12 avril 2008
femmes et chevaux...
La voila de retour, après des mois d'absence, alors même que je ne l'attendais plus, que j'en avais presque fait mon deuil; un soir que je crayonnait sans penser à rien, l'envie de peindre et de créer est arrivée toute seule, sans crier gare...
Plus forte et obsédante que jamais, elle s'est imposée d'elle même, sous une forme étrange et complexe, sortie surement du fond de mon être... Mais totalement inconsciente et vicérale...
Me voila donc à la fois libérée et à nouveau enchainée, envoutée par ces courbes qui se mélangent, hanches de femmes et de chevaux, rondeurs de croupes et de fesses, finesse de jambes se prolongeant de sabots... Pourquoi? Je n'en ai aucune idée, la poésie de la chose est là, sa beauté aussi...Je ne peux l'expliquer et préfère laisser planer le doute sur l'origine de cette naissance totalement inatendue... Et j'en arrive même à me dire, quelle évidence... pourquoi ne pas l'avoir pensée plus tot?
Je ne crois pas par le passé m'être autant battue pour peindre et créer... Il aura tout d'abbord fallu les accepter en premier lieu sans plus se poser de questions, les assumer puis les faire vivre, les faire éclore d'un croquis noir sur blanc en femmes et chevaux mêlés fait de couleur et de douceur, trouver l'univers qui pourrait les accueillir et leur donner le premier souffle de vie...
Elles ne sont encore que de frêles débutantes qui se cherchent et arpentent maladroitement la piste de bal, je les espères femmes épanouies, chevaux harmonieux, je les voudrais dotés de leur propre volonté...
Elles me semblent aujourd'hui une évidence, l'essence même de ce que je cherche depuis que les chevaux peuplent mes rêves... Etre à la fois femme et cheval...non plus centaure mais tellement plus que ça... Une symbiose qui ne mêle pas seulement les corps mais les esprits aussi, au delà des apparences, sans retenue et sans pudeur, dépasser un peu plus la réalité et plonger au fond des choses...
21 mars 2008
Terre d'asile...
Où se réfugier lorsque tout va mal, lorsque la souffrance de l’esprit, torture le corps aussi…
Ma terre d’asile, l’endroit dans lequel j’aime à me réfugier, à me blottir, à m’oublier…cet endroit magique où je me perds, n’est pas bien grand…C’est une vallée de velours, prise entre un naseau grand ouvert qui souffle le vent chaud de cette terre promise et une bouche patinée par le temps ridée de sagesse comme une roche millénaire… Au creux de ces deux volcans est ma terre d’asile, une douce et chaude vallée accueillante et réconfortante.
J’y pose ma joue et ferme les yeux et tout s’efface, l’espace d’un instant toute pensée disparaît, l’odeur de sa peau m’enivre, la douceur de ce tapis anthracite m’enveloppe et seul le bonheur me soulève au bruit du souffle qui court comme une rivière souterraine sous cette terre si fine… Plus d’angoisses, plus de monde extérieur, juste cet état de grâce sur cette île logée dans mon cœur, hélas trop petite pour pouvoir y rester toute une vie mais si précieuse pour en oublier les tourments l’espace d’une minute…
14 mars 2008
De la passion...
Comment font les gens pour vivre sans passion… Bien souvent les passionnés que nous sommes, passionnés par nos chevaux, passionnés par notre art, sont considérés avec un étrange mouvement de recul mêlant à la fois l’incompréhension et la peur de la folie…
Ils ne nous comprennent pas, ces gens qui ont une vie toute faite de raison, de prévision et de modération…
Ils ne peuvent pas supporter les élans indomptables que connaît un cœur passionné… la crise cardiaque leur paraîtrait plus douce…
Ils ne connaissent -et ne veulent surtout pas connaître- les feux dévorant de la passion, cette indicible sensation qui nous prend aux tripes à nous faire perdre la raison, cette capacité irrationnelle que l'on aurait à tout abandonner pour l'objet de sa passion... Ils ne peuvent imaginer cette folie douce qui ne vient pas de notre esprit mais de notre être tout entier, de ce brasier qui nous enflamme, nous libère et nous enchaîne à la fois… Cette flamme qui ne connaît ni la sagesse ni la raison mais simplement un cœur déchaîné et brûlant de s’abandonner à cet envoûtement….
Comment leur faire entendre que notre esprit bien souvent chevauche loin d’eux pour assouvir ces envies de bruits, d’odeurs et de chaleurs si particuliers, ce manque inconsolable qui nous tenaille lorsque la vie nous éloigne de nos chers chevaux, qu’il ne s’agit ni d’un caprice ni d’une légère nostalgie mais d’un manque cruel, un vide sidéral qui happe une partie de notre âme, sans eux nous sommes incomplets et vides, des fantômes errant à travers le monde à la recherche de leur raison d’être …
Tout cela ne leur semble être que poésie romantique et vestiges de rêves d’enfant…
Comment leur faire comprendre que nos jours et nos nuits sont rythmés par la mélodie cadencée d’un galop assourdis par le sable, ponctués par de chauds soupirs aux naseaux de velours, hypnotisés par des voluptes de crinière emportées au vent d’une course folle, enivrés par des odeurs de paille de foin et sueur mêlés et le refrain immuable des fers claquant sur le sol…
Alors nous épuisons nos journées d’errances loin de nos chevaux, lorsque de temps à autre le hasard fait se croiser deux âmes qui partagent la même peine, elles se reconnaissent immédiatement et s’attirent, elles échangent et parlent sans retenue, avec avidité comme l’on boirait à une oasis après la traversée du désert…
12 février 2008
Artiste en souffrance...
Comment vit-on après avoir perdu un être cher ? comment continue t-on son chemin lorsque un pilier du pont s’est effondré, a disparu à tout jamais ?
Voila une question que je me suis posée après cette épreuve difficile.
Dans ma vie tout ce que je fais et entreprend va toujours dans le même sens, tout se recoupe, tout tend vers le même désir de créer et de vivre, à la recherche permanente du bonheur.
Après m’être longtemps pâmée dans la douleur, peut être pour appeler au secours, sûrement pour attirer l’attention, à présent je ne cherche que le bonheur ; pas de ce bonheur préfabriqué que l’on ne conçoit qu’avec des choses matérielles, mais de celui qui se savoure en instants fugaces, une petite minute infime de plaisir, une minute durant laquelle mon cœur se soulève et bat plus vite, une minute qui m’étouffe presque, tellement elle est intense… Cette minute là est plus précieuse que tous les rêves de millionnaires…
Seulement être heureux, seulement savoir trouver le bonheur chaque jour malgré les défaites, les déceptions ou les malheurs…
Les malheurs et les douleurs me reconstruisent désormais, je ne veux pas les oublier, je veux juste bâtir quelque chose de nouveau sur ce modeste champ de ruine…
Cette recherche du bonheur reconstruit est permanente, après avoir perdu ma mère je ne concevait plus de peindre, je n’y ressentait plus aucun plaisir, seulement une douleur aigüe au fond de mon âme, un pincement cruel qui me rappelait que j’avais sûrement peint jusque là dans le mauvais dessein : celui de lui plaire.
Hélas moi qui avais toujours clamé que je peignais pour mon plaisir avant tout, je réalise alors que je me m’étais égarée…
L’acte de peindre venait bien du fond de mon être mais restait conditionné par le plaisir de voir briller de fierté les yeux de ma mère lorsqu'elle regardait un tableau; ce n’était bien sur pas le seul but, mais s’en était un certain… Comment donc continuer une toile en sachant qu’elle ne pourrais plus jamais en être fière… J’ai voulu pourtant poursuivre et chaque séance devenait une torture intérieure de plus en plus grande, un état qui au lieu de me donner du plaisir ne faisait que me confirmer que non seulement j’avais perdu ma mère mais qu’elle était partie avec un peu de moi…De ces séances, je n’en ressentait que le vide absolu, la création dans un trou noir qui aspire toutes mes envies et anéantit mes émotions…
Les réflexions vont bon train, passant de la lâcheté de tout abandonner et tout renier à l’envie malgré tout de continuer et poursuivre l’œuvre aussi modeste soit elle… Peindre pour moi et seulement cela, dans un premier temps tacher de me retrouver et de m’avouer vraiment qui je suis, pas seulement être celle que l’on voudrait que je sois…
C’est une libération malgré moi qui s’avère douloureuse, je m’aperçoit très vite que je ne sais pas comment « me lâcher » comment ignorer tout cet amas de fausses contraintes, d’excuses d’incapacité, de barrières factices… Passer au dessus de ça, me mettre quelque peu en souffrance, pour être honnête tout d’abord avec moi et enfin avec ma peinture… Il me faut trouver autre chose, suivre une autre voix, créer ma voix, trouver pourquoi j’ai malgré tout cette terrible envie de ne pas abandonner.
Cet éternel recommencement n’est pas non plus sans me rappeler mes entreprises équestres… Rien n’est jamais acquis, en peinture comme à cheval et comme dans la vie…
C’est une petite part de masochisme artistique qui côtoie et se confronte à la quête du bonheur…
Le travail n’est qu’à peine débuté il me faut à présent agir, tâtonner, chercher, avoir le courage de remettre à nouveau tout en question, jusqu’à ce que l’évidence s’impose à moi… Mais cette révélation sera t-elle si évidente que cela ? saurai-je la reconnaître, la maîtriser et l’apprivoiser… La roue est sortie de l’ornière mais la route est encore longue…
01 février 2008
De la légèreté...
La légèreté…. Un vaste concept très en vogue en ce moment, tout le monde aspire à la légèreté, tout le monde en parle et pourtant, je vois tellement peu de couples qui semblent y accèder…
Voilà donc ce que je pense de la légèreté, pour moi elle ne peut se résumer à allèger des actions de mains et des actions de jambes, la légèreté est bien plus que cela, bien plus proche de la symbiose du cavalier avec son cheval que d’une nouvelle équitation…
La légèreté suppose de connaître et d’être connu de sa monture de manière à former un couple qui se respecte mutuellement, rien ne sera dès lors ni exigé ni consentit, les mouvements seront crées et initiés à tour de rôle.
Malheureusement cette état de grace tant rêvé reste éphémère, un muscle se contracte et le couple se sépare en cavalier et monture, l’alchimie est à refaire sans cesse.
Ne plus demander, ne plus imposer sa volonté au cheval mais avoir la sensation de comprendre et d’être compris, de ne faire plus qu’un, de décider ensemble de se que l’on va faire. Aller dans une direction en la visualisant, penser une transition et l’exécuter, méler son corps à celui du cheval et bien plus encore, partager enfin le même corps et le même esprit.
Chacun propose et décide, nous ne sommes plus qu’un volonté unique.
Les exercices n’existent plus, plus rien n’est rigide, j’attend l’instant qui se prêtera au mouvement, j’attend que ma belle demoiselle soit prête et nous nous engouffrons pour quelques secondes dans l’oublis total de tout ce qui a pu être prémédité, tout cela n’est qu’une successions de mots dessinés sur le sable, un roman éphémère effacé par les vagues.
La magie de l’équitation est là, l’esprit en oublie sa soif de posséder, de bâtir, de gagner et s’abandonne à la joie de créer et de défaire pour recommencer sans fin…
Ce rêve éphémère de symbiose enfin atteint, ne plus penser, ne plus exiger mais seulement faire et créer ensemble, attendre l’instant où se profile à la sortie d’une courbe un mouvement plus léger qui ne demande plus d’effort puisque naturel, il est offert il est saisit et se perd dans l’instant, le corps n’existe plus, les muscles sont oubliés, les murs du manège disparaissent les sons s’assourdissent et l’on se perd dans l’extase de se mouvoir ensemble…
Je ne peux plus oublier la sensation surnaturelle du premier passage que m’a jument m’a offert, ce rebond silencieux et cadencé qui suspend une fraction de seconde mon cœur et ennivre mon esprit, l’espace d’un instant nous quittons le sol et cet instant insaisissable suffit à effacer le monde…
Plus de crispations, plus d’interrogation, la légèreté n’est que cela, se fondre avec son cheval et ne plus exister en tant qu’humain, devenir cet être mythologique tant rêvé : le centaure.
20 janvier 2008
Dressage......en extérieur
Aujourd'hui Dimanche, la semaine a été chargée en travail pour ma demoiselle, je décide donc de lui octroyer une journée de repos.
Mais le repos ne sous entend pas ne rien faire non plus! nous partons donc à pied en foret afin de nous aérer un peu les idées, après quelques détours par les sous-bois dans lesquels la demoiselle adore se rouler sur un doux tapis de feuilles mortes, nous reprenons notre route, Idanha commence à chauffer et me faire comprendre que ne rien faire et marcher au pas, ce n'est quand même pas le rêve!
Nous commençons donc par quelques cabrés en main, c'est un air que la demoiselle exécute avec grand plaisir et qui à le mérite de concentrer son énergie dans son exécution et d'éviter ainsi qu'elle ne s'éparpille en sautant comme un cabri au long de la promenade!
Puis après quelques jambettes et pas espagnol, nous tombons nez à nez avec un muret.....
Et une idée germe alors dans mon esprit tordu, faire monter la jument sur le muret ce serait une nouveauté... Nous tentons l'exercice, face au muret je demande une jambette, après quelques hésitations la demoiselle s'exécute et semble à la fois s'amuser à tapper sur le muret tout en étant surprise que je ne la gronde pas de faire cela! Je récompense et redemande patiemment en tachant de lui faire comprendre que son pied peut resté posé sur le muret...
Après quelques instants de patience, la demoiselle focalise sur son muret et s'applique, jambe droite posée....
Puis la gauche....
Cela maitrisé sans trop de soucis, comme toujours j'hésite... Faut-il s'arrêter là et tenter les deux pieds une autre fois? Allez on ne perd rien à essayer, je demande donc jambe droite sur le muret et une fois cette jambe bien posée, je demande l'autre....
Voila mon adorable petit clown a non seulement accepté sans soucis de monter sur le muret, mais pour bien me signifier que cet exercice lui parraissait bien trop facile elle en à croisé les gambettes!
Elle n'en finit pas de me surprendre!
De l'équitation en amazone
J’ai connu cette monte de façon accidentelle lors d’une halte de randonnée chez un vieux chatelain si heureux de voir à nouveaux des chevaux peupler ses écuries qu’il nous a offert une selle d’amazone…
Cette drôle de selle plus massive, plus lourde, avec ses deux fourches désespéremment vides m’a immédiatement fascinée, son cuir fauve rongé par les années et l’histoire que l’on devine sur son siège… Immédiatement, des rêves de petite fille m’assaillent et les fantômes de femmes à la taille de guèpe et aux robes de princesses m’entourent et m’enjoignent à m’initier…
Avant même d’avoir essayé cette monte je suis séduite, pouvoir monter comme ces femmes d’une autre époque. Ces femmes que beaucoup de féministes auront taxées de victimes du puritanisme et du machisme d’alors, je les vois comme des vraies amazones, fières et fortes, suivant sans peine les chasses les plus effreinées à travers bois et taillis, franchissant les fossés et galopant jusqu’à plus soif dans un bruissement de soie et d’étoles. Contraintes de monter ainsi, elles se sont appropriées ce qui semblait un handicap pour pouvoir atteindre l’égal des hommes montés à califourchons.
Elles sont dans mon esprit de vraies femmes, assumant leur différence et l’affichant au nez et à la barbe de tous, elles sont pour une fois sur le même pied d’égalité que les hommes sans avoir pour autant eu à renier leur féminité.
Pour la première fois de ma vie équestre, je pose cette selle étrange sur le dos de mon cheval de randonnée, j’observe et je m’interroge, mais plus je la regarde et plus l’envie de me mettre en selle me talonne. Personne autour de moi ne peux m’orienter ni me conseiller et comme souvent je m’apprête à me fabriquer ma propre expérience non sans un soupçon d’apréhension. Une journée de randonnée dans cette curieuse selle… Le paris est tentant mais pourrait vite touner au cauchemard !
La tentation l’emportera sur l’appréhension. Sitôt installée, je cherche une position confortable, les hanches et les épaules dans l’axe, je repose mes jambes autour des fourches et tache de me détendre. Au fur et à mesure que la journée se passe, je n’en finit pas de m’extasier du confort et du naturel de cette façon de monter, le cheval quant à lui ne semble pas perturbé pour un sous et avale sereinement les kilomètres. Cette journée reste gravée dans ma mémoire, comme un nouvel horizon équestre se dévoilant tout au long des chemins forestiers, je sens déjà que je ne pourrai plus me passer de cette façon de monter et je suis rongée par le désir de tout refaire en amazone.
Et voilà comment nait une nouvelle passion,
Les sensations que l’on ressent en amazone sont incroyables, le bassin étroitement lié au moindre mouvement du cheval, suffit à accompagner et demander. Tout est plus léger dans cette position, on ne se sent plus « agrippé » au cheval e, l’enserrant des deux jambes, mais on se sent légèrement « posé » sur lui et avec lui… C’est une incroyable sensation qui mêle une impression de maîtrise, de légèreté et presque de supériorité.
La monte en amazone ne peut se résumer à une lubie pour femmes en manque d’originalité, même s’il faut reconnaître chez les amazones l’amour de l’histoire et un certain goût pour le romanesque, c’est avant tout une façon de monter qui permet d’élargir sa pratique et sa compréhension de l’équitation, qui permet de mieux s’assumer à cheval en tant que cavalière, c’est une équitation qui ouvre les yeux et délie à la fois le corps et l’esprit.
Confortablement installée dans mes fourches, ressentant tout des mouvements de mon cheval, le buste bien plus reculé qu’à l’acoutumée, j’ai le sentiment de prendre du recul, de voir arriver les choses et d’y faire face. Le roulis du galop m’ennivre, alors que mon corps se fond et se laisse emporter dans ce mouvement exquis, mon esprit s’égare au gré du vent qui passe sur mon visage et emporte ma jupe dans un léger bruissement de tissus…
Souvent, les autres cavaliers me regarde curieusement et me demandent si je ne me sens pas minimisée par cette façon de monter…Comment leur expliquer que j’ai sûrement compris bien plus de choses de l’équitation et de ses finesses dans les fourches que dans des reprises de dressage.
Comment faire entendre que les jambes ne me servent à rien pour exécuter un départ au galop ou un appuyer ? Que seul mon buste et mon bassin me suffisent comme si mes jambes avaient disparu inutiles désormais puisque mon cheval à les siennes pour se mouvoir… Cette fois le rêve du centaure est atteint mais en plus complété du mythe de l’amazone !
10 octobre 2007
Ma préférence à moi...
Au travers de toutes les qualités que je vois à ma jument, il en est une assez inattendue qui, en y réfléchissant bien, me saute désormais aux yeux…
Bien sur, ma jument a de cette superbe naturelle qu’ont les ibériques ; ses allures amples et relevées à la fois, ses formes rondes et harmonieuses n’en finissent pas de me laisser admirative. Bien sur elle a sous la selle cette finesse incroyable qui me donne bien souvent l’impression d’avoir atteint la légendaire « Légèreté » que tout cavalier recherche. Bien sur son courage, son grand cœur, son endurance en font un cheval complet et permettent de se faire plaisir à la fois en dressage, à l’obstacle en extérieur et à pied…
Oui toutes ces raisons là sont belles et pourtant ce n’est pas cela qui me semble si précieux, c’est une chose beaucoup plus enfouie, un trait de caractère dont je ne peux plus me passer. Ma jument discute de tout avec moi, et cela n’a pas de prix… Elle qui lorsque je l’ai connue était enfermée dans un mutisme total, au fil des années, du travail fait ensemble, de la confiance gagnée jour après jours… Au terme de tout cela, ma jument discute désormais avec moi…
Lorsque je lui demande quelque chose que cela soit monté ou à pied, elle ne le donnera jamais sans avoir demandé pourquoi avant, rien n’est ni gratuit ni acquis, si un exercice ne lui plait pas, il me faudra lui expliquer avec toute la patience dont je suis capable, comment le faire et lui faire comprendre pourquoi cela est bon pour elle, autrement tout n’est qu’énervement et piétinement.
Nous faisons les choses ensemble, je lui demande, elle me répond, nous nous mettons d’accord, nous sommes loin du cheval automate qui répète sans conviction ce qu’on lui à appris… Tout doit être fait ensemble, créé ensemble et d’un commun accord.
Pour toute nouvelle chose que je souhaite lui apprendre, il me faut des semaines, voir des mois, car je commence par demander, elle me regarde l’œil curieux, je lui explique comment faire, elle me répond encore… En fonction de ses réponses, je vais comme à chaque fois, imaginer une nouvelle façon d’expliquer, l’essayer, elle me dira si elle comprend ou non, le cas échéant, il faudra encore se creuser la tête pour trouver une autre façon…
Et finalement, je m’aperçoit qu’à présent rien n’est plus précieux que ces instant où nous parlons, à tel point que j’en viens à préférer les moments consacrés à lui enseigner quelque chose au moments passés à répéter les choses acquises, rien n’est plus puissant que la joie que j’éprouve à discuter avec elle, si ce n’est peut être l’instant ou nos efforts conjugués se couronnent de succès et que le cœur battant de joie et de surprise, je reste subjuguée devant ma princesse qui me montre enfin et pour la première fois que l’exercice est compris et qu’elle accepte de le faire avec plaisir….
19 septembre 2007
Il faut savoir composer parfois...
L’équitation, un concept qui peu être aussi simple qu’il peut s’avérer compliqué !
Prendre son cheval et partir en foret est simple, juste partir et penser à autre chose, se libérer des tensions de la journée, se sentir libre…. Mais prendre son cheval et partir au manège promet d’avantage de complications, promesses de réflexions qui viendront se prolonger bien après avoir mis pied à terre, bien après la douche, le diner… Ces interrogations qui viennent me chatouiller jusque dans les bras de Morphée, dans mon inconscient galopant toujours la nuit et aspirant à l’ivresse de pirouettes ou de piaffer aériens, le tempo et la musique des sabots frappant le sol, le souffle de mon cheval arrondissant son galop… Toutes ces sensations inimaginables que mon corps et mon esprit viennent encore réclamer au plus profond de mon sommeil…
Les journées sont longues loin de ma princesse, il ne passe pas une journée sans que je ne pense à elle, à ce qu’elle m’a donné la veille, à ce qu’elle pourra me donner ou me reprendre ce soir… Les heures stagnent et j’use laborieusement le bois de mon bureau avant de pouvoir retrouver le cuir de la selle, les odeurs chaudes de paille, de foin et de chevaux.
Et toujours mon imagination galope, prévoyant ce que nous ferons ce soir, travail, liberté, travail à pied, et surtout quel objectif sera fixé.
Ce travail n’a pour seul objectif que notre bien être de couple équestre, rechercher un certain dépassement de soi ensemble, sans douleur et sans contraintes, s’amuser ensemble… Jamais de démonstration ou de compétition à la clé, je pourrai rester des heures seule avec ma princesse dans la pénombre de mon manège !
Ce soir là j’arrive enfin aux écuries, comme après une longue apnée, j’avale goulûment l’air chargé de ces odeurs de chevaux…Je respire enfin !
Ma princesse est en plein repas, qu’à cela ne tienne, je m’apprête à la préparer dans son box afin de la laisser finir sa ration. Cependant la demoiselle à d’autres attentes, à peine ai-je appuyé la porte du box derrière moi, qu’elle la pousse à pleines dents et avance de quelques pas dehors, elle se retourne et me regarde… Quand je pense que ce cheval était « autiste » il y a quelques années ! Le moins qu’on puisse dire est qu’elle sait désormais communiquer et se faire comprendre !
La préparation est laborieuse, la demoiselle ne tient pas en place, je la selle et nous marchons un peu avant que je ne me mette en selle. Au moment ou je trouve ma place dans ma selle, Danha démarre au petit trot… En général ce genre de comportement ne présage rien de bon lorsque je rêve d’une séance de travail en légèreté… La sentant très explosive, je me dirige vers le manège, impossible de revenir au pas, elle souffle, se contracte et trottine toujours ; j’entame donc une détente au trot…
Cela ressemble plus à un hit d’entraînement de trotteur ! Idanha développe tout de suite ses foulées, jette rageusement les antérieurs en avant et avale les longueurs, se couche dans les tournants et repart de plus belle… Quinze minutes n’y suffiront pas, elle ne veut pas entendre raison et continue de se durcir, mon bras gauche commence à être douloureux et je sens cette terrible colère qui pointe en moi, je me contracte aussi…
Mais cette fois, je décide non seulement de lutter contre la colère mais de m’accorder quelques instants pour analyser la situation. Danha n’a plus été comme cela depuis des mois, elle est appliquée et calme dans le travail… Alors pourquoi ce brusque retour en arrière ? J’entrevois soudain une raison simple, si simple qu’elle nous échappe parfois… Elle à de l’énergie à revendre et elle n’a pas du tout envie de la dépenser à travailler, je crois que le manège lui sort par les yeux ! Ma jument est simplement entrain de me dire à sa façon « sors-moi de là et vite ! »
Je lui demande quelques foulée de pas espagnol, elle sait que cela annonce la fin d’une séance alors elle s’applique !
Sitôt fait, nous sortons du manège, je déshabille la bête qui me regarde en coin se demandant sûrement si j’ai bien compris le message et si je ne suis pas en colère. Je la mène au manège de liberté et la lâche… Il me faudra peu de temps pour être sure d’avoir fait le bon choix ! Ventre à terre elle traverse le manège en long en large et en travers, se cabre, repars de plus belle en ruant violemment comme pour asseoir un peu plus sa liberté. Place aux jeux ensemble, elle me charge et s’arrête à quelques centimètres, se cabre, repars en poussant un petit cri strident, queue sur le dos et naseau dilatés. Elle est heureuse !
Quant à moi qui avait rêvé d’une belle séance de travail toute la journée, je ne suis pas déçue, bien au contraire, je suis heureuse d’avoir su surmonter mes envies et mon impatience, de ne pas avoir céder à cette terrible déformation que l’on vous enseigne dès le plus jeune age ( entendez vous encore parfois votre monitrice de l’époque crier « allez, il faut qu’il cède, il faut imposer ce que tu veux et l’obtenir… » ? ) Non cette fois j’ai fait taire le fantôme de cet enseignement à sens unique, j’ai su faire taire ma propre colère, ma propre douleur et j’ai écouté ma princesse. Je la regarde s’ébattre librement et encore une fois je constate à quel point ce cheval est ma vie…
01 septembre 2007
Le retour de la princesse aux pieds nus!
Enfin! enfin je retrouve ma princesse, en ce beau matin de Septembre voila l'expédition vers les prés verdoyants et humides ou miss Danha jouait les tondeuses à gazons!
Toujours un peu angoissée à l'idée de l'état dans lequel je vais la retrouver, pas trop maigre? ses pieds fragiles pas trop abimés? pas de bobos? Je l'apperçois au fond de son pré, elle me voit et accourre... Celle ci il n'y a pas besoin de carottes pour l'attraper, après un mois passé seule dans son pré, elle n'a qu'une hate, se frotter contre moi, se faire gratter la crinière le toupet, les yeux le garrot, elle ne sais plus par quel bout commencer! Je la regarde sous toutes les coutures, ses pieds sont impecables, elle a un ventre énorme, et pas de bobos en vue... Je ramène donc mon poneys jaune et hirsutte qui traine son gros bidon.
Elle semble heureuse de retrouver la chaleur de son box, cette année pas de déprime post-estivale, elle est en forme, même un peu trop! Première chevauchée ensemble, nous allons dans la carrière, je ne vais tout de même pas la déprimer dès la première fois dans mon placard de manège... après un quart d'heure au pas tranquille, demoiselle commence à pietiner un peu plus, a rebondir joyeusement pour me signifier qu'il faudrait peut etre passer à la vitesse suppérieure... La sentant relativement calme ( comme quoi après 7 ans de vie commune faudrait pas croire que je la connais par coeur celle là!) j'entamme ma détente au galop..............Détente le mot est faible! elle détalle ventre à terre, naseaux grands ouverts, attrape son mors et me fais les bras... je laisse faire, c'est pas très académique tout ça mais la sentir si joyeuse me grise un peu moi aussi... Le poney qui travaillait dans la carrière en même temps que moi nous regarde à moitié surpris à moitié envieux et nous enchainons les tours de galops effreinés.....C'est trop bon!
Après ça, un peu de remise au travail s'impose pour les séances suivantes, comme d'habitude je crains qu'elle ai oublié des choses, mais non, tout es bien là, la demoiselle est détendue et travaille volontier... Je ne parle même pas des fins de séances "jeux" au cours desquelles elle enchaine de joyeux cabrés, jambettes, croise-papate et pas espagnol.......mon dieu quel bonheur de s'oublier à ce point l'espace d'une heure ou deux....Plus rien que nous, l'odeur de son poil humide de travail, le contact léger sur les rênes, le bassin soudé avec son dos, la communion parfaite, plus de mots, plus de maux, le silence et la compréhension, rien que cela.....
26 août 2007
A pied dans la tourmente
Pour nous ce mois de vacance sera bien différent cette année, après des mois passés aux cotés de ma mère à lutter contre un cancer métastasant un peu partout, après des mois à être juste là, impuissante, à employer toute mon énergie à être utile autant que possible, à donner tout ce que je pouvais donner, à maintenir à bras le corps une lueur d’espoir dans les yeux de ma mère et de tout le reste de la famille, après ces mois à s’oublier soi-même, à lutter contre la fatigue, la colère, le désespoir, après ces longs mois, les médecins ont coupés le fil ténu qui nous raccrochait à ma mère et qui la maintenait en vie…
Il n’y a plus rien à faire, plus d’espoir ont-ils dit, il faut la laisser partir… Dans cette situation douloureuse, nous nageons entre deux eaux, entre la vie qui brille encore parfois dans ses yeux, et la mort qui a obscurcit ses traits…
Le matin du premier Août, maman est partie… Je me suis réveillée à la même heure avec cette boule à l’estomac, et cette étrange impression… Puis le coup de fil implacable qui m’envoie au fond du gouffre… Incapable de bouger, je reste allongée, les muscles paralysés, le cerveau embrumé, me répétant ces seuls mots « maman est morte, maman est morte… »Comme pour m’obliger à y croire, pour que l’idée soit définitivement ancrée en moi… Elle est partie, durant des minutes, des heures, je le répète encore et encore, jusqu’à ce que Didier vienne me sortir de ces limbes où je m’abîme, vienne me faire prendre conscience que j’appartient à la vie, au monde des vivants et qu’il n’est pas possible de rester entre les deux…
Nous passons donc le mois d’août en Corse, en famille comme prévu, à cela près qu’une personne manque, qu’une chaise reste vide, qu’un rire reste muet… Se retrouver tous ensemble pour affronter l’inacceptable, pour se réconforter les uns les autres…
Affronter la journée de son enterrement, sous le soleil de plomb qui pèse sur nous et nous accable encore un peu plus. Tous ces gens rassemblés sur la place de l’église de notre petit village, ce village qui a vu naître et grandir ma mère s’apprête à l’accueillir une dernière fois… Tous ces gens qui nous embrassent et nous étreignent, comment leur faire comprendre que nous aimerions tant être seuls, ne pas être touchés, ne pas être embrassés, juste seuls avec notre peine, expier tout ce chagrin loin de leurs regards, être seuls une dernière fois avec elle… Nous entrons dans la petite église du village, ici ma mère et mon père furent baptisés, ici également ils se marièrent, cette même église dans laquelle mes grands parents et arrières grands parents ont reçus leurs premiers et derniers sacrements… Ici tout commence et tout finit, la vie, l’amour qui donnera de nouveau la vie, et enfin la mort. Elle est si belle cette église, ses murs bleus défraîchis, ces statues de saints que je connais depuis ma plus tendre enfance… La messe est chantée en latin par trois hommes corses, personne ne pourra retenir ses larmes , les voix s’élèvent sous la voûte et nous entraînent au plus profond de nous même…
Ce dernier instant avec elle, tous réunis autour d’elle et déjà si loin… La procession jusqu’au petit cimetière familial, ils sont tous là, ils semblent l’attendre comme une promesse de désormais veiller sur elle qui fut notre mère, leur fille leur nièce, leur petite fille… Une dernière rose, une dernière prière, un dernier je t’aime, glissent silencieusement sur son cercueil descendu et tout est finit… La procession remonte pour de nouvelles embrassades, des mots de réconfort, de soutient, d’amitié, d’amour… Je reviendrai demain lorsque tout le monde sera loin, comme toujours, j’irai saluer mes ancêtres et pour la première fois, je parlerai à ma mère au pied de sa tombe, je lui dirai ce que je n’ai pu lui dire la veille, pas Adieu, mais à bientôt ici ou ailleurs… J’emporte avec moi son souvenir et son amour.
Le quotidien dans cette maison où nous avions coutume de passer les vacances tous réunis est difficile, parfois nous vivons comme nous allons devoir vivre désormais, heureux et insouciant de nouveau, et la seconde d’après, une ombre passe sur un visage, un silence s’alourdit, heureux oui mais sans elle… Il est difficile de vivre ici sans la voir partout, parfois il me semble l’entendre m’appeler, ou l’apercevoir lorsque j’ouvre une porte… Nous oscillons entre la vie qui reprend ses droits et de terribles accès de tristesse, de manque, d’injustice… Je me surprend à faire les choses que a mère faisait et de la même façon, j’irai même jusqu’à me brûler la main dans le four par manque de précaution, ce dont nous blâmions régulièrement ma mère… Ensemble nous tachons de faire face et de laisser un peu de coté la légendaire pudeur familiale pour ce qui est d’exprimer ses sentiments…
La vie semble donc reprendre son cours et la vie est douloureuse, les nuits sont longues et peuplées de cauchemars, je rêve sans cesse l’enterrement de ma mère, et lorsque ce n’est pas cela, c’est mon cheval que l’on m’enlève… Jamais je crois ma belle Danha ne m’a tant manqué…J’aimerai tant l’avoir près de moi, étouffer mon chagrin contre son encolure, cacher mes larmes sous sa crinière, presser ma joue contre son poil doux, me cacher dans la pénombre de son box, m’oublier sur son dos , faire corps avec elle, oublier mes muscles, mes pensées, mes peines…Voler quelques instant à la souffrance, suspendre la vie le temps d’une foulée de galop, chasser tout cela le temps d’un cabré… Cela parait absurde d’être autant en manque de son cheval alors que l’on vient de perdre sa mère… A vrai dire peu de gens sûrement peuvent le comprendre… En fait, je m’accroche à ce qui est encore accessible ; l’absence de ma mère sera toujours douloureuse, mais je ne pourrai jamais y remédier, alors mieux vaut manquer de ce que l’on peut retrouver… Ce mal irrépressible me ronge sans que je puisse trop l’avouer, qui comprendra cela ? J’ai besoin de ma jument pour vivre, elle est une partie de moi. Le tableau de ma vie que je croyais innocemment intemporel vient de se transformer en puzzle, une pièce vient de disparaître à jamais laissant un trou noir… Je sais exactement à quoi ressemblait cette pièce, ma mémoire la gardera intact mais le puzzle sera à jamais incomplet… Ma belle Danha est elle aussi une pièce du puzzle qui pour l’instant à été mise de coté, cependant dans ces heures douloureuse je voudrai que ma vie soit complète autant que possible, je voudrai que toutes le pièces les plus importantes soient réunies pour que la vie reprenne ses droits et puisse enfin continuer… Voila pourquoi alors que je pleure ma mère, je pleure également mon cheval éloigné, voila pourquoi alors que ce vide en moi sera à jamais présent, je ne rêve que de galoper et de sentir mon cheval m’enlever un instant à tout cela…
les vacances de Danha
Les vacances arrivent enfin, pour nous comme pour Idanha, enfin elle chausse ses protections de transport et comme chaque année, elle connaît la destination… Le paradis d’Idanha est un grand pré verdoyant réservé à elle seule, pour que son ego de cheval indépendant et peu sociable ne soit pas froissé ! Comme nous elle semble préférer aux cohues des plages bondées, les grands espaces où elle est libre de s’ébattre à sa guise ! Ce luxe étant pour l’instant possible, le pré de miss Danha est réservé ! d’autres chevaux broutent dans les pâtures avoisinantes et ce voisinage lui suffit. Voila donc le paradis de miss Danha, la garantie d’un mois de vacances à brouter tranquillement sans personne –ni homme ni cheval- pour l’importuner.
A peine sortie du camion, elle m’emmène vers les prés, elle tire piaffe et trottine, elle connaît le chemin et aimerait tant que je lâche le licol pour qu’elle puisse y galoper tout droit !
Sitôt lâchée, elle s’élance, nez au vent, queue en panache, elle ronfle bruyamment pour s’annoncer et plane de son trot magistral vers le bas du pré, nargue les copains à coté, joue les entiers, pirouette pour faire demi-tour et remonte au grand galop ventre à terre pour finir par se cabrer devant nous !
Pas de doute, elle est heureuse, elle se jette par terre les flancs battants et le souffle lourd de sa course et se roule longuement… Lorsqu’elle se relève, elle est devenue cheval de pâture, calme et paisible, n’aspirant plus qu’à une chose, brouter…
Nous nous éloignons, tout en sachant que si nous nous retournons parfois pour lui jeter un dernier regard, elle ne lèvera pas la tête pour nous regarder partir, elle est heureuse et c’est tout ce qui compte.
Chaque année, ce mois de vacance au pré est difficile pour moi, j’oscille entre la joie de savoir ma beauté heureuse et le déchirement que je sais devoir ressentir durant un long mois loin d’elle…
26 mai 2007
passion échapatoire?
Je ne suis pas sure que nos passions nous permettent de fuir la réalité, en fait je crois qu'elles nous aident à l'améliorer, elles nous aident à vivre pleinement la vie...
En tout cas, mes passions auront été mes bouées de secours en ce moment où je me sentait vraiment mal, lasse, fatiguée, délaissée, les choses qui me font avancer et sortir de cette lassitude presque dépréssive sont justement ces passions.
Avec ma jument je découvre de nouveaux horizons, désormais tout devient possible je le sens, plus de barrières, plus de problèmes, nous avançons, nous profitons, nous sommes heureuses...
Je découvre encore un peu plus l'art de vivre sa vie, l'art de découvrir chaque jours de nouvelles choses et de les savourer, d'apprécier de nouvelles rencontres, de partager, d'échanger, de prendre le temps, de ne plus calculer, de ne plus attendre, mais de prendre sa vie à pleine main et de réaliser au combien ce que l'on a aujourd'hui est précieux...
Aujourd'hui, deuxième jour d'expo à la garde républicaine, je n'ai rien vendu, certes, mais j'ai rencontré tellement de gens différents, j'ai fait face à ma timidité et ma réserve naturelle, j'ai juste profité de l'instant et de ce qu'il avait à m'offrir. De cet homme en fauteuil roulant avec qui j'ai discuté durant des heures, de peinture de chevaux, d'architecture et de la vie pour finir par me donner le numéro de Marcel Rozier pour faire des expos chez lui car il aimait ma peinture.... De ce moment où j'allais partir après avoir fermé mon stand, un garde que je connais m'invite à prendre un verre au bar, il n'y a plus tous ces cavaliers hautains, plus que les gardes républicains, gentils ouverts, droles, pleins de dérisions sur eux mêmes... Un concert improvisé par des gardes en uniformes solennels, qui tout à coup sortent leurs corps de chasse pour accompagner une musique de jazz qui passait dans le bar, des moments rares, suréalistes parfois... des moments spontanés... Des moments que d'ordinaire j'aurai manqué avec ma réserve naturelle... Et cette longue discussion sur l'équitation les chevaux et la vie avec ce maître de manège, sur ma jument, ma peinture, ma vie, sa vie, ses chevaux, ses élèves... Tout mélanger et n'avoir à la clé que du bonheur, ces moments tourbillonants de la vie où l'on oublie pourquoi on a pu être si malheureux et ou l'on se sent bien sans avoir besoin d'une bonne raison... juste bien...juste légère... Rien d'autre, finit les bilans, les plans les projets, pour un instant juste être heureux parce que l'instant s'y prête...Et bien sur écrire ce bonheur pour que demain il en subsiste au moins l'essence, la raison, le souvenir... encore un peu de bonheur pour affronter le quotidien, juste un sourire, juste cet instant de plénitude...
25 mai 2007
De plus en plus dur...de plus en plus bon!
Les cours se suivent et ne se ressemblent pas ! A chaque nouvelle séance, le maître complique l’exercice et rajoute une difficulté supplémentaire. A ma grande surprise lorsque je cesse de douter de la capacité d’Idanha à franchir cette nouvelle étape, le mouvement passe en douceur et la bonne volonté de ma demoiselle ne fait plus l’ombre d’un doute. A partir du moment où je reste dans mon assiette, les jambes en place, il me suffit de demander correctement et elle exécute.
En réalité je me rends à présent compte que je me suis rendue chez M. Suchet afin de « dresser » Idanha, en fin de compte ce n’est pas l’éducation de ma demoiselle que nous aurons fait mais une rééducation de sa cavalière ! Les accidents, les douleurs et le travail solitaire m’avaient voûtée, mon dos durcit n’amortissait plus les mouvements de ma demoiselle, mes jambes en place certes mais loin du contact de peur qu’elle ne sursaute et ne chauffe… Au fil des jours, je me redresse, mon assiette bien calée au fond de la selle, le dos déjà un peu plus souple accompagne le mouvement et ne gène plus ma demoiselle et enfin, je découvre qu’assise ainsi je ne suis plus simplement assise sur mon cheval, je fais corps avec elle, je sens ses muscles s’activer dans la douce cadence de son trot, je redécouvre à cette allure la fantastique sensation de flotter. Je parviens dès lors à employer un peu mes jambes, Idanha ne sursaute plus elle répond, simplement en l’étreignant doucement avec mes mollets je la sens s’arrondir, son encolure se relâche, son dos remonte et je sens ses postérieurs se rapprocher et pousser pour la propulser en avant. Nous pouvons désormais prétendre au célèbre « en avant, calme et droit » avec une fierté naturelle que procure cette position retrouvée, à vrai dire il y avait bien longtemps que je ne m’étais sentie si fière à cheval !
Les premiers exercices concernaient les transitions, ensuite l’incurvation sur les cercle, ensuite les flexions, puis les épaules en dedans. Une fois tout cela en place, nous avons travaillé au pas les spirales enroulées puis déroulées, puis au trot et enfin au galop. Et comme en équitation rien n’est jamais aboutit, cette semaine l’exercice se corse avec des transitions sur la spirale. J’ai finit de douter, je place mes aides, je me détend, je demande et Danha donne… Cette sensation incroyable que même dans des exercices complexes et contraignants rien n’est impossible, tout se prépare, se demande et s’obtient…
Je revois ma façon de faire, je réfléchis et raisonne mon équitation avant ou après être monté, pendant je savoure et me détend.
Comme il ne suffit pas de travailler assidûment pour obtenir tant, il faut également savoir ménager sa monture, je laisse à ma belle des moments de détente, je l’emmène voir les poneys qui broutent paisiblement dans leur pré, elle les adore. Ma jument d’ordinaire si acariâtre avec ses congénère s’avère en réalité avoir une tendresse presque maternelle pour les poneys, elle s’en approche doucement tend son encolure vers leurs naseaux et échange son souffle.
Ensuite je la lâche en liberté dans le rond de longe dont la porte est située juste en face du pré des poneys, Idanha fait alors son show, des aller-retour au trot piqué, queue sur le dos et ronflant comme un entier, elle stoppe net devant la porte et se cabre face aux poneys puis repars ventre à terre !
La chaleur étant parfois étouffante dans le rond de longe, je lui offre des détentes dans la carrière avec des reprises de poneys, elle n’en finit pas de les regarder et de flamber devant eux, elle est joyeuse et heureuse. Elle sait sans doute que bientôt elle retrouvera ses pénates avec les séances difficiles dans lesquels les grands selle-français et chevaux allemands n’en finissent pas de lui couper la route… Ni elle ni moi ne sommes impatientes de retrouver cette routine implacable, le rêve sent la fin, nous saurons l’entretenir et nous reviendrons régulièrement au pays des ibériques et des poneys !
22 mai 2007
Le lundi c'est dur!
Drole de reprise ce lundi, passer du jour au lendemain de la peinture au bureau, ça n'est pas si facile de changer de casquette au pied levé!
Enfin il faut bien s'y remettre en cette morne journée grise et froide, je suis courbaturée de partout, le cou raidis par la fatigue, vidée par ce long week end d'exposition et un peu déboussolée... La journée s'annonce glauque, le moral est en berne, je ne veux qu'une chose, rentrer, m'enfermer, me coucher, me cacher, ne plus voir personne, ne plus rien entendre, ne plus rien lire, ne plus rien dire...
On ne fait pas toujours ce qu'on veux, non seulement j'ai une journée de travail chargée de rendez vous, mais en plus, ce soir le maître m'attend pour la reprise! J'ai déjà du mal à tenir mon dos droit sur ma chaise, alors je ne meurs vraiment pas d'envie d'aller monter... La journée s'étire et je me traine, quand arrive l'heure d'aller rejoindre ma belle Danha, c'est à reculons que j'y vais, elle ne m'a presque pas vu depuis trois jours, la reprise risque d'être sportive!
La demoiselle m'attend de pied ferme, comme si elle sentait mon mal être, elle se colle contre moi, cherche les caresses, enfouis son nez dans mon cou, sous mes cheveux, pose sa tête sur mon épaule... Idanha est d'une tendresse presque maternelle et petit à petit la fatigue et la lassitude disparaissent je me sens mieux, tellement mieux que j'en pleure malgré moi, il faut bien évacuer... Cette jument ne finira jamais de m'étonner!
Regonflée par tant de tendresse, nous partons vers le rond de travail pour une détente en tête à tête, je met ma minerve pour limiter un peu la casse et je me hisse en selle. Dès le début Idanha se montre très souple mais très tonique! Le maître n'a pu vraimment la monter étant donné la différence de poids entre le sien et le mien, ma demoiselle lui a vite fait comprendre qu'il ne fallait pas trop y compter!
Quoiqu'il en soit, je suis agréablement surprise, elle a bien assimilé les exercices de flexions et les fait à présent sans craintes, elle est souple et légère malgré le surplus d'énergie qu'elle à accumulé. le maître arrive et nous entreprenons une révision complête en enchainant la totalité des exercices, Danha s'applique, je fais tout mon possible pour rester à ma place, j'étire mes douleurs, j'essaye de relacher les muscles contracturés puis peu à peu je m'abandonne à cette fantastique sensation de faire corps avec mon cheval... ça y est enfin on y arrive!
Je repars légère et regonflée à bloc, plus rien ne compte, la fatigue et la douleur se sont assourdies...
19 mai 2007
Expo au CSI La Courneuve
Me voila donc plongée au cœur de ma seconde passion, la peinture ! En réalité il s’agit là d’un exercice lié à cette passion, tout comme il est parfois nécessaire de s’exposer aux critiques à cheval, il en va de même pour la peinture, les réaliser est un acte très intime, très renfermé sur soi-même ; aussi faut-il un jour les livrer au yeux de tous et accepter tout ce que l’on peut en recevoir, compliments et critiques sont indispensables à la création, à la réflexion et surtout à l’humilité.
Me voila donc installée dans ma tente pour trois jours, tous mes chevaux sont là, des plus fiers au plus maladroits, tous attendent que l’on vienne à eux.
Tout comme l’équitation, la peinture est la garantie d’une éternelle remise en question, une vie ne suffirait pas plus à atteindre la perfection équestre que la perfection picturale, tout peut toujours être amélioré, la barre est sans arrêt montée d’un cran …
Ces deux arts sont éphémères, ce qui a été crée hier n’est pas simplement acquis pour demain, il faudra sans relâche, travailler, réfléchir, recommencer et savoir s’arrêter… Les tableaux restent comme un cheval dans son box, attendant que l’on y vienne chercher, un peu de l’émotion que l’on a ressentit en les créant reste comme gravé en filigranne dans la trame régulière de la toile de lin.
Chacun lira ou non cette émotion, ressentira ou non quelque chose d’autre qu’une pale beauté dont on se lassera vite, comme un cheval que l’on découvre pour la première fois, outre les jugements morphologiques que l’on y porte, chacun aura sa préférence pour un œil qui pétille, pour un port de tête altier, pour une foulée ample et souple…
De même les tableaux auxquels je porte le plus d’affection ne sont pas toujours les plus plebiscités, il est fréquent que mes vilains petits canards remportent bien plus de suffrages que mes fougueux entiers ! C’est pourquoi, je n’opère plus ou presque plus de sélection dans mes expositions, tous mes chevaux sont menés au terrain de concours et libre à chacun d’attirer plus l’attention qu’un autre…
Les expositions sur les terrains de concours sont une merveilleuse expérience pour moi, tout d’abord, mes tableaux sont confrontés à tout public, cavalier professionnel, propriétaire ou éleveur, spectateur avertit mais également simple badaud qui « passait par là » !
Au-delà de cela, les rencontres sur les terrains sont toujours enrichissantes, cette fois ci il s’agit de M. Meyrier, illustrateur pour Le Larousse, pour Cheval Magazine et bien d’autre, cet homme d’une autre époque est d’une telle stature qu’il est impossible en le voyant passer de ne pas penser, cet homme est un artiste ! Il arpente le terrain, pipe à la main, sa longue barbe blanche au vent, derrière cette apparence qui ne manque pas de me rappeler Cezanne, il arpente le terrain, parle et salue tout le monde, il est de ces hommes qui n’ont plus rien à prouver à qui que ce soit et qui profitent pleinement de ce que leur apporte chaque moment.
Ces journées sont longues et éprouvantes, je passe de la morosité d'attendre que quelqu'un vienne, à la passion des échanges avec différentes personnes, jusqu'à l'exitation de vendre une toile, de voir l'un de mes protégé partir vers une nouvelle demeure...
Ces expositions sont également pour moi une épreuve afin de me confronter aux autres, comme la plus part des artistes, je ne me sens pas l’âme commerciale, parler de ses œuvres avec d’autres n’est pas toujours facile, les vendre et même parfois les contre-marchander est encore plus difficile !
Je n’ai pas encore l’aisance de ce viel homme qui passe devant ma tente, la question que les gens me posent le plus souvent est « c’est vous qui les peignez ? » cette question est généralement assortie de grands yeux ronds étonnés, il faut croire que bien qu’en ayant l’âme, je n’ai pas le profil de l’artiste !
Je philosophe tout cela en songeant peut être me mettre à la pipe ! ou à laisser mes cheveux hirsutes ( pour la barbe ce sera difficile !) et mes ongles noirs de peinture !
Quoi qu’il en soit aujourd’hui j’aurais passer une épreuve supplémentaire, non seulement j’ai vendu un tableau mais qui plus est je l’ai vendu en anglais ! à vrai dire je me suis même sentie plus à l’aise en anglais, comme si le fait de changer de langage me déshinnibait totalement... Je suis fière, c'est mon premier tableau international! celui là ira donc faire de l'oeil à un propriétaire Irlandais...
dernier cours de la semaine
Dernier cours avant un long week-end loin de ma jument, lorsque l’on a des passions dévorantes il faut savoir sacrifier à l’une comme à l’autre, pour ce week-end, ce sera donc la peinture.
Mais pour l’heure nous retournons dans notre petite bulle, sur la piste du rond de travail, nous retrouvons le maître, à nouveau il faut replacer ma position, cela se fait déjà plus naturellement depuis la séance à cru. La jument se pose sur son mors, aujourd’hui un verdun avec un jouet en cuivre, elle a l’air d’apprécier cet allègement et le confort des canons plus épais…
Nous reprenons les exercices de spirale, en y ajoutant cette fois des transitions vers l’arrêt ou vers le trot, les démarrages se font un peu en dérapage, mais il faut respecter le principe de toujours demander un peu plus au cheval au fur et à mesure des séances, sans cela le cheval s’ennuie et ne se concentre plus sur son travail…
La séance se passe à merveille et je commence à être fière de nous ! Je cesse petit à petit de reporter mon poids en avant et du coup ma belle Danha se fixe et reste posée sur son mors en confiance dans le mouvement en avant comme dans les arrêts.
Tout devient désormais possible, Idanha marche d’elle-même au pas d’école, je la soupçonne de volontairement flamber devant le maître ! Et ma fois ce dernier à l’air d’apprécier les facéties de la belle !
Pour l’instant nous ne touchons pas aux airs de spectacle, il ne faut pas tout mélanger et les séances demandent déjà beaucoup à la belle, les efforts physiques tant que les efforts de concentration l’épuisent littéralement.
Nous finissons donc par un pas de plus vers le campo à pied, Danha s’étend et reste ainsi à scruter pour savoir qui donnera la première carotte !
Voila je rentre ma belle à son box et la laisse donc pour les trois prochains jours aux mains du maître…
Je lui fais parfaitement confiance pour s’occuper de ma précieuse jument, mais la confiance n’exclue malheureusement pas les angoisses presque maternelles que j’éprouve à ne pas être là…
17 mai 2007
Révisions et exercices
Ces deux derniers jours, le maître n'a pu s'occuper de nous, qu'à cela ne tienne nous avions déjà bien assez à assimiler toutes les deux! nous nous sommes donc offert deux jours de révisions et détente!
Mardi je me suis mise à cheval franchement perclue de courbatures et contractures, j'imagine de ma miss devait être un peu dans le même état! donc nous avons repris les choses en douceur, longtemps au pas, on recommence tous les exercices un par un, j'essaye de m'imposer la rigueur nécessaire pour lutter contre mon inconscient un peu plus flegmatique qui me suggère parfois de remettre à demain un exercice qui a du mal à passer! Cette fois ci je me pousse et me motive et à force de persévérance et de douceur, les progrès arrivent. Ma demoiselle commence à s'assouplir et à moins craindre les incurvations et les plis que je lui demande, au simple contact de mes mollets elle s'engage ou s'incurve, elle me dispense même de beaux arrets sans se rouvrir et repars l'encolure souple... Pour aujourd'hui la révision est satisfaisante, ma demoiselle à gagné sa liberté! je défait la sangle, ote la selle de son dos humide, ote le filet... Et voila ma jolie jument qui se roule à mes pieds! Auparavant elle s'éloignait toujours un peu de moi, mais depuis que nous sommes là elle se roule vraimment contre moi, j'en profite pour m'approcher et m'accroupir près de sa tête, ça ne lui fait pas peur, mais de toute façon elle est tellement concentrée sur son oeuvre!
Nous jouons un peu ensemble dans le manège puis je la ramène pour une bonne heure de pansage!
Le lendemain je m'en tient à une séance de longe pour revoir un peu ma belle se déplacer, aucun problèmes de secoté là, ses allures sont légères et déliées, elle trotte dans cette cadence qui me berce et me fais rêver. Toujours facétieuse, elle cherche avant tout à jouer, mais pour l'heure il faut travailler un peu. Je marche avec elle à la piste pour revoir un peu le pas espagnol, elle semble plus en équilibre sur ses postérieurs et marche le pas espagnol gracieusement...
Puis je ne peux résister, je n'avais pourtant pas envie de monter aujourd'hui, mais je finis par me hisser sur son dos, sans rennes et sans selle... Tranquillement au pas, je me concentre sur les mouvements de son dos, du moindre de ses muscles, je trouve ma place et commence à demander des arrets à l'assiette. Sans selle, il est beaucoup plus aisé de sentir l'action juste, je mémorise les sensations et caresse ma belle. Nous continuons par quelques changements de direction, simplement en tournant les épaules et en reportant mon poids de coté elle tourne tranquillement, me corrige parfois lorsque j'oublie de me rasseoir correctement, elle entamme alors des pirouettes sans fin, jusqu'à ce que je comprenne mon erreur et renvoie la belle en avant et droit d'un mouvement de bassin...
Pour finir je rejoins à regret la terre ferme et reprend l'exercice du campo, Idanha n'a pas oublié quoi que ce soit et me gratifie même d'un pas en avant supplémentaire, je caresse et recule doucement, elle reste ainsi campée à me regarder. Pour aujourd'hui ce sera plus que satisfaisant, de retour au box je lui donne sa récompense qu'elle semble tant apprécier, un peu d'avoine et un kilo de carottes!
Demain nous retravaillons avec le maître, je lui confierai ensuite ma demoiselle pour le week end, étant prise par mon exposition. J'espère que tout se déroulera bien, je fais confiance à l'un comme à l'autre mais tout de même, ce n'est pas facile de confier sa merveille!!
14 mai 2007
j'en bave mais c'est trop bon!
Réveil courbaturée ce matin, qui a dit que l'équitation n'était pas un sport?!
Une nouvelle séance de travail aujourd'hui dans le rond de longe et honnêtement j'en bave!
Aujourd'hui changement de mors, le goyo droit ne plait pas au maître et il est vrai qu'Idanha en a toujours une certaine apréhension sitôt qu'on y touche un peu trop fort, pour aujourd'hui nous essayerons donc le Pelham à canons brisés et je suis bien décidée à redescendre progressivement sur des mors encore plus légers ( enfin pour le travail en manège en tout cas!)
M. Suchet ne me lache pas sur ma position, ça commence à venir un peu plus naturellement mais sa présence est encore indispensable pour me rattraper au moindre écart! Le résultat sur Idanha est réellement flagrant, elle se cale mieux, monte progressivement son dos et se déplace avec calme.
Gros travail d'incurvation au programme ce qui n'est pas du tout le point fort de mademoiselle, tout en vibrations sur la rêne intérieure, à l'aide du poid du corps et d'un léger placement des aides, ça ne lui pose finalement aucun problème, même à gauche où elle est d'ordinaire si raide ( à moins que ça ne soit moi?!), M. Suchet au milieu nous apaise, nous calme toute les deux, et quel bonheur de travailler avec tant de légèreté, pas de contrainte pas de résistance, j'indique les choses justes et miss Danha fait les choses justes... Nous travailllons à partir du grand cercle et le réduisons en spirale jusqu'à un petit cercle de 2 mêtres puis progresivement retour sur le grand cercle, un exercice qui n'a l'air de rien mais qui se révèle redoutable pour ma Miss Péniche qui adore virevolter en chassant les hanches!
Voila encore de quoi travailler pour plus tard! Dans cet exercice, je réalise une chose, ammener la jument vers le centre demande quelques efforts et me prend 3 tours alors que la laisser repartir vers l'extérieur du cercle est plus aisé et ne prend qu'un tour... Voila tout le problème, l'exercice est raté, il faut l'amener en trois tours et la faire revenir en autant de temps... En réalité, à l'aller je demande alors qu'au retour je permet... C'est une chose que je n'ai pas l'impression d'avoir déjà faite à cheval, d'ordinaire on demande un travail et on permet une détente ou une récompense, là en réalité les choses sont autrement, je demande un exercice et ensuite je permet un autre exercice, du coup le cheval devient le moteur de son travail et voit les choses d'une autre façon...
Puis les transitions sans mains juste à l'assiette qui me demandent tant de concentration, d'ici quelques semaines le geste sera devenu naturel, mais pour l'instant il me demande beaucoup de maitrise de moi et un effort supplémentaires. Petite facécie de la demoiselle alors que je lui demande un reculé, elle est tellement pressée de montrer ce qu'elle sait faire qu'elle feint de mélanger les ordres et se cabre magistralement! je lui râle dessus, vite reprise à l'ordre par le maître, il ne faut pas crier, il faut remettre en avant... un petit tour au galop et tout rentre dans l'ordre...
Lors du travail de transition trot-galop-trot, je cadence en douceur la jument vers le petit trot rassemblé, je vois M. Suchet la regarde avec interet... J'ai oublié de lui dire qu'elle ne demande qu'à piaffer! alors pour finir la séance montée, nous travaillons le rassemblé toujours dans la légèreté, quelques foulées de piaffer puis remise en avant au trot moyen... Tout se passe à merveille mistinguette ne se durcit pas, ne chauffe pas, bref elle travaille vraimment!
Nous achevons donc là dessus, je laisse les renes à mademoiselle qui vient immédiatement se coller contre le maître, c'est drole, d'ordianaire elle ne fait ça qu'avec des gens proches d'elle... Elle a confiance en lui et nous en profitons pour conclure par une petite progression dans le dressage à terre, le campo, hier M. Suchet lui avait fait avancer les antérieurs de quelques centimètre et rester ainsi, aujourd'hui il lui demande un pas de plus, je récompense et nous la laissons là dessus, la progression doit être lente et toujours récompensée...
Finalement j'ai voulu faire vite ces deux dernières années, j'ai toujours été plus ou moins coupable d'impatience et je n'ai pas obtenu de résultats aussi nets qu'en quelques jours de patience à se contenter de peu mais de quelque chose tout de même...
C'est officiel l'équitation est un sport cérébral!!
13 mai 2007
et c'est partit!
Voila aujourd'hui notre première vraie séance de travail, avant tout c'est à moi de travailler et de me remettre en question... Mon égo est bien rangé dans ma boite de pansage, j'emmène la demoiselle pour la monter dans le rond de longe.
Toute ma position est à revoir, à force de vouloir protéger mon dos et mes cervicales, je me suis voutée et crispée... Sans m'occuper de la mise en place de miss Danha, c'est donc moi qui me remet à ma place, bien assise dans ma selle, les épaules en arrière, ça tire de partout mais au final je suis bien! Je finis même par constater que dès lors que j'ai repris une position plus confortable la demoiselle s'est elle aussi détendue, posée sur son mors, à relaché sa nuque et trotte tranquillement en donnant déjà un peu mieux son dos...
Pour continuer dans la légèreté, nous travaillons les transitions à l'assiette et je réapprend à ne presque plus me servir de mes mains, demoiselle est très attentive et répond à mes demandes. Le travail dans le rond de longe est fantastique pour cela, il n'y a pas de coins dans lesquels elle peu se tortiller, pas de longue lignes droite dans lesquelles se précipiter. Au bout d'une demie heure, nous voila donc détendue toute les deux, je me sens incroyablement bien, il y avait longtemps que je n'avais pas eu cette sensation de faire totalement corps avec ma demoiselle.
Voila déjà un bon programme de travail pour l'avenir, pour moi le travail de la position qui me demande d'aller contre ma crainte instinctive de me faire mal et pour miss Danha, des assouplissements sur les cercles, épaules en dedans et contre épaules en dedans.
Nous voila prêtes à attaquer le reste, le pas espagnol tout d'abbord, Idanha n'engage pas suffisamment ses postérieurs pour le faire correctement et du coup elle ne peut monter ses antérieurs plus haut... M. Suchet m'explique alors qu'il faut reprendre le travail à pied, il faut l'amener avant tout à engager beaucoup plus ses postérieurs en les sollicitants quand nécessaire avec la badine et déjà Idanha se cadence mieux et monte son dos. Le maître est surpris de l'application et de la bonne volontée de son élève! Il n'y a pas à dire elle adore nous faire plaisir et ça se voit! Comme il travaille très peu les juments pour leur caractère un peu...aléatoire, il a l'air agréablement surpris de voir cette petite jument s'appliquer autant!
Depuis que nous sommes arrivés là bas, j'ai la bizarre impression que la demoiselle sait pourquoi elle est là, d'ordinaire elle ne donne ces airs que sur demande, or depuis que nous sommes là elle a tendance à réaliser quelques clowneries sans que je lui aie demandé quoi que ce soit! De la jambette majestueuse alors que je travaille l'arret et l'immobilité, au joyeux petit cabré face au maître alors qu'on ne lui a rien demandé! A croire qu'elle aussi est pressée de montrer ce qu'elle sait faire!
Nous finissons par quelques manipulations pour aller plus tard vers la vraie révérence ( et pas la galipette d'amateur à la carotte !) et bien sur le couché. Encore des exercices à travailler pour nous, Idanha doit se laisser manipuler tranquillement et en toute confiance...
Voila une bonne séance réalisée, M. Suchet voulait aujourd'hui tester les réactions de la demoiselle, il a l'air assez content du résultat, par la suite nous nous en tiendrons à travailler un seul exercice pour ne pas embrouiller tout, et par séances très courtes...
Nous rentrons la demoiselle au box, elle est récompensée par une petite ration d'avoine ( suis pas sure que ça soit une super bonne idée pour demain ça!! ) sur laquelle elle se jette tout de même avec bonheur!
Le séjour risque de se prolonger un peu car il serait dommage de partir à la fin de la semaine puisque nous avons à peine débuter les exercices préparatoires...








