Idanha et Ticia

01 mai 2007

Comment tout commence...

Juin 1999, l'année prochaine nous nous marions... Le monitorat d'équitation est abandonné, je veux vivre avec les chevaux et non par les chevaux...

Et le plus beau? Didier veut m'offrir le cheval de mes rêves comme cadeau de fiançailles! je suis aux anges... des années, depuis ma plus tendre enfance, des années à rêver de ce moment, enfin je vais avoir mon cheval bien à moi , le plus curieux, après des années à rêver de ce moment, je le vis complêtement stoïque, incapable d'exterioriser ma joie tellement tout cela est intense!

Enfin le plus dur reste à faire, trouver la perle rare avec un budget réduit!

La race? un lusitanien bien sur, le cheval que je dessine depuis mon enfance et qui me fait rêver depuis toujours... Pas de chance, c'est une race à la mode actuellement, les prix sont élevés et les chevaux pas toujours en bon état physique et moral...

Une jument, c'est moins cher et puis c'est plus hormonal une jument, ça me plait! (ça, il faudra que je m'en souvienne par la suite...). Les papiers j'en veux pas, j'ai pas l'intention d'écumer les concours, finit ce temps là, moi j'ai d'autres rêves plus romanesques!

J'épluche les journaux, j'appelle, me renseigne, on n'est pas pressé me dit Didier.... non bien sur pas d'urgence, sauf que mon cerveau entier ne pense plus qu'à ça!!! jour et nuit, je suis en ébullition, il y a un cheval qui galope dans ma tête!

Un vendeur m'appelle et me dit qu'il a un camion remplis de chevaux en provenance du Portugal qui arrive le lendemain alors nous voila partis pour découvrir mon peut-être cheval de ma vie... Le trajet est long, mon dieu c'est long une demie heure lorqu'on à l'impatience d'une enfant de 5 ans! Officiellement, je n'attend rien de cette visite, on y va juste pour voir, repérer, se renseigner.... c'est la voix de la raison qui parle... Interieurement, il y a une autre petite voix qui chante à tue tête, tu vas trouver ton cheval, tu vas trouver ton cheval....

Les chevaux arrivent à peine, ils descendent pelle mele d'un semi remorque sans pont, ils n'ont pas de protections et font un peu peur à voir...Les entiers, hongres, juments et même des anes et tout ça mélangés, sans attache...

A ce moment là, la petite voix interrieure à disparu, elle n'ose plus la ramener! la voix de la raison me dit, vite sauvons nous, c'est un maquignon!

Enfin puisqu'on est là, le vendeur me présente deux juments dans notre budget, la première n'est pas trop maigre, mais c'est la seule chose qu'elle ai pour elle au premier regard... la crinière coupée courte, on dirais des crins de shetland, le toupet fait un ponpon hirsute! les postérieurs raides, oulala elle est vraimment pas belle me dis-je alors qu'elle passe devant nous! au moment où elle passe devant Didier, nonchalante elle s'arrete le regarde et se frotte contre lui... Geste annodin, me direz-vous? pas du tout! Didier est amoureux, "Elle m'a choisi" me dit-il! Tu m'étonnes qu'elle t'ai choisis, elle n'est pas bête pas grand monde ne voudra d'elle!

La seconde passe alors que Didier bougonne, maigre, elle n'est pas grande mais mignone, toute fine, les crins bien plus ibériques, elle marche calmement! moi j'aime bien celle là! mais ce n'est pas non plus le coup de coeur...

Le vendeur nous propose de venir le lendemain pour les essayer; Didier a tellement lourdement insisté que j'ai céder, oui chéri je l'essayerai! ( et ma petite voix intérieure d'ajouter "je l'essayerai et je ne la prendrais pas ...").

Soirée difficile en perspective, notre première dispute mémorable! Didier insite "elle m'a choisis" et moi " mais tu n'y connais rien en chevaux fiche moi la paix"!!! une discussion sans fin qui se prolonge jusqu'au retour sur place le lendemain! la discussion est tellement animée, qu'on manque même finir dans un fossés!

Nous arrivons et bon allez hop elle est où la pauvre rosse? je l'essaye en premier comme ça on est débarrassé!

on me présente la jument sellée, dans un champ, le vendeur commence par la longer, j'observe le sourcil levé, prete à triompher devant la pauvre bête que j'imagine raide et sans allure...mais là, tout bascule... Impossible, en mouvement, elle est sublime cette jument!! Mon cerveau vidé par la surprise est silencieux, je suis captivée! quelle allure, ce trot majestueux, elle vole... décidemment qu'elle allure! après quelques minutes de silence, je sens Didier juste à coté qui me regarde et qui ricanne bêtement ponctuant le tout d'un "Allloooooors??" moqueur...... Alors? Hé bien alors il faut que je monte dessus pour en avoir le coeur net!

Coup de foudre final! à peine les fesses posées dessus, je suis envahie d'une floppée de sensations inespérées, légèreté, fougue, souplesse... je ne sais plus rien, à part que je ne veux plus descendre! Elle ne sait rien faire mais c'est trop bon!!!

Je finis par descendre, car je vois derrière Didier des gens qui discuttent avec le vendeur... ils veulent l'acheter! Didier vient me voir et me dit que le vendeur leur en a demandé bien plus qu'à nous...évidement lui aussi a découvert les allures cachées de ce diamant brut.

Je fonce le voir encore toute chancelante de ce retournement inespéré, de ces sensations inconnues et de toutes ces promesses d'une vie équestre incroyable.... je confirme au vendeur que nous la prenons, il blanchit, parait gêné et essaye de me réorienter sur l'autre jument... peine perdue je ne veux même pas le voir le cheval de Barbie! c'est elle que je veux!

danha_1er_ann_eVoila comment Idanha est rentrée dans notre vie, P7300042cette histoire peu commune à son importance, car depuis toutes ces années dès que je rentre des écuries en criant ma joie, quelle séance merveilleuse nous avons fait, quels progrès nous optenons.... inlassablement j'entend Didier me répondre "Normal, c'est moi qui l'ai choisie".. la vérité est que c'est elle qui nous a choisi. 

 

 

   

 

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Les débuts sont difficiles!

P1010018On a beau dire, tout cavalier aguerris que l'on soit, tout galop sept et autres diplomes que l'on aie, toute expérience que l'on aie pu vivre avec des chevaux en club ou en demi-pension, rien ne nous prépare à la difficulté d'être cavalier propriétaire!

Du bonheur bien sur on en a, mais que d'angoisses, que d'interrogations...

Voila ce que j'aime dans l'équitation, c'est de créer une relation avec son cheval, et pour ce faire, il faut se comprendre c'est inévitable. Comprendre son cheval est parfois bien difficile, les remises en questions sont fréquentes et nécessaires, même si parfois elle égratignent un peu l'amour propre au passage, il faut en passer par là, l'essentiel étant de ne surtout pas égratigner son cheval... Quoiqu'il en soit ce que j'aime pardessus tout c'est la certitude que rien ne sera jamais certain! Une vie ne suffira pas à faire le tour des choses à cheval, on apprend tous les jours, on change tous les jours...

danhaIdanha n'a pas été tout de suite très coopérante il faut bien le dire! Encore aujourd'hui je me souviens de soirée où je rentrais à la maison totalement découragée, désespérée, déboussolée, désanchantée dé dé....goutée....

Je ne peux pas lui en tenir rigueur, elle n'avait pas vraimment connu des rapports très délicats avec l'homme  d'après ce qu'elle m'en faisait comprendre... A pied, aucun problème, calme, douce, caline... mais une fois dessus! il fallait s'accrocher immédiatement parce que le turbo tournait à partir du moment ou mes fesses avaient toucher la selle! je n'avait jamais vu ça! un cheval à qui on donne les rennes pour qu'il s'étende et souffle, normalement en profite pour lever le pied et baisser la tête, hé bien miss 'Danha prennait le mors au dent dans un démarage fulgurant... Le pas je n'en parle même pas, allure montée apparemment inconnue de la bête! Un véritable casse tête! imposible d'agir trop fort sur la bouche ( qui de toute façon était bétonnée) impossible de fermer les jambes sous peine de faire quelques tours de manège ventre à terre... une véritable anguille capable d'autant de souplesse que de raideur...

Des qualités elle en avait c'est certain, mais comment exploiter une telle furie? j'oscillais entre perplexité, optimisme, découragement et incompréhension...

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le syndrome de l'enfant battu...

P1010655Après des jours, des nuits, semaines et mois à se creuser la tête, à observer, j'ai finit par conclure cela : mon cheval souffre du syndrome de l'enfant battu...

N'ayant jamais connu que des rapports de force avec l'homme cavalier, elle recherche ce rapport pensant que c'est cela qu'il est juste de faire... Plus je garde mon sang froid, plus elle essaye de me faire sortir de mes gonds. Elle se dandine, chauffe, piétine, accélère, dérape, fracasse mon auguste popotin dans la selle tant qu'elle peut, jusqu'à ce que je craque... Qu'à cela ne tienne, je garderai mon calme, quitte à gober du vétranquil!

Dès lors, elle finit par comprendre, et oui on peut se sentir bien avec un cavalier sur le dos! je carresse l'encolure le long de la crinière ( avec un cheval si sensible, les grosses claques sont malvenues!) et de jours en jours les renes s'allongent...

Miracle deux ans après notre première rencontre madame marche au pas! un peu saccadé encore, mais ce ne sera jamais son allure de prédilection...

 

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02 mai 2007

virage en douceur...

Moi qui n'est toujours juré que par le dressage académique, me voila tout de même bien désemparée avec ma jolie ibérique tout ce qu'il y a de moins académique!

Après de longues années à essayer de lui apprendre à marcher en ligne droite, s'arreter droit, repartir carré et j'en passe, il faut se rendre à l'évidence : premièrement, ça ne l'amuse pas du tout et du coup deuxièmement c'est un enfert pour lui apprendre les choses simples qui ne l'interressent pas!

Après de longues réflexions ( je n'ai jamais autant réfléchis qu'avec ce cheval!) je tire la conclusion suivante : Idanha à des qualité indéniables pour les airs touchant plutot à la haute école, les appuyers, le passage, le piaffer sont des airs qui lui donnent le moral!! Donc au lieu de m'acharner à tenter de lui apprendre des bases que de toute façon je n'exploiterai pas plus que ça ( je ne compte pas ressortir en dressage de si tot!) et bien je vais plutot m'investir dans la haute école! en s'amusant avec elle si possible!

Me voila donc partie dans ma nouvelle marotte, les bouquins, les conseils de ci de là sur internet, toutes les vidéos, reportages, spectacles... tout ce que je peux touver sur ces sujets, je dévorre, assimile, cogite et plannifie!

P7300055L'entousiasme de ce genre de chose, s'arrête généralement le premier jours, dans le manège, je regarde mon cheval dans les yeux et je me dit, mais par ou commencer? et comment faire? va t-elle comprendre quelque chose.... Allez cette fois il faut arrêter de cogiter et se lancer, nous travaillerons en jouant pour commencer et en liberté...

En tournant tout au jeux, avec énormément de patience, une bonne dose d'observation, et quelques kilos de carottes, les premiers résultats sont là... une jambette quel bonheur, on continue vers le pas espagnol, persévérence! Avec Idanha il ne faut rien précipiter sous peine de tout perdre...

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Le cerveau de mon cheval...

P7300132Après ces mois à observer, demander, récompenser, espérer, je commence à y voir plus clair dans l'adorable tête grise de ma monture!

Tout d'abbord, pour toute nouvelle chose que je souhaite lui apprendre, le mieux que j'aie trouvé pour Idanha est d'appliquer la technique de l'auteur de "l'apprentissage unifié", pour résumer, il s'agit de faire assimiler au cheval qu'une demande ( à la voix ou à l'aide de la badinne) implique de sa part une réaction qui sera par la suite récompensée ( caresses ou carottes!) Le tout étant d'intégrer le fait que, le cheval à besoin qu'on lui montre ou que l'on provoque la réponse attendue...

Pour une jambette par exemple, il faut donc tapotter à la badine ( moi je tapotte le coude) et si le cheval ne trouve pas comment répondre, lui prendre l'antérieur, le lever et le tendre puis caresser et récompenser... jusqu'à épuisement!!!

L'exercice est répété tous les jours, au bout d'une semaine, Idanha ne répondant toujours pas toute seule je finit par baisser les bras me décourager et faire autre chose.

La semaine suivante je me reprend en main, il faut que j'y arrive non de non! je tapotte le coude..... Miracle! pendant la semaine de repos il y a semble t-il des neuronnes qui se sont connectés et ma jument à compris la demande!

P1010349Cette expérience s'est vérifiée pour tout ce que je lui ai appris, une a deux semaine de travail et de demande répétées, une semaine de pause et hop, la semaine suivante ça marche!!!

La suite logique c'est que mon cheval ayant gardé l'esprit d'un enfant taquin, elle est très heureuse de me montrer ce qu'elle sait faire pendant une à deux semaines, puis d'un coup, ça ne l'amuse plus! madame n'a plus envie et régresse! encore un coup, persévérence et patience et l'exercice est définitivement assimilé!

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04 mai 2007

De la liberté

J'aime pardessus tout jouer avec Idanha en liberté. Inlassablement, toujours le même rituel, je lache miss Danha qui bouillonne d'impatience et c'est partit... Elle hésite, sauter en l'air? partir ventre à terre? non il y a plus urgent : se rouler...

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Sans tellement prendre le temps de chercher l'endroit idéal, elle plie les genoux et se roule de tout son long, on frotte bien sur le dos, des fois qu'il reste encore des poils blancs... et la grande particularité d'Idanha, au lieux de rouler jusqu'à atterrir de l'autre coté, il est plus distinguée pour mademoiselle de remonter son joli popotin tout en gardant les genoux au sol et de se laisser retomber avec délicatesse de l'autre coté! on est une dame ou on ne l'est pas!

IMG_1622Une fois la totalité de son joli poil gris recouvert de poussière, madame est heureuse, alors elle se relève et c'est partit! L'oeil pétillant, l'encolure enroulée, elle démarre sans crier gare, ventre à terre à travers le manège, à la dernière minute, je blêmît, comme toujours elle fonce droit sur le parre botte et dans un saut de cabris fais demi tour au fond en secouant la tête comme pour dire viens jouer avec moi, elle m'appelle et m'attend... je fonce sur elle, elle m'attend puis à la dernière minute, tel le cheval de rejon, esquive, les antérieurs écartés, démarre dans une jolie cabriole, la tête tournée vers moi, elle pousse ce petit cri strident que j'adore et galope toujours plus vite... Par fierté d'Ibérique, une ou deux longueurs au trot en ronflant la queue sur le dos, s'imposent... dans tous ces jeux, elle ne me quitte jamais des yeux...

Lorsqu'elle finit par revenir vers moi, les flancs encore palpitants, les naseaux grands ouverts, elle est redevenue la gentille Idanha calme et paisible, c'est l'heure des câlins, elle souffle dans mes cheveux, vient appuyer tendrement son nez contre moi , et la voila collée à moi, elle me suit en volte, en huit, elle ne me lache pas....

Elle est incroyable cette petite jument qui me suit partout comme mon ombre, la tête basse, l'oeil serein, c'est mon double... Comme les enfants elle attend que je lui invente un nouveau jeu, elle attend que j'invente la suite de l'histoire...

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05 mai 2007

le cabré, cas de conscience...

C'est en jouant avec Idanha en liberté que je me suis aperçu que mademoiselle se cabrait de temps à autre... A chaque fois elle avait réalisé un beau cabré très haut et très droit et chaque fois qu'elle touchait terre, j'essayai de m'approcher pour la caresser pour voir si le calme revenait immédiatement, bien sur aucun soucis de ce coté, la demoiselle paraissait même un peu confuse d'avoir fait ça et se demandais si elle n'allait pas se faire enguirlander!

J'ai longtemps réfléchis sur le cabré, même en étant amateur et novice en matière de dressage de spectacle, je sais que le cabré est un exercice que l'on apprend rarement à un cheval sous peine de le voir se retourner contre le cavalier, on peut jouer avec un animal de 500kg, mais il ne faut pas jouer avec le feu... J'écartais donc le cabré pour l'instant.

Mon esprit toujours occupé à penser à ma chère Idanha, je sondais tout de même le caractère de mademoiselle, pour compter les points. Jamais il est vrai elle n'a fait quoi que ce soit contre son cavalier, malgré parfois des séances difficiles, jamais une ruade, jamais un écart, jamais rien de vraiment vicieux. En cela je me dis donc que le cabré ne devrait pas devenir une défense pour elle... Elle peut se montrer têtue, elle à également le défaut de vouloir tellement bien faire qu'elle anticipe souvent les demandes, et cela risque de poser problème... Confrontant toutes ces réflexions durant des semaines, j'en arrivais alors à la conclusion que je pourrais déjà essayer de le réaliser en liberté et sur demande...

Ma décision prise, il restait encore une autre chose à élucider... Comment lui apprendre le cabré! Cette fois je ne pouvais pas compter sur mes bibles, Mario Luraschi comme Rosario Consentino s'accordaient sur le fait que le cabré était dangereux et que les dresseurs en herbe ne devaient pas s'y adonner... Aucun autre renseignements, j'allais devoir composer seule...

Je ne sais pas si les non-initiés de l'équitation ont une idée de combien un cavalier peut cogiter jour et nuit, à cheval comme à pied, éveillé comme endormis, c'est un foisonnement d'idées, d'hypothèses, de rêves, de contradictions... Tout cela bouillonne et il est difficile de partager toutes ces préoccupations obsédantes...

A cours d'idées et épuisée par la confrontation de toutes les suppositions possibles ou envisageable, je me rendais donc voir l'objet de mes pensées en me disant finalement qu'il faudrait improviser et composer avec la demoiselle.

Comme toujours lorsque j'aborde un nouvel exercice, je m'isolais dans le petit manège de liberté, Idanha en filet simple et longe. Après une petite détente, je me dis aujourd'hui est le jour idéal, Idanha est en pleine forme, je la sens bondissante et joueuse... Je lui demande alors à partir de son cercle de venir me foncer dessus, c'est quelque chose que je peux demander à ma jument, elle me respecte et fais toujours attention à moi. Après plusieurs essais elle finit par comprendre qu'il s'agit d'un jeu, qu'elle ne se fera pas réprimander et se décide à me foncer dessus joyeusement... C'est là que les choses se corsent, pas très sure de moi, je me dis pourtant que je ne dois pas perdre mon aplomb devant la belle, un peu impressionnée je lève donc les bras et la badine lorsqu'elle arrive à quelques centimètres de moi, la réaction est immédiate, surprise et un peu décontenancée, elle reporte son poids sur les postérieurs et se faisant décolle son avant main de quelques centimètres du sol... Immédiatement elle s'arrête et me regarde, craintive, se demandant s'il s'agissait d'un jeu, ou si elle allait se faire réprimander... Je lache tout, attrape une carotte dans ma poche et je fond sur elle en la couvrant d'éloges et de caresses... Je sens les petits engrenages dans sa tête qui se mettent en action!

Galvanisée par ce premier essais, je retente l'exploit tout en me disant que j'aurais peut être mieux fait de la laisser assimiler et d'y revenir le lendemain... Qu'à cela ne tienne je suis lancée, il faut que j'en aie le coeur net! A la seconde fois, Danha ne se laisse plus surprendre et tente de s'échapper... Flûte! on recommence, la demoiselle chauffe, je la rassure, et à nouveau lui demande de me foncer dessus... Et là, quel bonheur, elle se cabre de toute sa hauteur devant moi... Instant de grâce, Idanha debout à quelques centimètres de moi, le temps semble s'être arrêté... que c'est beau, j'en ai des frissons... Doucement, elle retombe sur ses antérieurs et me regarde fièrement, un "c'est bien ça que tu voulais?" se lit dans son oeil, je me pend à son cou et vide ma réserve de carottes! Mon cheval est fantastique! que dire de plus! 

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le cabré...maintenant il faut assumer

Les semaines suivantes, nous avons bien entendu continué à travailler le cabré, il s'avère en fait que Idanha est non seulement douée pour cet air, mais qui plus est, qu'elle adore ça. En fait le revers de la médaille est qu'elle aime tellement se cabrer qu'elle finit par ne plus faire que cela en liberté... Bien fait pour moi évidemment! A force de la récompenser sans cesse, elle en est arrivée à quémander une carotte en se cabrant... c'est drôle mais un peu gênant tout de même!

Voila donc un nouveau cas de conscience ( tiens il y avait longtemps!), il va falloir que je me fâche un peu... Le problème est qu'en ce faisant je risque de tout perdre. A tout prendre il vaut tout de même mieux s'assurer que l'on maîtrise ce genre de choses que de les subir, tant pis je prend le risque et m'applique donc à sévir pour tout cabré spontané et à ne récompenser que ceux demandés... En réalité j'ai sous estimé l'intelligence et la ruse de la belle qui avait très bien compris qu'il ne fallait se cabrer que sur un ordre précis, elle voulais juste s'assurer que moi aussi je l'avais compris!

Me voila donc avec mon génial petit clown se cabrant sur un simple "Hop", c'est tout de même plus sérieux!P1010663

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Mon royaume pour mon cheval et mon manège !

PICT4390Je suis bien dans mon manège !

Je suis incorrigible,  un vrai rat de manège, j’avoue et j’assume. Rien n’est plus agréable pour moi que de pénétrer dans la pénombre du manège, ce doux cocon silencieux et propice au travail, quelques rayons de soleil viennent traverser l’air chargé de poussière.

Les sorties en foret ou en carrière sont des choses que je m’oblige à faire pour le bien être de ma jolie Danha, mais rien au monde ne peut remplacer les moments de bonheur passés dans le manège.

Bien à l’abri entre nos quatre murs, Idanha se concentre sur moi et je me concentre sur elle, nous somme ensemble, muscles et cerveaux intimement liés nous essayons de nous coordonner, je demande, elle propose, nous tombons d’accord, je caresse, elle est fière d’avoir réussis.. Je ne connais pas d’autre cheval si pressé de bien faire, après avoir longtemps cherché la bagarre elle ne veux plus que me faire plaisir si tant est que je me préoccupe de lui faire plaisir en retour…

Nous partageons ces moments dans notre manège, au calme, loin de l’agitation, des bruits, il n’y a rien d’austère en cela ce n’est rien d’autre que du minimalisme pour arriver à l’essentiel. Nous travaillons, quelques épaules en dedans par ci, quelques appuyers par là, une petite récréation, nous nous détendons, je souris, elle fait le clown et accélère son trot comme un trotteur à Vincennes, elle lance ses antérieurs loin devant, elle plane et moi je ris ! Puis nous reprenons le travail religieusement pour enfin finir par ce que préfère mademoiselle, les clowneries comme je les appelle… C’est à la fin de la séance que je travaille en selle tout ce que nous avons déjà vu à pied, Idanha en garde immanquablement un souvenir excellent puisque c’est le temps des carottes facilement gagnées, des caresses, des encouragements, des clowneries et bien sur cela marque la fin du travail !

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08 mai 2007

le cabré...monté

Une fois le cabré en liberté bien assimilé, mon esprit s'était remis à gamberger... Et si je tentais de la faire cabré quand elle est montée? une fois de plus je pesais le pour et le contre et une fois de plus j'arrivais à la conclusion certaine que ma demoiselle n'aurait même pas idée de s'en servir comme défense tant que je continuerai à lui apprendre tout cela comme un jeu.

Mais voila une fois de plus, comment s'y prendre? Je tentais plusieurs méthodes, moi monté, Didier se plaçait devant elle et levait les bras en disant hop... et hop rien du tout, la demoiselle restait solidement clouée au sol, se disant probablement que se mettre debout avec moi sur le dos n'était pas du tout une bonne idée! Il faut dire que dans les nombreuses particularités d'Idanha, il y a cette vexation suprème de voir tomber son cavalier, elle ne supporte pas ça! les rares fois ou l'un de nous s'est retrouvé en position délicate, elle nous a toujours rattrapé!

Bref voila une jolie qualité de ma demoiselle qui pour cette fois là ne faisait pas mon affaire! Après plusieurs tentatives j'en venait à la conclusion que nous n'y arriverions pas, et qu'il vallait donc mieux passer à autre chose...

Une semaine plus tard alors que je finissais une séance de travail dans le manège, je papottais avec une cavalière qui me confiais que son cheval était terrorisé par la badinne; je lui expliquais qu'idanha avait eu le même problème et qu'avec de la patience nous étions arrivé à lui faire passer cette peur... Pour illustrer ce que je disais, j'arrête la jument et je fais "siffler" la badine au dessus de ces oreilles (ce qui normalement ne provoque aucune réaction), et à cet instant voila ma 'Danha qui se met gentillement debout!

Je vois la tête totalement interloqué de la cavalière qui remonte sur ses renes de peur que son cheval n'en fasse autant, et encore plus étonnée de me voir me jetter au cou de ma jument en riant et caressant!

Et voila comment Idanha à appris le cabré monté!! Il fallait juste trouver où était le bouton!

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09 mai 2007

Enfin on y est!

_MG_4246Voila, depuis un an et demi que je me suis lancée dans le dressage de spectacle, je ne rêve que d'une chose: avoir l'opportunité de travailler ma jument avec un professionel, un vrai!

Aujourd'hui mon rêve prend forme, après toute cette patience et toute cette impatience, c'est aujourd'hui que j'emmenais miss Danha à Rosny sous Bois dans l'écurie de Jean-Pierre Suchet.

Nous n'aurons pas beaucoup de temps, une semaine, peut etre plus, alors croyez moi on va en profiter!

C'est donc aujourd'hui que je fais chausser à ma demoiselle ses protections de transport, elle me regarde un peu méfiante, d'habitude je ne la transporte que pour aller au pré et je crois qu'elle sens bien qu'on ne part pas en vacances!

Après un voyage un peu stressant derrière le van à regarder la croupe de ma jument tressaillir de stress et se couvrir de transpiration, enfin ça y est nous arrivons! Débarquement dans la cours, Danha lève la tête et scrute, elle hume l'air et s'assure que maman et papa sont bien là! Ok ils ne m'ont pas vendu, je peux respirer!

Le défilé de la demoiselle dans l'écurie remplie d'entiers vaut le coup d'oeil, elle a beau etre trempée de stress, elle roule des mécaniques et jette des oeillades aguicheuses aux beaux garçons qui la regardent! Il y a tout se qu'on aime, les lusitaniens, des espagnols, des frisons...

La demoiselle s'installe donc dans sa nouvelle chambre, papa et maman sont là, ça va elle mange un peu et se détend.

Après un peu de repos, voila le moment de vérité, il est temps de présenter la belle à M. Suchet, nous avons un peu le trac mais je compte sur la jolie Danha pour faire une belle impression... En route vers le rond de longe en licol, nous ne feront pas grand chose, juste se dégourdir un peu les gambettes, le maître marche derrière avec Didier et ponctue simplement le défilé d'un "elle marche un peu en canard"! Et oui le pas de Danha n'est pas extrordinaire, c'est bien ce qui m'avait déplu le premier jour de notre rencontre! Qu'à cela ne tienne, il aura surement la même surprise que moi...

P1010648Je lache donc la bête dans le rond de longe, le temps de fermer la porte et d'attraper une chambrière elle se roule déjà par terre! C'est bon signe, elle se sens plutot bien! une fois debout, elle me regarde, maman est là ok! Il est temps de sortir son plus bel atout, ma demoiselle tombe le masque, elle prend son trot le plus flambeur sous les yeux de son père et du maître, le trot de démonstration, elle plane nez au vent, les regarde droit dans les yeux en passant devant, "alors??" leur lance t-elle! Alors, le maître à l'air surpris, il me confie "elle à de belles allures..." et voila miss Danha aura encore fait un surpris, et je le savoure d'autant plus que c'est exactement la même surprise que j'ai eu il y a quelques années de cela...

En toute simplicité, je me dis que nous allons nous mettre à nu toute les deux, il n'y a pas de représentation à faire, nous sommes juste là pour être confrontée à l'avis d'un profesionnel, advienne que pourra... Sans savoir si je vais réèllement réussir à captiver l'attention de ma belle dans cet environnement nouveau, je l'appelle, elle stoppe net et me regarde, voila c'est gagné.

Nous montrons quelques une de nos clowneries, quelques cabrés, une jambette par ci, un antérieur croisé par là... et déjà  le maître entre dans l'arène pour philosopher, je recule d'un pas et le laisse s'approcher de la belle, un peu anxieuse car mademoiselle ne se livre pas facilement à un inconnu... Le charisme et le calme de M. Suchet ne lui laisse même pas une ombre d'inquiétude ou de doute, tout en parlant avec moi, il tapotte de ci de là l'air de rien et la demoiselle lui sors son répertoire, il la sonde tranquillement et ce que j'espérai depuis des mois se passe, il est interréssé par ma jolie demoiselle. Nous ne lui en demanderons pas plus, alors que nous continuons de discuter de la façon de demander les choses avec légèreté et en se contentant de peu de progrès mais de progrès tout de même, pendant se temps, la bête se retire et retourne se rouler pour bien nous signifier que ce sera tout pour aujourd'hui.

Mon cheval est fantastique, je ne cesserai de le répeter! 

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11 mai 2007

première journée...rien!

Pour la première vrai journée dans l'écurie de spectacle, rien de vraiment nouveau, nous laissons une journée à la demoiselle pour s'habituer aux installations, aux poneys qui broutent en liberté un peu partout et aux beaux entiers qui l'entourent!

A midi, lorsque j’arrive devant son box, elle sors la tête et me regarde avec ses petits yeux brillants, j’ouvre la porte et elle se jette littéralement dans mes bras ! Peut-être a t-elle cru que nous l’avions abandonnée !

Aujourd’hui, petite sortie en extérieur avec les beaux ibériques... Pour commencer une détente dans le manège s’impose, apparemment mademoiselle s'est plutôt bien remise du voyage! Trotinante et ronflante miss danha s'habitue à ce nouveau manège plus petit et au sol beaucoup plus profond que ce à quoi elle est habituée. Elle garde les entiers à l’œil.

Puis nous voila partis en file indienne Idanha fermant la marche bien entendu! Partir ainsi les uns à la suite des autres me rappelle bizarrement mes années clubs ; pour Idanha par contre ça ne lui rappelle rien et qui plus est ça ne lui plait pas du tout de devoir rester bonne dernière !

Demoiselle tire et chauffe pendant le quart d’heure de trotting que nous faisons, heureusement tout le monde finit par s’arrêter devant une longue allée, il est temps pour moi, je commençais à ne plus sentir mes bras ! Je caresse demoiselle pour l’apaiser, elle est totalement trempée…

La longue allée se finit par un large cul de sac entouré de bosquets, les cascadeurs qui m’entourent s’y entraînent pour la voltige en ligne… A tour de rôle ils exécutent donc des aller retours au grand galop… Je sens ma demoiselle chauffer, piaffer, elle les regardent faire et ça l’énerve !

Le sol étant très dur pour les pieds fragiles et déferrés de Danha, nous ne participerons pas ; de plus, dans l’état d’excitation où elle se trouve, je ne suis pas vraiment sure que je réussirai à l’arrêter !

Nous rentrons donc, Idanha retourne quelques minutes au manège pour remettre les choses dans le calme, reprendre un contact plus souple avec sa bouche, se détendre un peu.

Je retourne le soir voir ma demoiselle, cette fois ci ce sera le rond de longe, je la crois calme après la séance de midi et je me dis qu’on va pouvoir travailler un peu, mais c’est sans compter sur sa ressource inépuisable ! Elle tourne au grand trot, enchaîne les demi-tours cabrés, repars ventre à terre au galop, les yeux rivés sur l’extérieurs elle essaye d’impressionner quelqu’un c’est sur ! Tout cela est très joli et tout le monde est en admiration devant les allures et la souplesse de la bête, mais il est impossible de l’amener au travail calmement, ma jument vient de se transformer en adolescente hystérique, uniquement préoccupée par les garçons et incapable de se concentrer sur quoi que ce soit d’autre !

Tant pis, il faudra être patient et remettre à demain, je suis un peu déçue c’est vrai, mais en même temps je sais pertinemment que ce genre de travail ne peut se faire dans la précipitation et que pardessus tout c’est un travail que nous allons devoir faire ensemble; miss Danha va devoir se montrer un peu plus disponible ! Je rentre donc, un peu déçue après l'euphorie de la veille, demain sera un autre jour... enfin j'espère!

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12 mai 2007

Deuxième jour : Evaluation

Pour ce deuxième jour, l'objectif sera de dresser une évaluation de la jument au travail, cela tombe bien il y a une reprise de dressage ce soir; M. Suchet en professionnel, n'envisage pas de commencer à faire travailler un cheval sans avoir fait un bilan de ses capacités, de ses qualités et surtout de ses défauts ou faiblesses... En fonction des capacité physique d'un cheval, il sait vers quels exercices il pourra l'emmener sans risquer la rupture, la douleur et l'échec. Pour moi cela demande encore un jour de patience, mais j'ai ainsi la garantie que mon cheval ne risquera rien et surtout la garantie que je peux me remettre entre les mains de cet homme sans crainte pour ma jolie Danha.

Pour aujourd'hui ce sera donc une journée de découvertes en tout genre pour mademoiselle, tout d'abord la découverte de la gentes Shetland! Alors que je fais son pansage dans le box ( dans une écurie d'entiers il n'est pas recommander de faire autrement!) la porte ouverte simplement barrée par une longe, Nikita une demoiselle shetland qui se promène toujours en liberté dans les écuries, fais son apparition dans la cours sous les hennissements des entiers... Elle vient en reconnaissance, s'approche doucement du box sur ses petits sabots et regarde Idanha derrière sa longue frange. Idanha n'a jamais vu de Shetland de près, prudente elle s'avance et tend l'encolure vers ce drôle de cheval miniature; je me méfie, elle n'est pas toujours très aimable avec les chevaux... Puis soudain, elle se fait peur toute seule et dans un cri strident se jette au fond de son box en ronflant! Elle me regarde l'air de dire, débarrasse moi de cette chose, j'ai peur!

Je la laisse revenir, gagnée par la curiosité, Nikita mâchonne un brin de paille devant le box pour signifier à la grande froussarde qu'il n'y a rien à craindre, miss Danha se calme et fais alors connaissance dans le calme, elles se sentent, Danha va même jusqu'à lui gratouiller la crinière, et je reprend mon pansage.

Je me met à cheval avant tout le monde, je préfère débuter seule dans le calme, mademoiselle voit ainsi les chevaux rentrer un par un et ne s'en effarouche pas, pour aujourd'hui elle semble calme, elle peine un peu à marcher sur le sol un peu profond. Le défilé des chevaux qui entrent dans le manège commence, un petit entier espagnol bai brun, un magnifique Frison à la démarche majestueuse, un joli lusitanien gris souris, un petit hongre alezan brûlé et une autre jument lusitanienne.

Idanha, n'a jamais travaillé en reprise et je me demande comment elle va prendre la chose! Après une détente individuelle, le travail commence, rassembler progressivement les chevaux dans la légèreté, transitions d'allures et d'allongement... Mademoiselle a vite compris et se met au travail dans une décontraction que je ne lui connais pas souvent, elle se pose délicatement sur ma main et se tend un peu mieux... J'ai du mal à le croire, apparemment le travail en reprise au lieu de l'énerver l'a apaisée, décidemment je ne suis jamais au bout de mes surprises avec cette jument!

Le travail se poursuit donc ainsi, M. Suchet dirige tout cela dans le calme, il prône une monte légère, sans actions fortes mais avec de la rigueur pour chaque exercice demandé... Aucun de ces cavaliers n'a chaussé d'éperon et les chevaux ne s'en portent que mieux! Après une belle séance d'une heure durant laquelle Idanha s'est montrée disponible et calme, nous finissons par une promenade dans les rues du quartier, marcher sur le bitume après une séance dans un sol un peu profond raffermit un peu les tendons et détend les esprits!

De retour aux écuries, après un bon pansage, une grosse livrée de foin et une ration améliorée à la compote et aux carottes, je laisse ma demoiselle à son repas et m'en remet au diagnostic du maître. Il a pu évaluer un peu mieux la jument, ses réactions, ses aptitudes naturelles... La seule chose qui le chagrine est celle là même  que j'avais jugée rédhibitoires lors de ma première rencontre avec miss Danha, une certaine faiblesse dans ses postérieurs. Tant qu'elle n'est pas suffisamment échauffée, elle répugne à s'en servir réellement et M. Suchet craint que cela ne la gène pour certains exercices dans lesquels les jarrets sont sollicités... Nous aviserons donc et nous en tiendront à ce qui ne risque pas de la blesser...

Je repars légère et sereine, culpabilisant un peu de mon impatience de la veille, demain nous travaillerons en tête à tête afin de rentrer un peu plus dans le vif du sujet...

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13 mai 2007

et c'est partit!

Voila aujourd'hui notre première vraie séance de travail, avant tout c'est à moi de travailler et de me remettre en question... Mon égo est bien rangé dans ma boite de pansage, j'emmène la demoiselle pour la monter dans le rond de longe.

P1010798Toute ma position est à revoir, à force de vouloir protéger mon dos et mes cervicales, je me suis voutée et crispée... Sans m'occuper de la mise en place de miss Danha, c'est donc moi qui me remet à ma place, bien assise dans ma selle, les épaules en arrière, ça tire de partout mais au final je suis bien! Je finis même par constater que dès lors que j'ai repris une position plus confortable la demoiselle s'est elle aussi détendue, posée sur son mors, à relaché sa nuque et trotte tranquillement en donnant déjà un peu mieux son dos...

Pour continuer dans la légèreté, nous travaillons les transitions à l'assiette et je réapprend à ne presque plus me servir de mes mains, demoiselle est très attentive et répond à mes demandes. Le travail dans le rond de longe est fantastique pour cela, il n'y a pas de coins dans lesquels elle peu se tortiller, pas de longue lignes droite dans lesquelles se précipiter. Au bout d'une demie heure, nous voila donc détendue toute les deux, je me sens incroyablement bien, il y avait longtemps que je n'avais pas eu cette sensation de faire totalement corps avec ma demoiselle.

Voila déjà un bon programme de travail pour l'avenir, pour moi le travail de la position qui me demande d'aller contre ma crainte instinctive de me faire mal et pour miss Danha, des assouplissements sur les cercles, épaules en dedans et contre épaules en dedans.

Nous voila prêtes à attaquer le reste, le pas espagnol tout d'abbord, Idanha n'engage pas suffisamment ses postérieurs pour le faire correctement et du coup elle ne peut monter ses antérieurs plus haut... M. Suchet m'explique alors qu'il faut reprendre le travail à pied, il faut l'amener avant tout à engager beaucoup plus ses postérieurs en les sollicitants quand nécessaire avec la badine et déjà Idanha se cadence mieux et monte son dos. Le maître est surpris de l'application et de la bonne volontée de son élève! Il n'y a pas à dire elle adore nous faire plaisir et ça se voit! Comme il travaille très peu les juments pour leur caractère un peu...aléatoire, il a l'air agréablement surpris de voir cette petite jument s'appliquer autant!

Depuis que nous sommes arrivés là bas, j'ai la bizarre impression que la demoiselle sait pourquoi elle est là, d'ordinaire elle ne donne ces airs que sur demande, or depuis que nous sommes là elle a tendance à réaliser quelques clowneries sans que je lui aie demandé quoi que ce soit! De la jambette majestueuse alors que je travaille l'arret et l'immobilité, au joyeux petit cabré face au maître alors qu'on ne lui a rien demandé! A croire qu'elle aussi est pressée de montrer ce qu'elle sait faire!

r_v_rencepttNous finissons par quelques manipulations pour aller plus tard vers la vraie révérence ( et pas la galipette d'amateur à la carotte !) et bien sur le couché. Encore des exercices à travailler pour nous, Idanha doit se laisser manipuler tranquillement et en toute confiance...

Voila une bonne séance réalisée, M. Suchet voulait aujourd'hui tester les réactions de la demoiselle, il a l'air assez content du résultat, par la suite nous nous en tiendrons à travailler un seul exercice pour ne pas embrouiller tout, et par séances très courtes...

Nous rentrons la demoiselle au box, elle est récompensée par une petite ration d'avoine ( suis pas sure que ça soit une super bonne idée pour demain ça!! ) sur laquelle elle se jette tout de même avec bonheur!

Le séjour risque de se prolonger un peu car il serait dommage de partir à la fin de la semaine puisque nous avons à peine débuter les exercices préparatoires...

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14 mai 2007

j'en bave mais c'est trop bon!

n_b

Réveil courbaturée ce matin, qui a dit que l'équitation n'était pas un sport?!

Une nouvelle séance de travail aujourd'hui dans le rond de longe et honnêtement j'en bave!

Aujourd'hui changement de mors, le goyo droit ne plait pas au maître et il est vrai qu'Idanha en a toujours une certaine apréhension sitôt qu'on y touche un peu trop fort, pour aujourd'hui nous essayerons donc le Pelham à canons brisés et je suis bien décidée à redescendre progressivement sur des mors encore plus légers ( enfin pour le travail en manège en tout cas!)

M. Suchet ne me lache pas sur ma position, ça commence à venir un peu plus naturellement mais sa présence est encore indispensable pour me rattraper au moindre écart! Le résultat sur Idanha est réellement flagrant, elle se cale mieux, monte progressivement son dos et se déplace avec calme.

Gros travail d'incurvation au programme ce qui n'est pas du tout le point fort de mademoiselle, tout en vibrations sur la rêne intérieure, à l'aide du poid du corps et d'un léger placement des aides, ça ne lui pose finalement aucun problème, même à gauche où elle est d'ordinaire si raide ( à moins que ça ne soit moi?!), M. Suchet au milieu nous apaise, nous calme toute les deux, et quel bonheur de travailler avec tant de légèreté, pas de contrainte pas de résistance, j'indique les choses justes et miss Danha fait les choses justes... Nous travailllons à partir du grand cercle et le réduisons en spirale jusqu'à un petit cercle de 2 mêtres puis progresivement retour sur le grand cercle, un exercice qui n'a l'air de rien mais qui se révèle redoutable pour ma Miss Péniche qui adore virevolter en chassant les hanches!

Voila encore de quoi travailler pour plus tard! Dans cet exercice, je réalise une chose, ammener la jument vers le centre demande quelques efforts et me prend 3 tours alors que la laisser repartir vers l'extérieur du cercle est plus aisé et ne prend qu'un tour... Voila tout le problème, l'exercice est raté, il faut l'amener en trois tours et la faire revenir en autant de temps... En réalité, à l'aller je demande alors qu'au retour je permet... C'est une chose que je n'ai pas l'impression d'avoir déjà faite à cheval, d'ordinaire on demande un travail et on permet une détente ou une récompense, là en réalité les choses sont autrement, je demande un exercice et ensuite je permet un autre exercice, du coup le cheval devient le moteur de son travail et voit les choses d'une autre façon...

Puis les transitions sans mains juste à l'assiette qui me demandent tant de concentration, d'ici quelques semaines le geste sera devenu naturel, mais pour l'instant il me demande beaucoup de maitrise de moi et un effort supplémentaires. Petite facécie de la demoiselle alors que je lui demande un reculé, elle est tellement pressée de montrer ce qu'elle sait faire qu'elle feint de mélanger les ordres et se cabre magistralement! je lui râle dessus, vite reprise à l'ordre par le maître, il ne faut pas crier, il faut remettre en avant... un petit tour au galop et tout rentre dans l'ordre...

Lors du travail de transition trot-galop-trot, je cadence en douceur la jument vers le petit trot rassemblé, je vois M. Suchet la regarde avec interet... J'ai oublié de lui dire qu'elle ne demande qu'à piaffer! alors pour finir la séance montée, nous travaillons le rassemblé toujours dans la légèreté, quelques foulées de piaffer puis remise en avant au trot moyen... Tout se passe à merveille mistinguette ne se durcit pas, ne chauffe pas, bref elle travaille vraimment!

Nous achevons donc là dessus, je laisse les renes à mademoiselle qui vient immédiatement se coller contre le maître, c'est drole, d'ordianaire elle ne fait ça qu'avec des gens proches d'elle... Elle a confiance en lui et nous en profitons pour conclure par une petite progression dans le dressage à terre, le campo, hier M. Suchet lui avait fait avancer les antérieurs de quelques centimètre et rester ainsi, aujourd'hui il lui demande un pas de plus, je récompense et nous la laissons là dessus, la progression doit être lente et toujours récompensée...

Finalement j'ai voulu faire vite ces deux dernières années, j'ai toujours été plus ou moins coupable d'impatience et je n'ai pas obtenu de résultats aussi nets qu'en quelques jours de patience à se contenter de peu mais de quelque chose tout de même...

C'est officiel l'équitation est un sport cérébral!!

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17 mai 2007

Révisions et exercices

P1000602Ces deux derniers jours, le maître n'a pu s'occuper de nous, qu'à cela ne tienne nous avions déjà bien assez à assimiler toutes les deux! nous nous sommes donc offert deux jours de révisions et détente!

Mardi je me suis mise à cheval franchement perclue de courbatures et contractures, j'imagine de ma miss devait être un peu dans le même état! donc nous avons repris les choses en douceur, longtemps au pas, on recommence tous les exercices un par un, j'essaye de m'imposer la rigueur nécessaire pour lutter contre mon inconscient un peu plus flegmatique qui me suggère parfois de remettre à demain un exercice qui a du mal à passer! Cette fois ci je me pousse et me motive et à force de persévérance et de douceur, les progrès arrivent. Ma demoiselle commence à s'assouplir et à moins craindre les incurvations et les plis que je lui demande, au simple contact de mes mollets elle s'engage ou s'incurve, elle me dispense même de beaux arrets sans se rouvrir et repars l'encolure souple... Pour aujourd'hui la révision est satisfaisante, ma demoiselle à gagné sa liberté! je défait la sangle, ote la selle de son dos humide, ote le filet... Et voila ma jolie jument qui se roule à mes pieds! Auparavant elle s'éloignait toujours un peu de moi, mais depuis que nous sommes là elle se roule vraimment contre moi, j'en profite pour m'approcher et m'accroupir près de sa tête, ça ne lui fait pas peur, mais de toute façon elle est tellement concentrée sur son oeuvre!

Nous jouons un peu ensemble dans le manège puis je la ramène pour une bonne heure de pansage!

Le lendemain je m'en tient à une séance de longe pour revoir un peu ma belle se déplacer, aucun problèmes de secoté là, ses allures sont légères et déliées, elle trotte dans cette cadence qui me berce et me fais rêver. Toujours facétieuse, elle cherche avant tout à jouer, mais pour l'heure il faut travailler un peu. Je marche avec elle à la piste pour revoir un peu le pas espagnol, elle semble plus en équilibre sur ses postérieurs et marche le pas espagnol gracieusement...

_MG_4266Puis je ne peux résister, je n'avais pourtant pas envie de monter aujourd'hui, mais je finis par me hisser sur son dos, sans rennes et sans selle... Tranquillement au pas, je me concentre sur les mouvements de son dos, du moindre de ses muscles, je trouve ma place et commence à demander des arrets à l'assiette. Sans selle, il est beaucoup plus aisé de sentir l'action juste, je mémorise les sensations et caresse ma belle. Nous continuons par quelques changements de direction, simplement en tournant les épaules et en reportant mon poids de coté elle tourne tranquillement, me corrige parfois lorsque j'oublie de me rasseoir correctement, elle entamme alors des pirouettes sans fin, jusqu'à ce que je comprenne mon erreur et renvoie la belle en avant et droit d'un mouvement de bassin...

Pour finir je rejoins à regret la terre ferme et reprend l'exercice du campo, Idanha n'a pas oublié quoi que ce soit et me gratifie même d'un pas en avant supplémentaire, je caresse et recule doucement, elle reste ainsi campée à me regarder. Pour aujourd'hui ce sera plus que satisfaisant, de retour au box je lui donne sa récompense qu'elle semble tant apprécier, un peu d'avoine et un kilo de carottes!

Demain nous retravaillons avec le maître, je lui confierai ensuite ma demoiselle pour le week end, étant prise par mon exposition. J'espère que tout se déroulera bien, je fais confiance à l'un comme à l'autre mais tout de même, ce n'est pas facile de confier sa merveille!!

 

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19 mai 2007

dernier cours de la semaine

Dernier cours avant un long week-end loin de ma jument, lorsque l’on a des passions dévorantes il faut savoir sacrifier à l’une comme à l’autre, pour ce week-end, ce sera donc la peinture.

Mais pour l’heure nous retournons dans notre petite bulle, sur la piste du rond de travail, nous retrouvons le maître, à nouveau il faut replacer ma position, cela se fait déjà plus naturellement depuis la séance à cru. La jument se pose sur son mors, aujourd’hui un verdun avec un jouet en cuivre, elle a l’air d’apprécier cet allègement et le confort des canons plus épais…

Nous reprenons les exercices de spirale, en y ajoutant cette fois des transitions vers l’arrêt ou vers le trot, les démarrages se font un peu en dérapage, mais il faut respecter le principe de toujours demander un peu plus au cheval au fur et à mesure des séances, sans cela le cheval s’ennuie et ne se concentre plus sur son travail…

La séance se passe à merveille et je commence à être fière de nous ! Je cesse petit à petit de reporter mon poids en avant et du coup ma belle Danha se fixe et reste posée sur son mors en confiance dans le mouvement en avant comme dans les arrêts.

Tout devient désormais possible, Idanha marche d’elle-même au pas d’école, je la soupçonne de volontairement flamber devant le maître ! Et ma fois ce dernier à l’air d’apprécier les facéties de la belle !

Pour l’instant nous ne touchons pas aux airs de spectacle, il ne faut pas tout mélanger et les séances demandent déjà beaucoup à la belle, les efforts physiques tant que les efforts de concentration l’épuisent littéralement.

Nous finissons donc par un pas de plus vers le campo à pied, Danha s’étend et reste ainsi à scruter pour savoir qui donnera la première carotte !

Voila je rentre ma belle à son box et la laisse donc pour les trois prochains jours aux mains du maître…

Je lui fais parfaitement confiance pour s’occuper de ma précieuse jument, mais la confiance n’exclue malheureusement pas les angoisses presque maternelles que j’éprouve à ne pas être là…

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22 mai 2007

Le lundi c'est dur!

P1000799Drole de reprise ce lundi, passer du jour au lendemain de la peinture au bureau, ça n'est pas si facile de changer de casquette au pied levé!

Enfin il faut bien s'y remettre en cette morne journée grise et froide, je suis courbaturée de partout, le cou raidis par la fatigue, vidée par ce long week end d'exposition et un peu déboussolée... La journée s'annonce glauque, le moral est en berne, je ne veux qu'une chose, rentrer, m'enfermer, me coucher, me cacher, ne plus voir personne, ne plus rien entendre, ne plus rien lire, ne plus rien dire...

On ne fait pas toujours ce qu'on veux, non seulement j'ai une journée de travail chargée de rendez vous, mais en plus, ce soir le maître m'attend pour la reprise! J'ai déjà du mal à tenir mon dos droit sur ma chaise, alors je ne meurs vraiment pas d'envie d'aller monter... La journée s'étire et je me traine, quand arrive l'heure d'aller rejoindre ma belle Danha, c'est à reculons que j'y vais, elle ne m'a presque pas vu depuis trois jours, la reprise risque d'être sportive!

La demoiselle m'attend de pied ferme, comme si elle sentait mon mal être, elle se colle contre moi, cherche les caresses, enfouis son nez dans mon cou, sous mes cheveux, pose sa tête sur mon épaule... Idanha est d'une tendresse presque maternelle et petit à petit la fatigue et la lassitude disparaissent je me sens mieux, tellement mieux que j'en pleure malgré moi, il faut bien évacuer... Cette jument ne finira jamais de m'étonner!

Regonflée par tant de tendresse, nous partons vers le rond de travail pour une détente en tête à tête, je met ma minerve pour limiter un peu la casse et je me hisse en selle. Dès le début Idanha se montre très souple mais très tonique! Le maître n'a pu vraimment la monter étant donné la différence de poids entre le sien et le mien, ma demoiselle lui a vite fait comprendre qu'il ne fallait pas trop y compter!

Quoiqu'il en soit, je suis agréablement surprise, elle a bien assimilé les exercices de flexions et les fait à présent sans craintes, elle est souple et légère malgré le surplus d'énergie qu'elle à accumulé. le maître arrive et nous entreprenons une révision complête en enchainant la totalité des exercices, Danha s'applique, je fais tout mon possible pour rester à ma place, j'étire mes douleurs, j'essaye de relacher les muscles contracturés puis peu à peu je m'abandonne à cette fantastique sensation de faire corps avec mon cheval... ça y est enfin on y arrive!

Je repars légère et regonflée à bloc, plus rien ne compte, la fatigue et la douleur se sont assourdies...

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25 mai 2007

De plus en plus dur...de plus en plus bon!

P1000404Les cours se suivent et ne se ressemblent pas ! A chaque nouvelle séance, le maître complique l’exercice et rajoute une difficulté supplémentaire. A ma grande surprise lorsque je cesse de douter de la capacité d’Idanha à franchir cette nouvelle étape, le mouvement passe en douceur et la bonne volonté de ma demoiselle ne fait plus l’ombre d’un doute. A partir du moment où je reste dans mon assiette, les jambes en place, il me suffit de demander correctement et elle exécute.

En réalité je me rends à présent compte que je me suis rendue chez M. Suchet afin de « dresser » Idanha, en fin de compte ce n’est pas l’éducation de ma demoiselle que nous aurons fait mais une rééducation de sa cavalière ! Les accidents, les douleurs et le travail solitaire m’avaient voûtée, mon dos durcit n’amortissait plus les mouvements de ma demoiselle, mes jambes en place certes mais loin du contact de peur qu’elle ne sursaute et ne chauffe… Au fil des jours, je me redresse, mon assiette bien calée au fond de la selle, le dos déjà un peu plus souple accompagne le mouvement et ne gène plus ma demoiselle et enfin, je découvre qu’assise ainsi je ne suis plus simplement assise sur mon cheval, je fais corps avec elle, je sens ses muscles s’activer dans la douce cadence de son trot, je redécouvre à cette allure la fantastique sensation de flotter. Je parviens dès lors à employer un peu mes jambes, Idanha ne sursaute plus elle répond, simplement en l’étreignant doucement avec mes mollets je la sens s’arrondir, son encolure se relâche, son dos remonte et je sens ses postérieurs se rapprocher et pousser pour la propulser en avant. Nous pouvons désormais prétendre au célèbre « en avant, calme et droit » avec une fierté naturelle que procure cette position retrouvée, à vrai dire il y avait bien longtemps que je ne m’étais sentie si fière à cheval !

Les premiers exercices concernaient les transitions, ensuite l’incurvation sur les cercle, ensuite les flexions, puis les épaules en dedans. Une fois tout cela en place, nous avons travaillé au pas les spirales enroulées puis déroulées, puis au trot et enfin au galop. Et comme en équitation rien n’est jamais aboutit, cette semaine l’exercice se corse avec des transitions sur la spirale. J’ai finit de douter, je place mes aides, je me détend, je demande et Danha donne… Cette sensation incroyable que même dans des exercices complexes et contraignants rien n’est impossible, tout se prépare, se demande et s’obtient…

Je revois ma façon de faire, je réfléchis et raisonne mon équitation avant ou après être monté, pendant je savoure et me détend.

Comme il ne suffit pas de travailler assidûment pour obtenir tant, il faut également savoir ménager sa monture, je laisse à ma belle des moments de détente, je l’emmène voir les poneys qui broutent paisiblement dans leur pré, elle les adore. Ma jument d’ordinaire si acariâtre avec ses congénère s’avère en réalité avoir une tendresse presque maternelle pour les poneys, elle s’en approche doucement tend son encolure vers leurs naseaux et échange son souffle.

Ensuite je la lâche en liberté dans le rond de longe dont la porte est située juste en face du pré des poneys, Idanha fait alors son show, des aller-retour au trot piqué, queue sur le dos et ronflant comme un entier, elle stoppe net devant la porte et se cabre face aux poneys puis repars ventre à terre !

La chaleur étant parfois étouffante dans le rond de longe, je lui offre des détentes dans la carrière avec des reprises de poneys, elle n’en finit pas de les regarder et de flamber devant eux, elle est joyeuse et heureuse. Elle sait sans doute que bientôt elle retrouvera ses pénates avec les séances difficiles dans lesquels les grands selle-français et chevaux allemands n’en finissent pas de lui couper la route… Ni elle ni moi ne sommes impatientes de retrouver cette routine implacable, le rêve sent la fin, nous saurons l’entretenir et nous reviendrons régulièrement au pays des ibériques et des poneys !

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26 mai 2007

passion échapatoire?

P1010370Je ne suis pas sure que nos passions nous permettent de fuir la réalité, en fait je crois qu'elles nous aident à l'améliorer, elles nous aident à vivre pleinement la vie...

En tout cas, mes passions auront été mes bouées de secours en ce moment où je me sentait vraiment mal, lasse, fatiguée, délaissée, les choses qui me font avancer et sortir de cette lassitude presque dépréssive sont justement ces passions.

Avec ma jument je découvre de nouveaux horizons, désormais tout devient possible je le sens, plus de barrières, plus de problèmes, nous avançons, nous profitons, nous sommes heureuses...

Je découvre encore un peu plus l'art de vivre sa vie, l'art de découvrir chaque jours de nouvelles choses et de les savourer, d'apprécier de nouvelles rencontres, de partager, d'échanger, de prendre le temps, de ne plus calculer, de ne plus attendre, mais de prendre sa vie à pleine main et de réaliser au combien ce que l'on a aujourd'hui est précieux...

Aujourd'hui, deuxième jour d'expo à la garde républicaine,  je n'ai rien vendu, certes, mais j'ai rencontré tellement de gens différents, j'ai fait face à ma timidité et ma réserve naturelle, j'ai juste profité de l'instant et de ce qu'il avait à m'offrir. De cet homme en fauteuil roulant avec qui j'ai discuté durant des heures, de peinture de chevaux, d'architecture et de la vie pour finir par me donner le numéro de Marcel Rozier pour faire des expos chez lui car il aimait ma peinture.... De ce moment où j'allais partir après avoir fermé mon stand, un garde que je connais m'invite à prendre un verre au bar, il n'y a plus tous ces cavaliers hautains, plus que les gardes républicains, gentils ouverts, droles, pleins de dérisions sur eux mêmes... Un concert improvisé par des gardes en uniformes solennels, qui tout à coup sortent leurs corps de chasse pour accompagner une musique de jazz qui passait dans le bar, des moments rares, suréalistes parfois... des moments spontanés... Des moments que d'ordinaire j'aurai manqué avec ma réserve naturelle... Et cette longue discussion sur l'équitation les chevaux et la vie avec ce maître de manège, sur ma jument, ma peinture, ma vie, sa vie, ses chevaux, ses élèves... Tout mélanger et n'avoir à la clé que du bonheur, ces moments tourbillonants de la vie où l'on oublie pourquoi on a pu être si malheureux et ou l'on se sent bien sans avoir besoin d'une bonne raison... juste bien...juste légère... Rien d'autre, finit les bilans, les plans les projets, pour un instant juste être heureux parce que l'instant s'y prête...Et bien sur écrire ce bonheur pour que demain il en subsiste au moins l'essence, la raison, le souvenir... encore un peu de bonheur pour affronter le quotidien, juste un sourire, juste cet instant de plénitude...

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