Idanha et Ticia

Depuis qu'Idanha, cette petite jument grise, est entrée comme une tornade dans ma vie, j'apprend à penser cheval... Ce blog est avant tout dédié à Idanha et à nos réflexions équestres...

30 novembre 2009

une poussière de bonheur.

En ce samedi pluvieux je me rend aux écuries en quête d’un peu de bon temps avec ma princesse, il est 14h, les écuries sont calmes, pratiquement personne, pas de bruit, juste le souffle du vent dans la foret… Je m’approche du box de Danha, et je m’aperçois bien vite que derrière la porte que je n’entrevois dans la pénombre ni sa tête ni son dos… Un petit sourire s’imprime sur mon visage, je sais ce que cela veut dire… Tout doucement et le plus silencieusement possible, je fais glisser le loquet, entrouvre la porte et me glisse dans le box en prenant soin de refermer derrière moi. Danha est là, couché au milieu du box, avec sa dignité de princesse, les jambes délicatement repliées sous elle, sa couverture bien droite, l’encolure tournée vers moi, ses petits yeux brillants mais encore à moitié clos par la somnolence.

Je m’accroupis et lui parle tout doucement, il est très rare qu’elle ne se précipite pas debout à peine la porte ouverte… non par peur, mais par empressement de sortir !

De la façon dont elle est couchée, difficile de faire le tour pour me mettre à l’opposé de ses jambes, du coté qui est le plus sur si elle décide de se relever d’un coup… Tant pis, si je veux qu’elle me fasse confiance il faudra donc que je montre l’exemple !

Elle est calme et elle semble m’attendre ; je me glisse alors contre son flanc entre ses antérieurs repliés et ses postérieurs et m’assois contre elle, je laisse une main courir sous sa crinière pour l’apaiser et qu’elle comprenne que nous nous accordons une minute de tranquillité.

Doucement, elle tourne la tête vers moi, appuie son bout du nez doux et chaud contre moi, elle semble heureuse de pouvoir lézarder encore un peu et d’avoir en prime quelques caresses, à mesure que je passe ma main sur son chanfrein elle se détend, ferme les yeux et laisse sa tête aller contre moi, peser de tout son poids dans ce geste d’abandon.

Son souffle sur mon épaule et le lent mouvement de ses flancs contre moi m’apaisent, je m’appuie un peu plus contre elle à mesure qu’un sentiment d’infini bien être m’envahit. Je suis bien là, j’y resterai une vie entière à savourer cet instant rare de complicité et de confiance ultime.

3_4Mon cheval passe-muraille me transporte une fois de plus loin de tout, les murs s’éloignent puis disparaissent, les bruits extérieurs s’assourdissent, pour un instant plus rien n’a plus d’importance que la chaleur de son corps, de son regard, de son souffle, nous somme toute deux ailleurs, dans un univers qui n’appartient qu’à nous.

Dans l’intimité du box obscur, a même la paille, bercée par sa respiration, l’image de ma sculpture d’une femme accroupie contre un cheval couché me revient tout à coup… Voila surement un rêve de réalisé, nous devenons pour une minute ce couple que j’ai rêvé et créé.

Une minute dont il faudra se souvenir pour l’éternité car elle est de celle qui participe à ériger le monument du bonheur, une simple pierre à l’édifice, mais un instant de plénitude qui me fait réaliser à quel point l’amour que je lui porte est immense, à quel point rien ne peut avoir plus d’importance que de savourer de tels instants, de savoir les attendre, les saisir, les chérir et les rendre éternels.

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20 novembre 2009

La Folie Nécessaire

Nos âme passionnées sont totalement et irrémédiablement imprégnées de chevaux, c’est un mal intérieur qui finit par nous dévorer et transpirer à travers tout notre être…Un sabot se pose à chaque battement de cœur et pas une pensée n’est vierge de chevaux, chaque respiration évoque un soupir vibrant contre les parois d’un naseau, nous piaffons souvent d’impatience, nos colères nous plissent le coin des narines et même si nos oreilles sont irrémédiablement immobiles nous serions encore capable de chercher à les balancer d’avant en arrière au gré de notre humeur !

Une vie à penser cheval, voila à quoi nous sommes destinés…

Curieusement ce n’est presque plus un choix tellement ce désir est bien au-delà de nos desseins.

Pour nous autres il s’agit d’un quotidien, d’une drogue presque qui rythme nos vies et enlève nos horizons bien au-delà de ce que les autres peuvent imaginer…

Ce cheval intérieur est un le frère de notre âme, notre compagnon, notre conscience, il vit et meurt avec nous.

Par certains jours orageux, il arrive que le cheval qui sommeille en nous se révolte et s’emballe sans prévenir.

Ses yeux s’allument d’une flamme ardente qui dévore jusqu’au dernier grain de suie de l’iris fauve, ses naseaux noirs et disloqués exultent des tonnerres de ronflements et la fureur contracte sa bouche dans un rictus qui laisse paraître unes rangée de dents menaçantes.

Sa peau si douce à la caresse se pétrifie sur les muscles prêts à rendre la liberté à cette créature folle. Le cheval s’élance sans crier gare et nous nous retrouvons alors enlevés par cette volonté farouche, le visage fouetté par des crins cinglants, spectateur et passager clandestin d’un animal redevenu sauvage, ivre de vent et d’espace

Le corps étroitement collé aux muscles puissants de cette créature jaillie de notre inconscient, le cœur battant au rythme effréné de la course, le souffle court et les yeux écarquillés d’impuissance, l’animal nous emporte jusqu’à ce que notre volonté rende les armes…

C’est à cette minute d’abandon; proche de l’évanouissement, que l’animal ralentit sa course folle, et s’arrête le souffle court, tête haute, oreilles dressées au beau milieu d’un monde que notre esprit ne veut plus comprendre, les lignes en sont encore floues et étirées comme sous l’effet de la vitesse, les couleurs ont été estompées par le vent de la folie et tout parait plus silencieux… Le cheval fou nous a emmené quelque part plus loin, plus vite que le monde réel, bien au-delà du quotidien, il a ouvert une brèche vers la folie nécessaire, vers la raison d’être. … et le corps encore tremblant de cette chevauchée, les flancs de l’animal battant lourdement à chaque respiration, le temps s’interromps une seconde d’éternité pour nous laisser contempler ce monde nouveau que la passion transcende et que la raison ignore.

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17 septembre 2009

Intermède...

frison_n_b_pttrJe vais ma route, je fais mon chemin… tête baissée oreille en arrières, je traverse le monde n’en faisant qu’à ma tête…  Un long toupet recouvrant un œil qu’on ne s’y trompe pas je veille et surveille mes arrières.

Trottinant à travers les fourrés, galopant sur la plaine, j’hume l’air frais d’une aurore naissante et dévore ce jour nouveau sous mes sabots. J’avance tout le jour m’arrêtant de temps à autre pour mâchonner une herbe plus verte, un feuillage plus frais mais toujours je reprends ma route.

Je trébuche parfois sur un sol aride, m’enlise souvent dans des marécages que la fierté m’aura empêché de contourner, mais toujours je reprends ma course.

Je rends aux bonnes gens alanguis sur le bord de la route leurs coups d’œil curieux, ils se demandent pourquoi je ne m’arrête pas alors que je me demande pourquoi ils ne bougent plus. Nous ne sommes pas fait pour nous comprendre et je continue un sabot devant l’autre de l’horizon plein les yeux…

Je ne cherche rien, j’avance seulement et regarde tout ce que je rencontre, je ne fuis pas vraiment, j’avance voila tout.

Talonnée par le désir de vivre, éperonnée par la peur de s’enraciner, d’oublier ce qu’un nouveau jour peut apporter et de ne plus me soucier que de garder le box là ou la paille est fraiche et l’eau claire… On ne m’enfermera pas tel un cheval de manège, je vais le monde, je vais la vie…

Je ne suis pas sauvage, je veux simplement être moi sans que rien ni personne ne m’enrêne, ne m’encapuchonne et ne me vole mon élan, ma cadence. Je vais ma route et trottine le pied léger sur mon chemin.

Je chevauche la terre et je suis chevauchée par le désir et la passion… Tels sont mes plus fidèles cavaliers, les seuls que je puisse tolérer sur mon dos, les seuls devant lesquels ma volonté s’efface parfois pour écouter leur main et suivre leur demande. 

Telle est l’équitation de ma vie.

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25 avril 2009

Concours de Saut d'obstacle Handisport de Tremblay

Parfois les plus beaux moments arrivent le jour où on s’y attend le moins. En ce samedi de grisaille nous faisions une exposition collective sur un concours de saut d’obstacle Handisport avec deux amies artistes.

Pourtant tout paraissait jouer contre cette journée, la météo s’annonçait mauvaise, le froid et la pluie sont les ennemies des artistes qui exposent sous des tentes ! Le public reste généralement au chaud et ne se déplace pas et la pluie finit par s’infiltrer partout, sur les tableaux, le long des toiles de tente, pour aller finalement nous glacer jusqu’aux os.

Et pourtant, partager sa tente avec deux amies, deux artistes, deux âmes animées de la même passion ce sont déjà des moments de partage et de détente qui s’annoncent.

S’ajoutant à cela la découverte du monde du concours handisport, c’est une expérience riche en émotions, voir ces cavaliers emmenés par leur amour du cheval et de la vie, quels que soient leur handicap, les voir entrer à cheval sur le terrain, égaux à tous, ils ont à nouveau des jambes, ont à nouveau des oreilles et trouvent également des yeux grâce à leurs chevaux.

P1110911Un silence religieux s’installe lorsqu’un cavalier non-voyant entre sur le terrain. Il est précédé d’une cavalière qui sera sa guide, ils s’élancent sur le parcours ; tout en galopant bon train, la cavalière retournée vers le cavalier non voyant lui dicte les indications sur leur position, la trajectoire à adopter, les foulées qui les rapprochent de l’obstacle, le saut… Il suit, écoute et dirige son cheval, accompagne chaque saut avec une précision et une souplesse qui ferait pâlir bon nombre de cavaliers. Et très vite, totalement captivée par ce ballet, je les suit comme s’ils n’étaient plus qu’un, il n’y a plus deux chevaux et deux cavaliers il n’y a plus que l’essence de ce que l’on aime avec le cheval, la compréhension, la cohésion et cette passion qui pousse chacun à dépasser ses limites.

Ils ne sont plus qu’un et tout s’enchaîne d’une façon si naturelle que des frissons me parcourent, ma gorge se serre, j’en ai les larmes aux yeux tant ce que je vois est beau… Que le monde serait meilleurs s’il ne pouvait être fait que de moments si intenses, poignants et sincères.

Le parcours s’achève sans faute, mais même une barre tombée n’aurait pu gâcher la beauté de l’instant ; nous applaudissons à tout rompre et les deux cavaliers sortent cote à cote en se tenant par la main dans un geste qui symbolise à la fois la victoire, la reconnaissance et la fierté… Nous les regardons s’éloigner et soudain je reprend pied, je me retourne vers mes deux amies en essayant de contenir un peu de ce trop plein d’émotions… et je m’aperçoit à leur regards brouillés que cet instant les a cueillis avec autant de force!

C’est encore une fois le cheval qui nous fait vivre de si belles choses dont il faut savoir se souvenir, qu’il faudrait pouvoir partager pour le bonheur de tous.

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24 avril 2009

La princesse blessée

Par un beau jeudi soir ensoleillé, le sort à frappé Danha et sa cavalière… Lors d’un galop effréné, la selle mal sanglée tourne, envoyant la cavalière à terre et terrorisant

la pauvre Danha.

La selle sous le ventre, les étriers frappant durement ses postérieurs, Danha a trop peur pour raisonner son instinct qui lui ordonne de galoper comme si sa vie en dépendait… Ce terrible instinct de fuite chez les chevaux les a souvent sauvés par le passé mais est malheureusement de nos jours et avec nos chevaux « civilisés » le facteur déterminant de tant d’accidents…

Pourtant d’ordinaire la princesse est téméraire et préfère faire face au danger pour en analyser la nature… cette fois c’est trop violent, trop brutal trop douloureux pour qu’elle s’arrête.

Par chance dans sa déraison et son affolement, la recherche de la sécurité et d’un peu d’aide l’aura poussée à rentrer aux écuries. C’est après un galop éreintant sur le sol dur de la foret, après être tombée surement, avoir accidentellement passé le pied dans l’étrier, qu’elle pénètre au grand galop dans la cours des écuries et stoppe net sa course en croisant la première âme vivante. Immédiatement elle se calme et attend que l’on fasse quelque chose pour elle ; ses jambes sont en sang et tout sont corps brulant et trempé d’écume tremble et palpite.

La voir ainsi est une torture, j’arrive aux écuries et y retrouve la cavalière contusionnée mais bien vivante, je m’approche du box avec le cœur battant d’appréhension… elle est là, dans son box, les yeux encore exorbités, trempée et brulante malgré la douche froide qu’on lui a donné juste avant, elle ne pose pas son postérieur et il est très enflé…

Ce qui se passe ensuite est étonnant, du moment où nous entrons toutes les deux dans son box, lui parlant tout doux, la caressant doucement, je sens alors son œil s’adoucir, petit à petit elle se détend et commence à se refroidir un peu. Elle nous regarde, nous reconnaît et finalement viens plaquer son front tout contre moi, ces petits gestes presque enfantins me rassurent, elle est toujours là, toujours prête à communiquer et elle demande de l’aide.

Elle grignote un peu de foin en attendant l’arrivée de la vétérinaire, elle redevient sereine elle semble savoir que l’on va s’occuper d’elle... Vraiment étrange en un sens…

Après plusieurs heures de soins durant lesquels elle serre les dents et nous montre un courage à peine croyable, elle est perfusée pour évacuer toutes les toxines accumulées par le stress et l’effort violent.

Je la veille enroulée dans une de ses couverture, blottie au fond du box, tenant la longe pour qu’elle n’arrache pas la perfusion je la regarde, je l’écoute mâchonner calmement son foin et me détend à cette douce musique. Dans le silence de cette nuit fraiche, alors que le produit s’écoule au goutte à goutte, je me surprend à redécouvrir une mélodie que l’on entend toujours mais que l’on n’écoute presque plus… Le bruissement des sabots dans la paille épaisse, les claquements sourds de ses lèvres attrapant un brin parmi tant d’autres, le bruit régulier de ses dents mâchant le foin, elle caresse parfois au passage mes cheveux du bout de son nez, s’y attarde quelques secondes pour poser son souffle chaud sur moi et l’odeur du foin frais parvient même l’espace d’un instant à me faire oublier l’effroyable odeur acre du produit de perfusion… cette petite mélopée m’élève un instant loin de toutes les angoisses, plus près d’elle et loin de tout, mon cheval passe-muraille me reprend et encore une fois, l’espace d’un moment les murs disparaissent il n’y a plus que moi et mon rêve né cheval.

Ce rêve que j’espère si souvent galopant, m’emportant sur son dos au rythme d’une course folle, le voila cette nuit là enfermé entre quatre murs, estropié, ébréché, fissuré… et pourtant je redécouvre l’essentiel, ce qui me transporte réellement n’est plus cette chimère faite de figures complexes,  de muscles se contractant sous les miens, de sueur et de vitesse. Ce qui me transporte est simplement là sous mes yeux : Elle et rien que ça, sa seule présence suffit à m’insuffler ce bonheur et ce bien être.

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06 mars 2009

réflexion Danhesque

L'équitation à la française, à l'allemenade, les grands maitres, les grandes théories... rien à  faire j'aime à lire et j'admire certains de ces maitres, mais c'est curieux comme je constate qu'au fil de ma relation avec Danha je m'éloige de toutes ces préocupations.

Il n'est plus pour l'heure tellement question de technique, ça va bien au delà.

P1060156Je suis avec elle à la recherche de communication et de compréhension, j'établis la confiance entre nous, pas simplement une confiance affective, elle a déjà tout cela depuis longtemps de ma part. Non il faut que ce sentiment soit suffisament entier et puissant pour qu'il parvienne à dominer mon corps, ses appréhensions " réflexes" et ses contractions défense. La confiance ne peut que passer par là, pour que nous soyons liées sans plus de heurts.

J'analyse lors de séances de longues renes, lorsque la communication entre nous se résume à ma voix et le contact de ma main au fil de sa bouche. Je constate combien parfois la compréhension devient essentielle, combien Danha peut se livrer le plus simplement du monde sans que mon corps ne parasite sa bonne volonté avérée. Je vois combien mes actions parfois trop fortes influencent sur elle, les effets néfastes de trop d'empressement ou de trop de fermeté, tout n'est qu'une question de légèreté dosée.

Elle réagit et parfois anticipe au point que j'en viens à me demander s'il n'y a pas une transmission de pensée qui pourrait exister! C'est un rêve d'enfant que parfois je cajole, même si je sais pertinement qu'il n'en est rien, elle a simplement une sensibilité telle que la moindre petite contraction qui précède ma demande, lorsque mon esprit se dit "faisons cela" et que mon corps inconsciement se prépare à placer l'action, la belle comprend et réagit immédiatement. Ce n'est pas de l'anticipation, même si cela peut parfois agacer, non il s'agit simplement d'un cheval disponible à chaque demande aussi fine soit elle.

Le plus difficile est parfois d'accepter que les erreurs viennent dans la majorité des cas de moi, d'un mauvais dosage, d'un corps que la vie rend moins souple et disponible que celui de ma belle. Je l'écris aussi pour m'en souvenir, car je ne sait par quelle magie, mes pensées fugitives s'encrent à jamais dans mon esprit du jour où elles sont matérialisées par des mots.

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08 janvier 2009

Un rang à tenir...

Il était une fois une belle princesse de 15 ans nommée Danha, elle vivait heureuse dans le beau pays du Bois Notre Dame, entourée d'une cours aimante et attentive au bien être de sa princesse.

Pourtant il arriva un jour que son dos la fisse souffrir, peut être quelque ame malveillante avait-elle glissé un petit poid dans sa couche... Toujours est-il que la princesse d'ordinaire joyeuse et sautillante, fit vite savoir que ce mal là necessiterait quelques soins.

Ticia sa bonne nourice s'empressa donc de contacter le meilleur Etiopathe du royaume afin qu'il se rende au chevet de la princesse et la soulage de ses maux.

La bonne nourice ne pouvant être présente, la princesse fut donc confiée aux bons soins de Sieur Alexis dont les mains guerisseuses avait déjà à plusieurs reprise soulagé la princesse.

Ce dernier fit savoir à la nourice par pigeon voyageur sans fil, que Danha s'était très bien comportée lors de la séance de soins et qu'elle devrait être bien vite rétablie. Il ajouta l'air amusé : elle m'a même gratifié d'une révérence alors que je me présentais à elle!

reverence

 

- Mais bien entendu Alexis, c'est ainsi qu'il sied à une princesse de saluer! -

Avec dans le role de l'Etiopathe Alexis Lion, merci à lui!

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03 janvier 2009

Bonne Année!

Bonne_ann_e_2009

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31 décembre 2008

Une clowneries de plus pour la fin de cette année

Pour conclure cette année 2008, idanha et moi même sommes donc heureuse de vous présenter notre dernier pas de danse qui est encore à l'état de perfectionnement mais qui nous amuse toutes deux enormément!

A voir ici :   http://www.dailymotion.com/video/x7kcb9_frencheval-cancan_animals

20 décembre 2008

Hasards et coicidences

Il faut parfois savoir faire un peu confiance à la vie et à sa curieuse façon de nous faire comprendre et ressentir des choses que l'on cherchait.... le jour où on ne les cherche plus!

J'avais quelque peu fait mon deuil de la peinture au profit de la sculpture, cette dernière me permettait de recommencer à zéro, sur une terre vierge d'illusions, de mauvaises habitudes, de mauvaises motivations...

Mais on ne peut fuir ce que l'on est, je ne peux renier le dessin qui est mon compagnon depuis ma plus tendre enfance et c'est finalement d'une façon très inattendue que je me rend à l'évidence...

En ce mois de décembre, motivée par une amie peintre je me décidais donc à reprendre de temps à autre les crayons, trouver un trait qui toujours au service des chevaux sache aussi être ce que je suis, ce à quoi j'aspire... Se lacher, se libérer... toutes ces choses tellement abstraites dont je cherche depuis des années le "mode d'emploi"... Comme si être libre et authentique pouvait avoir un mode d'emploi!

Alors que je me cherche, je finis également par me rendre à l'évidence, les portraits de chevaux, fidèles à leur photos ne peuvent être un moyen pour moi de me libérer, il faut que je m'en affranchisse et que je poursuive ma route.

Alors que je viens juste de décider de cela et de prendre la résolution de supprimer de mon site internet la rubrique portrait de chevaux, mon téléphone sonne...

Une personne qui a justement vu mon site et souhaite offrir à un ami qui vient d'avoir un accident, un portrait des chevaux qui ont marqué sa carrière de cavalier.... Un peu étonnée de la coincidence, je l'écoute et lui répond sans grande motivation, me demandant intérieurement pourquoi cet appel alors que je viens juste de décider de ne plus faire de portraits! Et l'oeil amusé, je scrute les cieux me demandant si quelqu'un aurait un message à me faire passer!

Il s'avère que le portrait en question devrait rassembler 8 chevaux sur la même composition... Un challenge inédit, qui commence raviver mon gout à relever toute sorte de défis fous... Et il devrait être réalisé au plus vite... encore un défi qui me pique au vif... Et le cavalier à qui ce cadeau est destiné s'avère être Eric Navet! Cette fois je blêmis et commence à trembler!

Me voila donc lancée dans une aventure folle, rassembler huit chevaux mythiques sur une même feuille, trouver la composition qui les mettra en valeur individuellement tout en gardant une unité entre tous... le tout avec un choix assez limité de photos... un temps également limité... Avant de commencer je continue de regarder là haut, peut être pour voir le sourire amusé et bienveillant de ma mère!

Les portraits m'ont toujours angoissée, comment être sure de saisir l'essence d'un cheval avec une photo? comment être certaine qu'au delà des traits extérieurs, le propriétaire saura retrouver la petite lueur qui lui plait tant dans l'oeil de son cheval, l'expression infime d'un plissement de naseau, d'un coin de lèvre...

EnavetEt cette fois pourtant je me retrouve totalement submergée par ce portrait, comme hypnotisée, je n'hésite plus, je ne réfléchis plus, je les dessines, les habille de chair tout en parvenant à conserver un peu de liberté dans mon trait... Je suis incapable de m'arrêter! captivée par cette horde naissante qui prend forme sous mes mains...

Et je comprend enfin, que ma liberté que je cherchais tant, ne tient à rien d'autre qu'à ça: la passion et la confiance. C'est si simple que j'en pleurerai de l'avoir tant cherché ailleurs, de mettre parfois fait tant de mal... Elle était juste là, en moi et il ne tenait qu'à une bonne étoile de savoir me montrer la voie.

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19 décembre 2008

De la passion...

P1060263sepiaComment font les gens pour vivre sans passion… Bien souvent les passionnés que nous sommes, passionnés par nos chevaux, passionnés par notre art, sont considérés avec un étrange mouvement de recul mêlant à la fois l’incompréhension et la peur de la folie…

Ils ne nous comprennent pas, ces gens qui ont une vie toute faite de raison, de prévision et de modération…

Ils ne peuvent pas supporter les élans indomptables que connaît un cœur passionné… la crise cardiaque leur paraîtrait plus douce…

Ils ne connaissent -et ne veulent surtout pas connaître- les feux dévorant de la passion, cette indicible sensation qui nous prend aux tripes à nous faire perdre la raison, cette capacité irrationnelle que l'on aurait à tout abandonner pour l'objet de sa passion... Ils ne peuvent imaginer cette folie douce qui ne vient pas de notre esprit mais de notre être tout entier, de ce brasier qui nous enflamme, nous libère et nous enchaîne à la fois… Cette flamme qui ne connaît ni la sagesse ni la raison mais simplement un cœur déchaîné et brûlant de s’abandonner à cet envoûtement….

Comment leur faire entendre que notre esprit bien souvent chevauche loin d’eux pour assouvir ces envies de bruits, d’odeurs et de chaleurs si particuliers, ce manque inconsolable qui nous tenaille lorsque la vie nous éloigne de nos chers chevaux, qu’il ne s’agit ni d’un caprice ni d’une légère nostalgie mais d’un manque cruel, un vide sidéral qui happe une partie de notre âme, sans eux nous sommes incomplets et vides, des fantômes errant à travers le monde à la recherche de leur raison d’être …

Tout cela ne leur semble être que poésie romantique et vestiges de rêves d’enfant…

Comment leur faire comprendre que nos jours et nos nuits sont rythmés par la mélodie cadencée d’un galop assourdis par le sable, ponctués par de chauds soupirs aux naseaux de velours, hypnotisés par des voluptes de crinière emportées au vent d’une course folle, enivrés par des odeurs de paille de foin et sueur mêlés et le refrain immuable des fers claquant sur le sol…

Alors nous épuisons nos journées d’errances loin de nos chevaux, lorsque de temps à autre le hasard fait se croiser deux âmes qui partagent la même peine, elles se reconnaissent immédiatement et s’attirent, elles échangent et parlent sans retenue, avec avidité comme l’on boirait à une oasis après la traversée du désert…

07 décembre 2008

terre cuite...enfin!

Après des mois d'aprentissage et de recherche, des mois à développer une patience dont jusque là j'aurai été incapable, des mois à réparer les jambes fissurées, les oreilles cassées et autres mésaventures, des mois à me persuader que tout cela ne serait pas vain, qu'il ne fallait pas abandonner...

Après ce long voyage voila donc que ma première sculpture en terre à passé avec succès l'épreuve du feu.

Certes un étalon robuste comme lui ne se serait pas laisser abatre pour si peu, mais il n'empèche que je tremblais en le donnant à la cuisson, je le regardais, peut être pour la dernière fois... Il s'en faut de peu, une bulle d'air, un défaut et tous ces mois de travail et d'amour se brisent littéralement dans la fournaise.

C'est en tremblant aussi que je suis retournée le chercher... et pourtant il était là, couché dans sa caisse de transport et .... intact... J'emportais avec un empressement d'enfant mon cheval loin des regards pour pouvoir le toucher et le regarder seule à seul. La légèreté avec laquelle je trotinais vers ma voiture mon cheval entre les mains le coeur totalement déchainé de joie et de soulagement, cet état me rappelais les matins de noel, lorsque j'ouvrais ce cadeau qui renfermait le plus souvent un cheval! je partais alors à la course dans ma chambre pour pouvoir le regarder tranquillement, imaginer quel ami et compagnon il allait être, le faire vivre à travers mon imagination...

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Et voila mon premier cheval de terre cuite est enfin là! je le prend avec la même apréhension que lorsque je le manipulait avant sa cuisson, la peur de le casser... et pourtant lorsque ma bague touche la terre et qu'un son presque métallique se fait entendre, je comprend qu'il n'est plus le même.

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Il n'est plus la chose fragile et friable que j'ai porté au potier, il a passé l'épreuve du feu, il est devenu un guerrier. Brut et dur, il n'est plus ce petit être qui pouvait s'anéantir sous son propre poid, c'est un étalon pret à vivre sa propre vie, martelant le sol de ses sabots...

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06 juin 2008

Terre, terre!

Après une longue traversée sur les mers agitées de la peinture, prise dans cette tornade avide de mon temps et de mon énergie, tantôt ballottée par les orages, portée par les courants, renversée par la houle...un jour, le vent est tombé et la mer s’est calmée…

Il m’a fallu longuement ramer sur cette mer d’huile, sans vraiment plus de conviction… Une traversée solitaire qui ne fait que causer toujours plus d’introspection, de questions sans réponses pour finalement anéantir l’envie de créer…

Voilà peut être pourquoi, à la première terre en vue, j’ai décidé de sauter du bateau et d’embrasser ce nouveau sol, cette terre que je connais si peu, me voilà saisie par l’envie de la connaître, de la comprendre, de la toucher, de l’apprivoiser,  de la pétrir et de créer quelque chose en son sein…

Peut être ne s’agit-il que d’une exploration temporaire, le temps de faire le point, ou peut-être vais-je finir par trouver asile ici bas, seul le temps me le dira…

Toujours est-il que je me sens comme ressourcée par le contact de l’argile, je retrouve l’essence de ce à quoi j’aspire, créer bien entendu, mais créer quelque chose de spontané, qui vienne du fond de mon âme sans soulever plus de questions, juste respecter l’évidence et ne plus chercher à faire, mais simplement faire !

Au contact de l’argile, mon cerveau s’engourdit, ne crie plus à l’aide, ne parle plus, je suis captivée par la matière et il n’y a plus rien, seules mes mains parlent et la matière leur répond…

main

C’est le même sentiment que j’éprouve lorsque je suis à cheval, le monde autour se brouille et s’évanouit, les sons se font plus sourds et mon cœur ralentit et enfin je sens cette sérénité m’envahir.

Comme à cheval, j’aime laisser à la terre sa propre volonté, je provoque un mouvement et observe ce qui en résulte, j’aime composer ainsi, ne pas toujours savoir où cela nous mènera, juste se laisser porter ensemble, laisser ce nouvel être s’arracher à la masse brute du pain d’argile et l’aider à éclore à la vie, guider ses premiers pas…

Les femmes-chevaux vont peut être enfin pouvoir trouver la dimension qui leur manquait sur la toile, les muscles et les corps enfin dans une fusion bien réelle...

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12 avril 2008

femmes et chevaux...

La voila de retour, après des mois d'absence, alors même que je ne l'attendais plus, que j'en avais presque fait mon deuil; un soir que je crayonnais sans penser à rien, l'envie de peindre et de créer est arrivée toute seule, sans crier gare...

Plus forte et obsédante que jamais, elle s'est imposée d'elle même, sous une forme étrange et complexe, sortie surement du fond de mon être... Mais totalement inconsciente et vicérale...

Me voila donc à la fois libérée et à nouveau enchainée, envoutée par ces courbes qui se mélangent, hanches de femmes et de chevaux, rondeurs de croupes et de fesses, finesse de jambes se prolongeant de sabots... Pourquoi? Je n'en ai aucune idée, la poésie de la chose est là, sa beauté aussi...Je ne peux l'expliquer et préfère laisser planer le doute sur l'origine de cette naissance totalement inatendue... Et j'en arrive même à me dire, quelle évidence... pourquoi ne pas l'avoir pensée plus tot?

Je ne crois pas par le passé m'être autant battue pour peindre et créer... Il aura tout d'abbord fallu les accepter en premier lieu sans plus se poser de questions, les assumer puis les faire vivre, les faire éclore d'un croquis noir sur blanc en femmes et chevaux mêlés fait de couleur et de douceur, trouver l'univers qui pourrait les accueillir et leur donner le premier souffle de vie...

songeElles ne sont encore que de frêles débutantes qui se cherchent et arpentent maladroitement la piste de bal, je les espère femmes épanouies, chevaux harmonieux, je les voudrai dotées de leur propre volonté... 

Elles me semblent aujourd'hui une évidence, l'essence même de ce que je cherche depuis que les chevaux peuplent mes rêves... Etre à la fois femme et cheval...non plus centaure mais tellement plus que ça... Une symbiose qui ne mêle pas seulement les corps mais les esprits aussi, au delà des apparences, sans retenue et sans pudeur, dépasser un peu plus la réalité et plonger au fond des choses...

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21 mars 2008

Terre d'asile...

Où se réfugier lorsque tout va mal, lorsque la souffrance de l’esprit, torture le corps aussi…

Ma terre d’asile, l’endroit dans lequel j’aime à me réfugier, à me blottir, à m’oublier…cet endroit magique où je me perds, n’est pas bien grand…C’est une vallée de velours, prise entre un naseau grand ouvert qui souffle le vent chaud de cette terre promise et une bouche patinée par le temps ridée de sagesse comme une roche millénaire… Au creux de ces deux volcans est ma terre d’asile, une douce et chaude vallée accueillante et réconfortante.

J’y pose ma joue et ferme les yeux et tout s’efface, l’espace d’un instant toute pensée disparaît, l’odeur de sa peau m’enivre, la douceur de ce tapis anthracite m’enveloppe et seul le bonheur me soulève au bruit du souffle qui court comme une rivière souterraine sous cette terre si fine… Plus d’angoisses, plus de monde extérieur, juste cet état de grâce sur cette île logée dans mon cœur, hélas trop petite pour pouvoir y rester toute une vie mais si précieuse pour en oublier les tourments l’espace d’une minute…

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12 février 2008

Artiste en souffrance...

Comment vit-on après avoir perdu un être cher ? comment continue t-on son chemin lorsque un pilier du pont s’est effondré, a disparu à tout jamais ?

Voila une question que je me suis posée après cette épreuve difficile.

Dans ma vie tout ce que je fais et entreprend va toujours dans le même sens, tout se recoupe, tout tend vers le même désir de créer et de vivre, à la recherche permanente du bonheur.

Après m’être longtemps pâmée dans la douleur, peut être pour appeler au secours, sûrement pour attirer l’attention, à présent je ne cherche que le bonheur ; pas de ce bonheur préfabriqué que l’on ne conçoit qu’avec des choses matérielles, mais de celui qui se savoure en instants fugaces, une petite minute infime de plaisir, une minute durant laquelle mon cœur se soulève et bat plus vite, une minute qui m’étouffe presque, tellement elle est intense… Cette minute là est plus précieuse que tous les rêves de millionnaires…

Seulement être heureux, seulement savoir trouver le bonheur chaque jour malgré les défaites, les déceptions ou les malheurs…

Les malheurs et les douleurs me reconstruisent désormais, je ne veux pas les oublier, je veux juste bâtir quelque chose de nouveau sur ce modeste champ de ruine…

Cette recherche du bonheur reconstruit est permanente, après avoir perdu ma mère je ne concevait plus de peindre, je n’y ressentait plus aucun plaisir, seulement une douleur aigüe au fond de mon âme, un pincement cruel qui me rappelait que j’avais sûrement peint jusque là dans le mauvais dessein : celui de lui plaire.

Hélas moi qui avais toujours clamé que je peignais pour mon plaisir avant tout, je réalise alors que je me m’étais égarée…

L’acte de peindre venait bien du fond de mon être mais restait conditionné par le plaisir de voir briller de fierté les yeux de ma mère lorsqu'elle regardait un tableau; ce n’était bien sur pas le seul but, mais s’en était un certain… Comment donc continuer une toile en sachant qu’elle ne pourrais plus jamais en être fière… J’ai voulu pourtant poursuivre et chaque séance devenait une torture intérieure de plus en plus grande, un état qui au lieu de me donner du plaisir ne faisait que me confirmer que non seulement j’avais perdu ma mère mais qu’elle était partie avec un peu de moi…De ces séances, je n’en ressentait que le vide absolu, la création dans un trou noir qui aspire toutes mes envies et anéantit mes émotions…

Les réflexions vont bon train, passant de la lâcheté de tout abandonner et tout renier à l’envie malgré tout de continuer et poursuivre l’œuvre aussi modeste soit elle… Peindre pour moi et seulement cela, dans un premier temps tacher de me retrouver et de m’avouer vraiment qui je suis, pas seulement être celle que l’on voudrait que je sois…

C’est une libération malgré moi qui s’avère douloureuse, je m’aperçoit très vite que je ne sais pas comment « me lâcher » comment ignorer tout cet amas de fausses contraintes, d’excuses d’incapacité, de barrières factices… Passer au dessus de ça, me mettre quelque peu en souffrance, pour être honnête tout d’abord avec moi et enfin avec ma peinture… Il me faut trouver autre chose, suivre une autre voix, créer ma voix, trouver pourquoi j’ai malgré tout cette terrible envie de ne pas abandonner.

renouveau1Cet éternel recommencement n’est pas non plus sans me rappeler mes entreprises équestres… Rien n’est jamais acquis, en peinture comme à cheval et comme dans la vie…

C’est une petite part de masochisme artistique qui côtoie et se confronte à la quête du bonheur…

Le travail n’est qu’à peine débuté il me faut à présent agir, tâtonner, chercher, avoir le courage de remettre à nouveau tout en question, jusqu’à ce que l’évidence s’impose à moi… Mais cette révélation sera t-elle si évidente que cela ? saurai-je la reconnaître, la maîtriser et l’apprivoiser… La roue est sortie de l’ornière mais la route est encore longue…

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01 février 2008

De la légèreté...

La légèreté…. Un vaste concept très en vogue en ce moment, tout le monde aspire à la légèreté, tout le monde en parle et pourtant, je vois tellement peu de couples qui semblent y accèder…

Voilà donc ce que je pense de la légèreté, pour moi elle ne peut se résumer à allèger des actions de mains et des actions de jambes, la légèreté est bien plus que cela, bien plus proche de la symbiose du cavalier avec son cheval que d’une nouvelle équitation…

La légèreté suppose de connaître et d’être connu de sa monture de manière à former un couple qui se respecte mutuellement, rien ne sera dès lors ni exigé ni consentit, les mouvements seront crées et initiés à tour de rôle.

Malheureusement cette état de grace tant rêvé reste éphémère, un muscle se contracte et le couple se sépare en cavalier et monture, l’alchimie est à refaire sans cesse.

Ne plus demander, ne plus imposer sa volonté au cheval mais avoir la sensation de comprendre et d’être compris, de ne faire plus qu’un, de décider ensemble de se que l’on va faire. Aller dans une direction en la visualisant, penser une transition et l’exécuter, méler son corps à celui du cheval et bien plus encore, partager enfin le même corps et le même esprit.

Chacun propose et décide, nous ne sommes plus qu’une volonté unique.

6Les exercices n’existent plus, plus rien n’est rigide, j’attend l’instant qui se prêtera au mouvement, j’attend que ma belle demoiselle soit prête et nous nous engouffrons pour quelques secondes dans l’oubli total de tout ce qui a pu être prémédité, tout cela n’est qu’une successions de mots dessinés sur le sable, un roman éphémère effacé par les vagues.

La magie de l’équitation est là, l’esprit en oublie sa soif de posséder, de bâtir, de gagner et s’abandonne à la joie de créer et de défaire pour recommencer sans fin…

Ce rêve éphémère de symbiose enfin atteint, ne plus penser, ne plus exiger mais seulement faire et créer ensemble, attendre l’instant où se profile à la sortie d’une courbe un mouvement plus léger qui ne demande plus d’effort puisque naturel, il est offert il est saisit et se perd dans l’instant, le corps n’existe plus, les muscles sont oubliés, les murs du manège disparaissent les sons s’assourdissent et l’on se perd dans l’extase de se mouvoir ensemble…

Je ne peux plus oublier la sensation surnaturelle du premier passage que m’a jument m’a offert, ce rebond silencieux et cadencé qui suspend une fraction de seconde mon cœur et ennivre mon esprit, l’espace d’un instant nous quittons le sol et cet instant insaisissable suffit à effacer le monde…

Plus de crispations, plus d’interrogation, la légèreté n’est que cela, se fondre avec son cheval et ne plus exister en tant qu’humain, devenir cet être mythologique tant rêvé : le centaure.

20 janvier 2008

Dressage......en extérieur

2Aujourd'hui Dimanche, la semaine a été chargée en travail pour ma demoiselle, je décide donc de lui octroyer une journée de repos.

Mais le repos ne sous entend pas ne rien faire non plus! nous partons donc à pied en foret afin de nous aérer un peu les idées, après quelques détours par les sous-bois dans lesquels la demoiselle adore se rouler sur un doux tapis de feuilles mortes, nous reprenons notre route, Idanha commence à chauffer et me faire comprendre que ne rien faire et marcher au pas, ce n'est quand même pas le rêve!

3

Nous commençons donc par quelques cabrés en main, c'est un air que la demoiselle exécute avec grand plaisir et qui à le mérite de concentrer son énergie dans son exécution et d'éviter ainsi qu'elle ne s'éparpille en sautant comme un cabri au long de la promenade!

Puis après quelques jambettes et pas espagnol, nous tombons nez à nez avec un muret.....

Et une idée germe alors dans mon esprit tordu, faire monter la jument sur le muret ce serait une nouveauté... Nous tentons l'exercice, face au muret je demande une jambette, après quelques hésitations la demoiselle s'exécute et semble à la fois s'amuser à tapper sur le muret tout en étant surprise que je ne la gronde pas de faire cela! Je récompense et redemande patiemment en tachant de lui faire comprendre que son pied peut resté posé sur le muret...

5  Après quelques instants de patience, la demoiselle focalise sur son muret et s'applique, jambe droite posée....

Puis la gauche....

Cela maitrisé sans trop de soucis, comme toujours j'hésite... Faut-il s'arrêter là et tenter les deux pieds une autre fois? Allez on ne perd rien à essayer, je demande donc jambe droite sur le muret et une fois cette jambe bien posée, je demande l'autre....

7 Voila mon adorable petit clown a non seulement accepté sans soucis de monter sur le muret, mais pour bien me signifier que cet exercice lui parraissait bien trop facile elle en à croisé les gambettes!

Elle n'en finit pas de me surprendre!

De l'équitation en amazone

vacnoel_222 J’ai connu cette monte de façon accidentelle lors d’une halte de randonnée chez un vieux chatelain si heureux de voir à nouveaux des chevaux peupler ses écuries qu’il nous a offert une selle d’amazone…

Cette drôle de selle plus massive, plus lourde, avec ses deux fourches désespéremment vides m’a immédiatement fascinée, son cuir fauve rongé par les années et l’histoire que l’on devine sur son siège… Immédiatement, des rêves de petite fille m’assaillent et les fantômes de femmes à la taille de guèpe et aux robes de princesses m’entourent et m’enjoignent à m’initier…

Avant même d’avoir essayé cette monte je suis séduite, pouvoir monter comme ces femmes d’une autre époque. Ces femmes que beaucoup de féministes auront taxées de victimes du puritanisme et du machisme d’alors, je les vois comme des vraies amazones, fières et fortes, suivant sans peine les chasses les plus effreinées à travers bois et taillis, franchissant les fossés et galopant jusqu’à plus soif dans un bruissement de soie et d’étoles. Contraintes de monter ainsi, elles se sont appropriées ce qui semblait un handicap pour pouvoir atteindre l’égal des hommes montés à califourchons.

Elles sont dans mon esprit de vraies femmes, assumant leur différence et l’affichant au nez et à la barbe de tous, elles sont pour une fois sur le même pied d’égalité que les hommes sans avoir pour autant eu à renier leur féminité.

Pour la première fois de ma vie équestre, je pose cette selle étrange sur le dos de mon cheval de randonnée, j’observe et je m’interroge, mais plus je la regarde et plus l’envie de me mettre en selle me talonne. Personne autour de moi ne peux m’orienter ni me conseiller et comme souvent je m’apprête à me fabriquer ma propre expérience non sans un soupçon d’apréhension. Une journée de randonnée dans cette curieuse selle… Le paris est tentant mais pourrait vite touner au cauchemard !

La tentation l’emportera sur l’appréhension. Sitôt installée, je cherche une position confortable, les hanches et les épaules dans l’axe, je repose mes jambes autour des fourches et tache de me détendre. Au fur et à mesure que la journée se passe, je n’en finit pas de m’extasier du confort et du naturel de cette façon de monter, le cheval quant à lui ne semble pas perturbé pour un sous et avale sereinement les kilomètres. Cette journée reste gravée dans ma mémoire, comme un nouvel horizon équestre se dévoilant tout au long des chemins forestiers, je sens déjà que je ne pourrai plus me passer de cette façon de monter et je suis rongée par le désir de tout refaire en amazone.

Et voilà comment nait une nouvelle passion,

1

Les sensations que l’on ressent en amazone sont incroyables, le bassin étroitement lié au moindre mouvement du cheval, suffit à accompagner et demander. Tout est plus léger dans cette position, on ne se sent plus « agrippé » au cheval e, l’enserrant des deux jambes, mais on se sent légèrement « posé » sur lui et avec lui… C’est une incroyable sensation qui mêle une impression de maîtrise, de légèreté et presque de supériorité.

La monte en amazone ne peut se résumer à une lubie pour femmes en manque d’originalité, même s’il faut reconnaître chez les amazones l’amour de l’histoire et un certain goût pour le romanesque, c’est avant tout une façon de monter qui permet d’élargir sa pratique et sa compréhension de l’équitation, qui permet de mieux s’assumer à cheval en tant que cavalière, c’est une équitation qui ouvre les yeux et délie à la fois le corps et l’esprit.

Confortablement installée dans mes fourches, ressentant tout des mouvements de mon cheval, le buste bien plus reculé qu’à l’acoutumée, j’ai le sentiment de prendre du recul, de voir arriver les choses et d’y faire face. Le roulis du galop m’ennivre, alors que mon corps se fond et se laisse emporter dans ce mouvement exquis, mon esprit s’égare au gré du vent qui passe sur mon visage et emporte ma jupe dans un léger bruissement de tissus…

Souvent, les autres cavaliers me regarde curieusement et me demandent si je ne me sens pas minimisée par cette façon de monter…Comment leur expliquer que j’ai sûrement compris bien plus de choses de l’équitation et de ses finesses dans les fourches que dans des reprises de dressage.

cabr_Comment faire entendre que les jambes ne me servent à rien pour exécuter un départ au galop ou un appuyer ? Que seul mon buste et mon bassin me suffisent comme si mes jambes avaient disparu inutiles désormais puisque mon cheval à les siennes pour se mouvoir… Cette fois le rêve du centaure est atteint mais en plus complété du mythe de l’amazone !

10 octobre 2007

Ma préférence à moi...

P1040625couleurcompressAu travers de toutes les qualités que je vois à ma jument, il en est une assez inattendue qui, en y réfléchissant bien, me saute désormais aux yeux…

Bien sur, ma jument a de cette superbe naturelle des ibériques ; ses allures amples et relevées à la fois, ses formes rondes et harmonieuses n’en finissent pas de me laisser admirative. Bien sur elle a sous la selle cette finesse incroyable qui me donne bien souvent l’impression d’avoir atteint la légendaire « Légèreté » que tout cavalier recherche. Bien sur son courage, son grand cœur, son endurance en font un cheval complet et permettent de se faire plaisir à la fois en dressage, à l’obstacle en extérieur et à pied…

Oui toutes ces raisons là sont belles et pourtant ce n’est pas cela qui me semble si précieux, c’est une chose beaucoup plus enfouie, un trait de caractère dont je ne peux plus me passer. Ma jument discute de tout avec moi, et cela n’a pas de prix… Elle qui lorsque je l’ai connue était enfermée dans un mutisme total, au fil des années, du travail fait ensemble, de la confiance gagnée jour après jours… Au terme de tout cela, ma jument discute désormais avec moi…

Lorsque je lui demande quelque chose que cela soit monté ou à pied, elle ne le donnera jamais sans avoir demandé pourquoi avant, rien n’est ni gratuit ni acquis, si un exercice ne lui plait pas, il me faudra lui expliquer avec toute la patience dont je suis capable, comment le faire et lui faire comprendre pourquoi cela est bon pour elle, autrement tout n’est qu’énervement et piétinement.

Nous faisons les choses ensemble, je lui demande, elle me répond, nous nous mettons d’accord, nous sommes loin du cheval automate qui répète sans conviction ce qu’on lui à appris… Tout doit être fait ensemble, créé ensemble et d’un commun accord.

P1010660Pour toute nouvelle chose que je souhaite lui apprendre, il me faut des semaines, voir des mois, car je commence par demander, elle me regarde l’œil curieux, je lui explique comment faire, elle me répond encore… En fonction de ses réponses, je vais comme à chaque fois, imaginer une nouvelle façon d’expliquer, l’essayer, elle me dira si elle comprend ou non, le cas échéant, il faudra encore se creuser la tête pour trouver une autre façon…

Et finalement, je m’aperçois qu’à présent rien n’est plus précieux que ces instants où nous parlons, à tel point que j’en viens à préférer les moments consacrés à lui enseigner quelque chose au moments passés à répéter les choses acquises, rien n’est plus puissant que la joie que j’éprouve à discuter avec elle, si ce n’est peut être l’instant ou nos efforts conjugués se couronnent de succès et que le cœur battant de joie et de surprise, je reste subjuguée devant ma princesse qui me montre enfin et pour la première fois que l’exercice est compris et qu’elle accepte de le faire avec plaisir….




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