir besoin d'une bonne raison... juste bien...juste légère... Rien d'autre, finit les bilans, les plans les projets, pour un instant juste être heureux parce que l'instant s'y prête...Et bien sur écrire ce bonheur pour que demain il en subsiste au moins l'essence, la raison, le souvenir... encore un peu de bonheur pour affronter le quotidien, juste un sourire, juste cet instant de plénitude...

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25 mai 2007

De plus en plus dur...de plus en plus bon!

P1000404Les cours se suivent et ne se ressemblent pas ! A chaque nouvelle séance, le maître complique l’exercice et rajoute une difficulté supplémentaire. A ma grande surprise lorsque je cesse de douter de la capacité d’Idanha à franchir cette nouvelle étape, le mouvement passe en douceur et la bonne volonté de ma demoiselle ne fait plus l’ombre d’un doute. A partir du moment où je reste dans mon assiette, les jambes en place, il me suffit de demander correctement et elle exécute.

En réalité je me rends à présent compte que je me suis rendue chez M. Suchet afin de « dresser » Idanha, en fin de compte ce n’est pas l’éducation de ma demoiselle que nous aurons fait mais une rééducation de sa cavalière ! Les accidents, les douleurs et le travail solitaire m’avaient voûtée, mon dos durcit n’amortissait plus les mouvements de ma demoiselle, mes jambes en place certes mais loin du contact de peur qu’elle ne sursaute et ne chauffe… Au fil des jours, je me redresse, mon assiette bien calée au fond de la selle, le dos déjà un peu plus souple accompagne le mouvement et ne gène plus ma demoiselle et enfin, je découvre qu’assise ainsi je ne suis plus simplement assise sur mon cheval, je fais corps avec elle, je sens ses muscles s’activer dans la douce cadence de son trot, je redécouvre à cette allure la fantastique sensation de flotter. Je parviens dès lors à employer un peu mes jambes, Idanha ne sursaute plus elle répond, simplement en l’étreignant doucement avec mes mollets je la sens s’arrondir, son encolure se relâche, son dos remonte et je sens ses postérieurs se rapprocher et pousser pour la propulser en avant. Nous pouvons désormais prétendre au célèbre « en avant, calme et droit » avec une fierté naturelle que procure cette position retrouvée, à vrai dire il y avait bien longtemps que je ne m’étais sentie si fière à cheval !

Les premiers exercices concernaient les transitions, ensuite l’incurvation sur les cercle, ensuite les flexions, puis les épaules en dedans. Une fois tout cela en place, nous avons travaillé au pas les spirales enroulées puis déroulées, puis au trot et enfin au galop. Et comme en équitation rien n’est jamais aboutit, cette semaine l’exercice se corse avec des transitions sur la spirale. J’ai finit de douter, je place mes aides, je me détend, je demande et Danha donne… Cette sensation incroyable que même dans des exercices complexes et contraignants rien n’est impossible, tout se prépare, se demande et s’obtient…

Je revois ma façon de faire, je réfléchis et raisonne mon équitation avant ou après être monté, pendant je savoure et me détend.

Comme il ne suffit pas de travailler assidûment pour obtenir tant, il faut également savoir ménager sa monture, je laisse à ma belle des moments de détente, je l’emmène voir les poneys qui broutent paisiblement dans leur pré, elle les adore. Ma jument d’ordinaire si acariâtre avec ses congénère s’avère en réalité avoir une tendresse presque maternelle pour les poneys, elle s’en approche doucement tend son encolure vers leurs naseaux et échange son souffle.

Ensuite je la lâche en liberté dans le rond de longe dont la porte est située juste en face du pré des poneys, Idanha fait alors son show, des aller-retour au trot piqué, queue sur le dos et ronflant comme un entier, elle stoppe net devant la porte et se cabre face aux poneys puis repars ventre à terre !

La chaleur étant parfois étouffante dans le rond de longe, je lui offre des détentes dans la carrière avec des reprises de poneys, elle n’en finit pas de les regarder et de flamber devant eux, elle est joyeuse et heureuse. Elle sait sans doute que bientôt elle retrouvera ses pénates avec les séances difficiles dans lesquels les grands selle-français et chevaux allemands n’en finissent pas de lui couper la route… Ni elle ni moi ne sommes impatientes de retrouver cette routine implacable, le rêve sent la fin, nous saurons l’entretenir et nous reviendrons régulièrement au pays des ibériques et des poneys !

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22 mai 2007

Le lundi c'est dur!

P1000799Drole de reprise ce lundi, passer du jour au lendemain de la peinture au bureau, ça n'est pas si facile de changer de casquette au pied levé!

Enfin il faut bien s'y remettre en cette morne journée grise et froide, je suis courbaturée de partout, le cou raidis par la fatigue, vidée par ce long week end d'exposition et un peu déboussolée... La journée s'annonce glauque, le moral est en berne, je ne veux qu'une chose, rentrer, m'enfermer, me coucher, me cacher, ne plus voir personne, ne plus rien entendre, ne plus rien lire, ne plus rien dire...

On ne fait pas toujours ce qu'on veux, non seulement j'ai une journée de travail chargée de rendez vous, mais en plus, ce soir le maître m'attend pour la reprise! J'ai déjà du mal à tenir mon dos droit sur ma chaise, alors je ne meurs vraiment pas d'envie d'aller monter... La journée s'étire et je me traine, quand arrive l'heure d'aller rejoindre ma belle Danha, c'est à reculons que j'y vais, elle ne m'a presque pas vu depuis trois jours, la reprise risque d'être sportive!

La demoiselle m'attend de pied ferme, comme si elle sentait mon mal être, elle se colle contre moi, cherche les caresses, enfouis son nez dans mon cou, sous mes cheveux, pose sa tête sur mon épaule... Idanha est d'une tendresse presque maternelle et petit à petit la fatigue et la lassitude disparaissent je me sens mieux, tellement mieux que j'en pleure malgré moi, il faut bien évacuer... Cette jument ne finira jamais de m'étonner!

Regonflée par tant de tendresse, nous partons vers le rond de travail pour une détente en tête à tête, je met ma minerve pour limiter un peu la casse et je me hisse en selle. Dès le début Idanha se montre très souple mais très tonique! Le maître n'a pu vraimment la monter étant donné la différence de poids entre le sien et le mien, ma demoiselle lui a vite fait comprendre qu'il ne fallait pas trop y compter!

Quoiqu'il en soit, je suis agréablement surprise, elle a bien assimilé les exercices de flexions et les fait à présent sans craintes, elle est souple et légère malgré le surplus d'énergie qu'elle à accumulé. le maître arrive et nous entreprenons une révision complête en enchainant la totalité des exercices, Danha s'applique, je fais tout mon possible pour rester à ma place, j'étire mes douleurs, j'essaye de relacher les muscles contracturés puis peu à peu je m'abandonne à cette fantastique sensation de faire corps avec mon cheval... ça y est enfin on y arrive!

Je repars légère et regonflée à bloc, plus rien ne compte, la fatigue et la douleur se sont assourdies...

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19 mai 2007

Expo au CSI La Courneuve

P1010912Me voila donc plongée au cœur de ma seconde passion, la peinture ! En réalité il s’agit là d’un exercice lié à cette passion, tout comme il est parfois nécessaire de s’exposer aux critiques à cheval, il en va de même pour la peinture, les réaliser est un acte très intime, très renfermé sur soi-même ; aussi faut-il un jour les livrer au yeux de tous et accepter tout ce que l’on peut en recevoir, compliments et critiques sont indispensables à la création, à la réflexion et surtout à l’humilité.

Me voila donc installée dans ma tente pour trois jours, tous mes chevaux sont là, des plus fiers au plus maladroits, tous attendent que l’on vienne à eux.

P1010896Tout comme l’équitation, la peinture est la garantie d’une éternelle remise en question, une vie ne suffirait pas plus à atteindre la perfection équestre que la perfection picturale, tout peut toujours être amélioré, la barre est sans arrêt montée d’un cran …

Ces deux arts sont éphémères, ce qui a été crée hier n’est pas simplement acquis pour demain, il faudra sans relâche, travailler, réfléchir, recommencer et savoir s’arrêter… Les tableaux restent comme un cheval dans son box, attendant que l’on y vienne chercher, un peu de l’émotion que l’on a ressentit en les créant reste comme gravé en filigranne dans la trame régulière de la toile de lin.

Chacun lira ou non cette émotion, ressentira ou non quelque chose d’autre qu’une pale beauté dont on se lassera vite, comme un cheval que l’on découvre pour la première fois, outre les jugements morphologiques que l’on y porte, chacun aura sa préférence pour un œil qui pétille, pour un port de tête altier, pour une foulée ample et souple…

De même les tableaux auxquels je porte le plus d’affection ne sont pas toujours les plus plebiscités, il est fréquent que mes vilains petits canards remportent bien plus de suffrages que mes fougueux entiers ! C’est pourquoi, je n’opère plus ou presque plus de sélection dans mes expositions, tous mes chevaux sont menés au terrain de concours et libre à chacun d’attirer plus l’attention qu’un autre…

Les expositions sur les terrains de concours sont une merveilleuse expérience pour moi, tout d’abord, mes tableaux sont confrontés à tout public, cavalier professionnel, propriétaire ou éleveur, spectateur avertit mais également simple badaud qui « passait par là » !

Au-delà de cela, les rencontres sur les terrains sont toujours enrichissantes, cette fois ci il s’agit de M. Meyrier, illustrateur pour Le Larousse, pour Cheval Magazine et bien d’autre, cet homme d’une autre époque est d’une telle stature qu’il est impossible en le voyant passer de ne pas penser, cet homme est un artiste ! Il arpente le terrain, pipe à la main, sa longue barbe blanche au vent, derrière cette apparence qui ne manque pas de me rappeler Cezanne, il arpente le terrain, parle et salue tout le monde, il est de ces hommes qui n’ont plus rien à prouver à qui que ce soit et qui profitent pleinement de ce que leur apporte chaque moment.

Ces journées sont longues et éprouvantes, je passe de la morosité d'attendre que quelqu'un vienne, à la passion des échanges avec différentes personnes, jusqu'à l'exitation de vendre une toile, de voir l'un de mes protégé partir vers une nouvelle demeure...

Ces expositions sont également pour moi une épreuve afin de me confronter aux autres, comme la plus part des artistes, je ne me sens pas l’âme commerciale, parler de ses œuvres avec d’autres n’est pas toujours facile, les vendre et même parfois les contre-marchander est encore plus difficile !

P1010952Je n’ai pas encore l’aisance de ce viel homme qui passe devant ma tente, la question que les gens me posent le plus souvent est « c’est vous qui les peignez ? » cette question est généralement assortie de grands yeux ronds étonnés, il faut croire que bien qu’en ayant l’âme, je n’ai pas le profil de l’artiste !

Je philosophe tout cela en songeant peut être me mettre à la pipe ! ou à laisser mes cheveux hirsutes ( pour la barbe ce sera difficile !) et mes ongles noirs de peinture !

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Quoi qu’il en soit aujourd’hui j’aurais passer une épreuve supplémentaire, non seulement j’ai vendu un tableau mais qui plus est je l’ai vendu en anglais ! à vrai dire je me suis même sentie plus à l’aise en anglais, comme si le fait de changer de langage me déshinnibait totalement... Je suis fière, c'est mon premier tableau international! celui là ira donc faire de l'oeil à un propriétaire Irlandais...

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dernier cours de la semaine

Dernier cours avant un long week-end loin de ma jument, lorsque l’on a des passions dévorantes il faut savoir sacrifier à l’une comme à l’autre, pour ce week-end, ce sera donc la peinture.

Mais pour l’heure nous retournons dans notre petite bulle, sur la piste du rond de travail, nous retrouvons le maître, à nouveau il faut replacer ma position, cela se fait déjà plus naturellement depuis la séance à cru. La jument se pose sur son mors, aujourd’hui un verdun avec un jouet en cuivre, elle a l’air d’apprécier cet allègement et le confort des canons plus épais…

Nous reprenons les exercices de spirale, en y ajoutant cette fois des transitions vers l’arrêt ou vers le trot, les démarrages se font un peu en dérapage, mais il faut respecter le principe de toujours demander un peu plus au cheval au fur et à mesure des séances, sans cela le cheval s’ennuie et ne se concentre plus sur son travail…

La séance se passe à merveille et je commence à être fière de nous ! Je cesse petit à petit de reporter mon poids en avant et du coup ma belle Danha se fixe et reste posée sur son mors en confiance dans le mouvement en avant comme dans les arrêts.

Tout devient désormais possible, Idanha marche d’elle-même au pas d’école, je la soupçonne de volontairement flamber devant le maître ! Et ma fois ce dernier à l’air d’apprécier les facéties de la belle !

Pour l’instant nous ne touchons pas aux airs de spectacle, il ne faut pas tout mélanger et les séances demandent déjà beaucoup à la belle, les efforts physiques tant que les efforts de concentration l’épuisent littéralement.

Nous finissons donc par un pas de plus vers le campo à pied, Danha s’étend et reste ainsi à scruter pour savoir qui donnera la première carotte !

Voila je rentre ma belle à son box et la laisse donc pour les trois prochains jours aux mains du maître…

Je lui fais parfaitement confiance pour s’occuper de ma précieuse jument, mais la confiance n’exclue malheureusement pas les angoisses presque maternelles que j’éprouve à ne pas être là…

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17 mai 2007

Révisions et exercices

P1000602Ces deux derniers jours, le maître n'a pu s'occuper de nous, qu'à cela ne tienne nous avions déjà bien assez à assimiler toutes les deux! nous nous sommes donc offert deux jours de révisions et détente!

Mardi je me suis mise à cheval franchement perclue de courbatures et contractures, j'imagine de ma miss devait être un peu dans le même état! donc nous avons repris les choses en douceur, longtemps au pas, on recommence tous les exercices un par un, j'essaye de m'imposer la rigueur nécessaire pour lutter contre mon inconscient un peu plus flegmatique qui me suggère parfois de remettre à demain un exercice qui a du mal à passer! Cette fois ci je me pousse et me motive et à force de persévérance et de douceur, les progrès arrivent. Ma demoiselle commence à s'assouplir et à moins craindre les incurvations et les plis que je lui demande, au simple contact de mes mollets elle s'engage ou s'incurve, elle me dispense même de beaux arrets sans se rouvrir et repars l'encolure souple... Pour aujourd'hui la révision est satisfaisante, ma demoiselle à gagné sa liberté! je défait la sangle, ote la selle de son dos humide, ote le filet... Et voila ma jolie jument qui se roule à mes pieds! Auparavant elle s'éloignait toujours un peu de moi, mais depuis que nous sommes là elle se roule vraimment contre moi, j'en profite pour m'approcher et m'accroupir près de sa tête, ça ne lui fait pas peur, mais de toute façon elle est tellement concentrée sur son oeuvre!

Nous jouons un peu ensemble dans le manège puis je la ramène pour une bonne heure de pansage!

Le lendemain je m'en tient à une séance de longe pour revoir un peu ma belle se déplacer, aucun problèmes de secoté là, ses allures sont légères et déliées, elle trotte dans cette cadence qui me berce et me fais rêver. Toujours facétieuse, elle cherche avant tout à jouer, mais pour l'heure il faut travailler un peu. Je marche avec elle à la piste pour revoir un peu le pas espagnol, elle semble plus en équilibre sur ses postérieurs et marche le pas espagnol gracieusement...

_MG_4266Puis je ne peux résister, je n'avais pourtant pas envie de monter aujourd'hui, mais je finis par me hisser sur son dos, sans rennes et sans selle... Tranquillement au pas, je me concentre sur les mouvements de son dos, du moindre de ses muscles, je trouve ma place et commence à demander des arrets à l'assiette. Sans selle, il est beaucoup plus aisé de sentir l'action juste, je mémorise les sensations et caresse ma belle. Nous continuons par quelques changements de direction, simplement en tournant les épaules et en reportant mon poids de coté elle tourne tranquillement, me corrige parfois lorsque j'oublie de me rasseoir correctement, elle entamme alors des pirouettes sans fin, jusqu'à ce que je comprenne mon erreur et renvoie la belle en avant et droit d'un mouvement de bassin...

Pour finir je rejoins à regret la terre ferme et reprend l'exercice du campo, Idanha n'a pas oublié quoi que ce soit et me gratifie même d'un pas en avant supplémentaire, je caresse et recule doucement, elle reste ainsi campée à me regarder. Pour aujourd'hui ce sera plus que satisfaisant, de retour au box je lui donne sa récompense qu'elle semble tant apprécier, un peu d'avoine et un kilo de carottes!

Demain nous retravaillons avec le maître, je lui confierai ensuite ma demoiselle pour le week end, étant prise par mon exposition. J'espère que tout se déroulera bien, je fais confiance à l'un comme à l'autre mais tout de même, ce n'est pas facile de confier sa merveille!!

 

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14 mai 2007

j'en bave mais c'est trop bon!

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Réveil courbaturée ce matin, qui a dit que l'équitation n'était pas un sport?!

Une nouvelle séance de travail aujourd'hui dans le rond de longe et honnêtement j'en bave!

Aujourd'hui changement de mors, le goyo droit ne plait pas au maître et il est vrai qu'Idanha en a toujours une certaine apréhension sitôt qu'on y touche un peu trop fort, pour aujourd'hui nous essayerons donc le Pelham à canons brisés et je suis bien décidée à redescendre progressivement sur des mors encore plus légers ( enfin pour le travail en manège en tout cas!)

M. Suchet ne me lache pas sur ma position, ça commence à venir un peu plus naturellement mais sa présence est encore indispensable pour me rattraper au moindre écart! Le résultat sur Idanha est réellement flagrant, elle se cale mieux, monte progressivement son dos et se déplace avec calme.

Gros travail d'incurvation au programme ce qui n'est pas du tout le point fort de mademoiselle, tout en vibrations sur la rêne intérieure, à l'aide du poid du corps et d'un léger placement des aides, ça ne lui pose finalement aucun problème, même à gauche où elle est d'ordinaire si raide ( à moins que ça ne soit moi?!), M. Suchet au milieu nous apaise, nous calme toute les deux, et quel bonheur de travailler avec tant de légèreté, pas de contrainte pas de résistance, j'indique les choses justes et miss Danha fait les choses justes... Nous travailllons à partir du grand cercle et le réduisons en spirale jusqu'à un petit cercle de 2 mêtres puis progresivement retour sur le grand cercle, un exercice qui n'a l'air de rien mais qui se révèle redoutable pour ma Miss Péniche qui adore virevolter en chassant les hanches!

Voila encore de quoi travailler pour plus tard! Dans cet exercice, je réalise une chose, ammener la jument vers le centre demande quelques efforts et me prend 3 tours alors que la laisser repartir vers l'extérieur du cercle est plus aisé et ne prend qu'un tour... Voila tout le problème, l'exercice est raté, il faut l'amener en trois tours et la faire revenir en autant de temps... En réalité, à l'aller je demande alors qu'au retour je permet... C'est une chose que je n'ai pas l'impression d'avoir déjà faite à cheval, d'ordinaire on demande un travail et on permet une détente ou une récompense, là en réalité les choses sont autrement, je demande un exercice et ensuite je permet un autre exercice, du coup le cheval devient le moteur de son travail et voit les choses d'une autre façon...

Puis les transitions sans mains juste à l'assiette qui me demandent tant de concentration, d'ici quelques semaines le geste sera devenu naturel, mais pour l'instant il me demande beaucoup de maitrise de moi et un effort supplémentaires. Petite facécie de la demoiselle alors que je lui demande un reculé, elle est tellement pressée de montrer ce qu'elle sait faire qu'elle feint de mélanger les ordres et se cabre magistralement! je lui râle dessus, vite reprise à l'ordre par le maître, il ne faut pas crier, il faut remettre en avant... un petit tour au galop et tout rentre dans l'ordre...

Lors du travail de transition trot-galop-trot, je cadence en douceur la jument vers le petit trot rassemblé, je vois M. Suchet la regarde avec interet... J'ai oublié de lui dire qu'elle ne demande qu'à piaffer! alors pour finir la séance montée, nous travaillons le rassemblé toujours dans la légèreté, quelques foulées de piaffer puis remise en avant au trot moyen... Tout se passe à merveille mistinguette ne se durcit pas, ne chauffe pas, bref elle travaille vraimment!

Nous achevons donc là dessus, je laisse les renes à mademoiselle qui vient immédiatement se coller contre le maître, c'est drole, d'ordianaire elle ne fait ça qu'avec des gens proches d'elle... Elle a confiance en lui et nous en profitons pour conclure par une petite progression dans le dressage à terre, le campo, hier M. Suchet lui avait fait avancer les antérieurs de quelques centimètre et rester ainsi, aujourd'hui il lui demande un pas de plus, je récompense et nous la laissons là dessus, la progression doit être lente et toujours récompensée...

Finalement j'ai voulu faire vite ces deux dernières années, j'ai toujours été plus ou moins coupable d'impatience et je n'ai pas obtenu de résultats aussi nets qu'en quelques jours de patience à se contenter de peu mais de quelque chose tout de même...

C'est officiel l'équitation est un sport cérébral!!

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13 mai 2007

et c'est partit!

Voila aujourd'hui notre première vraie séance de travail, avant tout c'est à moi de travailler et de me remettre en question... Mon égo est bien rangé dans ma boite de pansage, j'emmène la demoiselle pour la monter dans le rond de longe.

P1010798Toute ma position est à revoir, à force de vouloir protéger mon dos et mes cervicales, je me suis voutée et crispée... Sans m'occuper de la mise en place de miss Danha, c'est donc moi qui me remet à ma place, bien assise dans ma selle, les épaules en arrière, ça tire de partout mais au final je suis bien! Je finis même par constater que dès lors que j'ai repris une position plus confortable la demoiselle s'est elle aussi détendue, posée sur son mors, à relaché sa nuque et trotte tranquillement en donnant déjà un peu mieux son dos...

Pour continuer dans la légèreté, nous travaillons les transitions à l'assiette et je réapprend à ne presque plus me servir de mes mains, demoiselle est très attentive et répond à mes demandes. Le travail dans le rond de longe est fantastique pour cela, il n'y a pas de coins dans lesquels elle peu se tortiller, pas de longue lignes droite dans lesquelles se précipiter. Au bout d'une demie heure, nous voila donc détendue toute les deux, je me sens incroyablement bien, il y avait longtemps que je n'avais pas eu cette sensation de faire totalement corps avec ma demoiselle.

Voila déjà un bon programme de travail pour l'avenir, pour moi le travail de la position qui me demande d'aller contre ma crainte instinctive de me faire mal et pour miss Danha, des assouplissements sur les cercles, épaules en dedans et contre épaules en dedans.

Nous voila prêtes à attaquer le reste, le pas espagnol tout d'abbord, Idanha n'engage pas suffisamment ses postérieurs pour le faire correctement et du coup elle ne peut monter ses antérieurs plus haut... M. Suchet m'explique alors qu'il faut reprendre le travail à pied, il faut l'amener avant tout à engager beaucoup plus ses postérieurs en les sollicitants quand nécessaire avec la badine et déjà Idanha se cadence mieux et monte son dos. Le maître est surpris de l'application et de la bonne volontée de son élève! Il n'y a pas à dire elle adore nous faire plaisir et ça se voit! Comme il travaille très peu les juments pour leur caractère un peu...aléatoire, il a l'air agréablement surpris de voir cette petite jument s'appliquer autant!

Depuis que nous sommes arrivés là bas, j'ai la bizarre impression que la demoiselle sait pourquoi elle est là, d'ordinaire elle ne donne ces airs que sur demande, or depuis que nous sommes là elle a tendance à réaliser quelques clowneries sans que je lui aie demandé quoi que ce soit! De la jambette majestueuse alors que je travaille l'arret et l'immobilité, au joyeux petit cabré face au maître alors qu'on ne lui a rien demandé! A croire qu'elle aussi est pressée de montrer ce qu'elle sait faire!

r_v_rencepttNous finissons par quelques manipulations pour aller plus tard vers la vraie révérence ( et pas la galipette d'amateur à la carotte !) et bien sur le couché. Encore des exercices à travailler pour nous, Idanha doit se laisser manipuler tranquillement et en toute confiance...

Voila une bonne séance réalisée, M. Suchet voulait aujourd'hui tester les réactions de la demoiselle, il a l'air assez content du résultat, par la suite nous nous en tiendrons à travailler un seul exercice pour ne pas embrouiller tout, et par séances très courtes...

Nous rentrons la demoiselle au box, elle est récompensée par une petite ration d'avoine ( suis pas sure que ça soit une super bonne idée pour demain ça!! ) sur laquelle elle se jette tout de même avec bonheur!

Le séjour risque de se prolonger un peu car il serait dommage de partir à la fin de la semaine puisque nous avons à peine débuter les exercices préparatoires...

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12 mai 2007

Deuxième jour : Evaluation

Pour ce deuxième jour, l'objectif sera de dresser une évaluation de la jument au travail, cela tombe bien il y a une reprise de dressage ce soir; M. Suchet en professionnel, n'envisage pas de commencer à faire travailler un cheval sans avoir fait un bilan de ses capacités, de ses qualités et surtout de ses défauts ou faiblesses... En fonction des capacité physique d'un cheval, il sait vers quels exercices il pourra l'emmener sans risquer la rupture, la douleur et l'échec. Pour moi cela demande encore un jour de patience, mais j'ai ainsi la garantie que mon cheval ne risquera rien et surtout la garantie que je peux me remettre entre les mains de cet homme sans crainte pour ma jolie Danha.

Pour aujourd'hui ce sera donc une journée de découvertes en tout genre pour mademoiselle, tout d'abord la découverte de la gentes Shetland! Alors que je fais son pansage dans le box ( dans une écurie d'entiers il n'est pas recommander de faire autrement!) la porte ouverte simplement barrée par une longe, Nikita une demoiselle shetland qui se promène toujours en liberté dans les écuries, fais son apparition dans la cours sous les hennissements des entiers... Elle vient en reconnaissance, s'approche doucement du box sur ses petits sabots et regarde Idanha derrière sa longue frange. Idanha n'a jamais vu de Shetland de près, prudente elle s'avance et tend l'encolure vers ce drôle de cheval miniature; je me méfie, elle n'est pas toujours très aimable avec les chevaux... Puis soudain, elle se fait peur toute seule et dans un cri strident se jette au fond de son box en ronflant! Elle me regarde l'air de dire, débarrasse moi de cette chose, j'ai peur!

Je la laisse revenir, gagnée par la curiosité, Nikita mâchonne un brin de paille devant le box pour signifier à la grande froussarde qu'il n'y a rien à craindre, miss Danha se calme et fais alors connaissance dans le calme, elles se sentent, Danha va même jusqu'à lui gratouiller la crinière, et je reprend mon pansage.

Je me met à cheval avant tout le monde, je préfère débuter seule dans le calme, mademoiselle voit ainsi les chevaux rentrer un par un et ne s'en effarouche pas, pour aujourd'hui elle semble calme, elle peine un peu à marcher sur le sol un peu profond. Le défilé des chevaux qui entrent dans le manège commence, un petit entier espagnol bai brun, un magnifique Frison à la démarche majestueuse, un joli lusitanien gris souris, un petit hongre alezan brûlé et une autre jument lusitanienne.

Idanha, n'a jamais travaillé en reprise et je me demande comment elle va prendre la chose! Après une détente individuelle, le travail commence, rassembler progressivement les chevaux dans la légèreté, transitions d'allures et d'allongement... Mademoiselle a vite compris et se met au travail dans une décontraction que je ne lui connais pas souvent, elle se pose délicatement sur ma main et se tend un peu mieux... J'ai du mal à le croire, apparemment le travail en reprise au lieu de l'énerver l'a apaisée, décidemment je ne suis jamais au bout de mes surprises avec cette jument!

Le travail se poursuit donc ainsi, M. Suchet dirige tout cela dans le calme, il prône une monte légère, sans actions fortes mais avec de la rigueur pour chaque exercice demandé... Aucun de ces cavaliers n'a chaussé d'éperon et les chevaux ne s'en portent que mieux! Après une belle séance d'une heure durant laquelle Idanha s'est montrée disponible et calme, nous finissons par une promenade dans les rues du quartier, marcher sur le bitume après une séance dans un sol un peu profond raffermit un peu les tendons et détend les esprits!

De retour aux écuries, après un bon pansage, une grosse livrée de foin et une ration améliorée à la compote et aux carottes, je laisse ma demoiselle à son repas et m'en remet au diagnostic du maître. Il a pu évaluer un peu mieux la jument, ses réactions, ses aptitudes naturelles... La seule chose qui le chagrine est celle là même  que j'avais jugée rédhibitoires lors de ma première rencontre avec miss Danha, une certaine faiblesse dans ses postérieurs. Tant qu'elle n'est pas suffisamment échauffée, elle répugne à s'en servir réellement et M. Suchet craint que cela ne la gène pour certains exercices dans lesquels les jarrets sont sollicités... Nous aviserons donc et nous en tiendront à ce qui ne risque pas de la blesser...

Je repars légère et sereine, culpabilisant un peu de mon impatience de la veille, demain nous travaillerons en tête à tête afin de rentrer un peu plus dans le vif du sujet...

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11 mai 2007

première journée...rien!

Pour la première vrai journée dans l'écurie de spectacle, rien de vraiment nouveau, nous laissons une journée à la demoiselle pour s'habituer aux installations, aux poneys qui broutent en liberté un peu partout et aux beaux entiers qui l'entourent!

A midi, lorsque j’arrive devant son box, elle sors la tête et me regarde avec ses petits yeux brillants, j’ouvre la porte et elle se jette littéralement dans mes bras ! Peut-être a t-elle cru que nous l’avions abandonnée !

Aujourd’hui, petite sortie en extérieur avec les beaux ibériques... Pour commencer une détente dans le manège s’impose, apparemment mademoiselle s'est plutôt bien remise du voyage! Trotinante et ronflante miss danha s'habitue à ce nouveau manège plus petit et au sol beaucoup plus profond que ce à quoi elle est habituée. Elle garde les entiers à l’œil.

Puis nous voila partis en file indienne Idanha fermant la marche bien entendu! Partir ainsi les uns à la suite des autres me rappelle bizarrement mes années clubs ; pour Idanha par contre ça ne lui rappelle rien et qui plus est ça ne lui plait pas du tout de devoir rester bonne dernière !

Demoiselle tire et chauffe pendant le quart d’heure de trotting que nous faisons, heureusement tout le monde finit par s’arrêter devant une longue allée, il est temps pour moi, je commençais à ne plus sentir mes bras ! Je caresse demoiselle pour l’apaiser, elle est totalement trempée…

La longue allée se finit par un large cul de sac entouré de bosquets, les cascadeurs qui m’entourent s’y entraînent pour la voltige en ligne… A tour de rôle ils exécutent donc des aller retours au grand galop… Je sens ma demoiselle chauffer, piaffer, elle les regardent faire et ça l’énerve !

Le sol étant très dur pour les pieds fragiles et déferrés de Danha, nous ne participerons pas ; de plus, dans l’état d’excitation où elle se trouve, je ne suis pas vraiment sure que je réussirai à l’arrêter !

Nous rentrons donc, Idanha retourne quelques minutes au manège pour remettre les choses dans le calme, reprendre un contact plus souple avec sa bouche, se détendre un peu.

Je retourne le soir voir ma demoiselle, cette fois ci ce sera le rond de longe, je la crois calme après la séance de midi et je me dis qu’on va pouvoir travailler un peu, mais c’est sans compter sur sa ressource inépuisable ! Elle tourne au grand trot, enchaîne les demi-tours cabrés, repars ventre à terre au galop, les yeux rivés sur l’extérieurs elle essaye d’impressionner quelqu’un c’est sur ! Tout cela est très joli et tout le monde est en admiration devant les allures et la souplesse de la bête, mais il est impossible de l’amener au travail calmement, ma jument vient de se transformer en adolescente hystérique, uniquement préoccupée par les garçons et incapable de se concentrer sur quoi que ce soit d’autre !

Tant pis, il faudra être patient et remettre à demain, je suis un peu déçue c’est vrai, mais en même temps je sais pertinemment que ce genre de travail ne peut se faire dans la précipitation et que pardessus tout c’est un travail que nous allons devoir faire ensemble; miss Danha va devoir se montrer un peu plus disponible ! Je rentre donc, un peu déçue après l'euphorie de la veille, demain sera un autre jour... enfin j'espère!

Posté par articia à 10:56 - STAGE DANS UNE ECURIE DE SPECTACLE - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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