Idanha et Ticia

Depuis qu'Idanha, cette petite jument grise, est entrée comme une tornade dans ma vie, j'apprend à penser cheval... Ce blog est avant tout dédié à Idanha et à nos réflexions équestres...

25 avril 2009

Concours de Saut d'obstacle Handisport de Tremblay

Parfois les plus beaux moments arrivent le jour où on s’y attend le moins. En ce samedi de grisaille nous faisions une exposition collective sur un concours de saut d’obstacle Handisport avec deux amies artistes.

Pourtant tout paraissait jouer contre cette journée, la météo s’annonçait mauvaise, le froid et la pluie sont les ennemies des artistes qui exposent sous des tentes ! Le public reste généralement au chaud et ne se déplace pas et la pluie finit par s’infiltrer partout, sur les tableaux, le long des toiles de tente, pour aller finalement nous glacer jusqu’aux os.

Et pourtant, partager sa tente avec deux amies, deux artistes, deux âmes animées de la même passion ce sont déjà des moments de partage et de détente qui s’annoncent.

S’ajoutant à cela la découverte du monde du concours handisport, c’est une expérience riche en émotions, voir ces cavaliers emmenés par leur amour du cheval et de la vie, quels que soient leur handicap, les voir entrer à cheval sur le terrain, égaux à tous, ils ont à nouveau des jambes, ont à nouveau des oreilles et trouvent également des yeux grâce à leurs chevaux.

P1110911Un silence religieux s’installe lorsqu’un cavalier non-voyant entre sur le terrain. Il est précédé d’une cavalière qui sera sa guide, ils s’élancent sur le parcours ; tout en galopant bon train, la cavalière retournée vers le cavalier non voyant lui dicte les indications sur leur position, la trajectoire à adopter, les foulées qui les rapprochent de l’obstacle, le saut… Il suit, écoute et dirige son cheval, accompagne chaque saut avec une précision et une souplesse qui ferait pâlir bon nombre de cavaliers. Et très vite, totalement captivée par ce ballet, je les suit comme s’ils n’étaient plus qu’un, il n’y a plus deux chevaux et deux cavaliers il n’y a plus que l’essence de ce que l’on aime avec le cheval, la compréhension, la cohésion et cette passion qui pousse chacun à dépasser ses limites.

Ils ne sont plus qu’un et tout s’enchaîne d’une façon si naturelle que des frissons me parcourent, ma gorge se serre, j’en ai les larmes aux yeux tant ce que je vois est beau… Que le monde serait meilleurs s’il ne pouvait être fait que de moments si intenses, poignants et sincères.

Le parcours s’achève sans faute, mais même une barre tombée n’aurait pu gâcher la beauté de l’instant ; nous applaudissons à tout rompre et les deux cavaliers sortent cote à cote en se tenant par la main dans un geste qui symbolise à la fois la victoire, la reconnaissance et la fierté… Nous les regardons s’éloigner et soudain je reprend pied, je me retourne vers mes deux amies en essayant de contenir un peu de ce trop plein d’émotions… et je m’aperçoit à leur regards brouillés que cet instant les a cueillis avec autant de force!

C’est encore une fois le cheval qui nous fait vivre de si belles choses dont il faut savoir se souvenir, qu’il faudrait pouvoir partager pour le bonheur de tous.

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24 avril 2009

La princesse blessée

Par un beau jeudi soir ensoleillé, le sort à frappé Danha et sa cavalière… Lors d’un galop effréné, la selle mal sanglée tourne, envoyant la cavalière à terre et terrorisant

la pauvre Danha.

La selle sous le ventre, les étriers frappant durement ses postérieurs, Danha a trop peur pour raisonner son instinct qui lui ordonne de galoper comme si sa vie en dépendait… Ce terrible instinct de fuite chez les chevaux les a souvent sauvés par le passé mais est malheureusement de nos jours et avec nos chevaux « civilisés » le facteur déterminant de tant d’accidents…

Pourtant d’ordinaire la princesse est téméraire et préfère faire face au danger pour en analyser la nature… cette fois c’est trop violent, trop brutal trop douloureux pour qu’elle s’arrête.

Par chance dans sa déraison et son affolement, la recherche de la sécurité et d’un peu d’aide l’aura poussée à rentrer aux écuries. C’est après un galop éreintant sur le sol dur de la foret, après être tombée surement, avoir accidentellement passé le pied dans l’étrier, qu’elle pénètre au grand galop dans la cours des écuries et stoppe net sa course en croisant la première âme vivante. Immédiatement elle se calme et attend que l’on fasse quelque chose pour elle ; ses jambes sont en sang et tout sont corps brulant et trempé d’écume tremble et palpite.

La voir ainsi est une torture, j’arrive aux écuries et y retrouve la cavalière contusionnée mais bien vivante, je m’approche du box avec le cœur battant d’appréhension… elle est là, dans son box, les yeux encore exorbités, trempée et brulante malgré la douche froide qu’on lui a donné juste avant, elle ne pose pas son postérieur et il est très enflé…

Ce qui se passe ensuite est étonnant, du moment où nous entrons toutes les deux dans son box, lui parlant tout doux, la caressant doucement, je sens alors son œil s’adoucir, petit à petit elle se détend et commence à se refroidir un peu. Elle nous regarde, nous reconnaît et finalement viens plaquer son front tout contre moi, ces petits gestes presque enfantins me rassurent, elle est toujours là, toujours prête à communiquer et elle demande de l’aide.

Elle grignote un peu de foin en attendant l’arrivée de la vétérinaire, elle redevient sereine elle semble savoir que l’on va s’occuper d’elle... Vraiment étrange en un sens…

Après plusieurs heures de soins durant lesquels elle serre les dents et nous montre un courage à peine croyable, elle est perfusée pour évacuer toutes les toxines accumulées par le stress et l’effort violent.

Je la veille enroulée dans une de ses couverture, blottie au fond du box, tenant la longe pour qu’elle n’arrache pas la perfusion je la regarde, je l’écoute mâchonner calmement son foin et me détend à cette douce musique. Dans le silence de cette nuit fraiche, alors que le produit s’écoule au goutte à goutte, je me surprend à redécouvrir une mélodie que l’on entend toujours mais que l’on n’écoute presque plus… Le bruissement des sabots dans la paille épaisse, les claquements sourds de ses lèvres attrapant un brin parmi tant d’autres, le bruit régulier de ses dents mâchant le foin, elle caresse parfois au passage mes cheveux du bout de son nez, s’y attarde quelques secondes pour poser son souffle chaud sur moi et l’odeur du foin frais parvient même l’espace d’un instant à me faire oublier l’effroyable odeur acre du produit de perfusion… cette petite mélopée m’élève un instant loin de toutes les angoisses, plus près d’elle et loin de tout, mon cheval passe-muraille me reprend et encore une fois, l’espace d’un moment les murs disparaissent il n’y a plus que moi et mon rêve né cheval.

Ce rêve que j’espère si souvent galopant, m’emportant sur son dos au rythme d’une course folle, le voila cette nuit là enfermé entre quatre murs, estropié, ébréché, fissuré… et pourtant je redécouvre l’essentiel, ce qui me transporte réellement n’est plus cette chimère faite de figures complexes,  de muscles se contractant sous les miens, de sueur et de vitesse. Ce qui me transporte est simplement là sous mes yeux : Elle et rien que ça, sa seule présence suffit à m’insuffler ce bonheur et ce bien être.

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06 mars 2009

réflexion Danhesque

L'équitation à la française, à l'allemenade, les grands maitres, les grandes théories... rien à  faire j'aime à lire et j'admire certains de ces maitres, mais c'est curieux comme je constate qu'au fil de ma relation avec Danha je m'éloige de toutes ces préocupations.

Il n'est plus pour l'heure tellement question de technique, ça va bien au delà.

P1060156Je suis avec elle à la recherche de communication et de compréhension, j'établis la confiance entre nous, pas simplement une confiance affective, elle a déjà tout cela depuis longtemps de ma part. Non il faut que ce sentiment soit suffisament entier et puissant pour qu'il parvienne à dominer mon corps, ses appréhensions " réflexes" et ses contractions défense. La confiance ne peut que passer par là, pour que nous soyons liées sans plus de heurts.

J'analyse lors de séances de longues renes, lorsque la communication entre nous se résume à ma voix et le contact de ma main au fil de sa bouche. Je constate combien parfois la compréhension devient essentielle, combien Danha peut se livrer le plus simplement du monde sans que mon corps ne parasite sa bonne volonté avérée. Je vois combien mes actions parfois trop fortes influencent sur elle, les effets néfastes de trop d'empressement ou de trop de fermeté, tout n'est qu'une question de légèreté dosée.

Elle réagit et parfois anticipe au point que j'en viens à me demander s'il n'y a pas une transmission de pensée qui pourrait exister! C'est un rêve d'enfant que parfois je cajole, même si je sais pertinement qu'il n'en est rien, elle a simplement une sensibilité telle que la moindre petite contraction qui précède ma demande, lorsque mon esprit se dit "faisons cela" et que mon corps inconsciement se prépare à placer l'action, la belle comprend et réagit immédiatement. Ce n'est pas de l'anticipation, même si cela peut parfois agacer, non il s'agit simplement d'un cheval disponible à chaque demande aussi fine soit elle.

Le plus difficile est parfois d'accepter que les erreurs viennent dans la majorité des cas de moi, d'un mauvais dosage, d'un corps que la vie rend moins souple et disponible que celui de ma belle. Je l'écris aussi pour m'en souvenir, car je ne sait par quelle magie, mes pensées fugitives s'encrent à jamais dans mon esprit du jour où elles sont matérialisées par des mots.

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08 janvier 2009

Un rang à tenir...

Il était une fois une belle princesse de 15 ans nommée Danha, elle vivait heureuse dans le beau pays du Bois Notre Dame, entourée d'une cours aimante et attentive au bien être de sa princesse.

Pourtant il arriva un jour que son dos la fisse souffrir, peut être quelque ame malveillante avait-elle glissé un petit poid dans sa couche... Toujours est-il que la princesse d'ordinaire joyeuse et sautillante, fit vite savoir que ce mal là necessiterait quelques soins.

Ticia sa bonne nourice s'empressa donc de contacter le meilleur Etiopathe du royaume afin qu'il se rende au chevet de la princesse et la soulage de ses maux.

La bonne nourice ne pouvant être présente, la princesse fut donc confiée aux bons soins de Sieur Alexis dont les mains guerisseuses avait déjà à plusieurs reprise soulagé la princesse.

Ce dernier fit savoir à la nourice par pigeon voyageur sans fil, que Danha s'était très bien comportée lors de la séance de soins et qu'elle devrait être bien vite rétablie. Il ajouta l'air amusé : elle m'a même gratifié d'une révérence alors que je me présentais à elle!

reverence

 

- Mais bien entendu Alexis, c'est ainsi qu'il sied à une princesse de saluer! -

Avec dans le role de l'Etiopathe Alexis Lion, merci à lui!

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03 janvier 2009

Bonne Année!

Bonne_ann_e_2009

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31 décembre 2008

Une clowneries de plus pour la fin de cette année

Pour conclure cette année 2008, idanha et moi même sommes donc heureuse de vous présenter notre dernier pas de danse qui est encore à l'état de perfectionnement mais qui nous amuse toutes deux enormément!

A voir ici :   http://www.dailymotion.com/video/x7kcb9_frencheval-cancan_animals

20 décembre 2008

Hasards et coicidences

Il faut parfois savoir faire un peu confiance à la vie et à sa curieuse façon de nous faire comprendre et ressentir des choses que l'on cherchait.... le jour où on ne les cherche plus!

J'avais quelque peu fait mon deuil de la peinture au profit de la sculpture, cette dernière me permettait de recommencer à zéro, sur une terre vierge d'illusions, de mauvaises habitudes, de mauvaises motivations...

Mais on ne peut fuir ce que l'on est, je ne peux renier le dessin qui est mon compagnon depuis ma plus tendre enfance et c'est finalement d'une façon très inattendue que je me rend à l'évidence...

En ce mois de décembre, motivée par une amie peintre je me décidais donc à reprendre de temps à autre les crayons, trouver un trait qui toujours au service des chevaux sache aussi être ce que je suis, ce à quoi j'aspire... Se lacher, se libérer... toutes ces choses tellement abstraites dont je cherche depuis des années le "mode d'emploi"... Comme si être libre et authentique pouvait avoir un mode d'emploi!

Alors que je me cherche, je finis également par me rendre à l'évidence, les portraits de chevaux, fidèles à leur photos ne peuvent être un moyen pour moi de me libérer, il faut que je m'en affranchisse et que je poursuive ma route.

Alors que je viens juste de décider de cela et de prendre la résolution de supprimer de mon site internet la rubrique portrait de chevaux, mon téléphone sonne...

Une personne qui a justement vu mon site et souhaite offrir à un ami qui vient d'avoir un accident, un portrait des chevaux qui ont marqué sa carrière de cavalier.... Un peu étonnée de la coincidence, je l'écoute et lui répond sans grande motivation, me demandant intérieurement pourquoi cet appel alors que je viens juste de décider de ne plus faire de portraits! Et l'oeil amusé, je scrute les cieux me demandant si quelqu'un aurait un message à me faire passer!

Il s'avère que le portrait en question devrait rassembler 8 chevaux sur la même composition... Un challenge inédit, qui commence raviver mon gout à relever toute sorte de défis fous... Et il devrait être réalisé au plus vite... encore un défi qui me pique au vif... Et le cavalier à qui ce cadeau est destiné s'avère être Eric Navet! Cette fois je blêmis et commence à trembler!

Me voila donc lancée dans une aventure folle, rassembler huit chevaux mythiques sur une même feuille, trouver la composition qui les mettra en valeur individuellement tout en gardant une unité entre tous... le tout avec un choix assez limité de photos... un temps également limité... Avant de commencer je continue de regarder là haut, peut être pour voir le sourire amusé et bienveillant de ma mère!

Les portraits m'ont toujours angoissée, comment être sure de saisir l'essence d'un cheval avec une photo? comment être certaine qu'au delà des traits extérieurs, le propriétaire saura retrouver la petite lueur qui lui plait tant dans l'oeil de son cheval, l'expression infime d'un plissement de naseau, d'un coin de lèvre...

EnavetEt cette fois pourtant je me retrouve totalement submergée par ce portrait, comme hypnotisée, je n'hésite plus, je ne réfléchis plus, je les dessines, les habille de chair tout en parvenant à conserver un peu de liberté dans mon trait... Je suis incapable de m'arrêter! captivée par cette horde naissante qui prend forme sous mes mains...

Et je comprend enfin, que ma liberté que je cherchais tant, ne tient à rien d'autre qu'à ça: la passion et la confiance. C'est si simple que j'en pleurerai de l'avoir tant cherché ailleurs, de mettre parfois fait tant de mal... Elle était juste là, en moi et il ne tenait qu'à une bonne étoile de savoir me montrer la voie.

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19 décembre 2008

De la passion...

P1060263sepiaComment font les gens pour vivre sans passion… Bien souvent les passionnés que nous sommes, passionnés par nos chevaux, passionnés par notre art, sont considérés avec un étrange mouvement de recul mêlant à la fois l’incompréhension et la peur de la folie…

Ils ne nous comprennent pas, ces gens qui ont une vie toute faite de raison, de prévision et de modération…

Ils ne peuvent pas supporter les élans indomptables que connaît un cœur passionné… la crise cardiaque leur paraîtrait plus douce…

Ils ne connaissent -et ne veulent surtout pas connaître- les feux dévorant de la passion, cette indicible sensation qui nous prend aux tripes à nous faire perdre la raison, cette capacité irrationnelle que l'on aurait à tout abandonner pour l'objet de sa passion... Ils ne peuvent imaginer cette folie douce qui ne vient pas de notre esprit mais de notre être tout entier, de ce brasier qui nous enflamme, nous libère et nous enchaîne à la fois… Cette flamme qui ne connaît ni la sagesse ni la raison mais simplement un cœur déchaîné et brûlant de s’abandonner à cet envoûtement….

Comment leur faire entendre que notre esprit bien souvent chevauche loin d’eux pour assouvir ces envies de bruits, d’odeurs et de chaleurs si particuliers, ce manque inconsolable qui nous tenaille lorsque la vie nous éloigne de nos chers chevaux, qu’il ne s’agit ni d’un caprice ni d’une légère nostalgie mais d’un manque cruel, un vide sidéral qui happe une partie de notre âme, sans eux nous sommes incomplets et vides, des fantômes errant à travers le monde à la recherche de leur raison d’être …

Tout cela ne leur semble être que poésie romantique et vestiges de rêves d’enfant…

Comment leur faire comprendre que nos jours et nos nuits sont rythmés par la mélodie cadencée d’un galop assourdis par le sable, ponctués par de chauds soupirs aux naseaux de velours, hypnotisés par des voluptes de crinière emportées au vent d’une course folle, enivrés par des odeurs de paille de foin et sueur mêlés et le refrain immuable des fers claquant sur le sol…

Alors nous épuisons nos journées d’errances loin de nos chevaux, lorsque de temps à autre le hasard fait se croiser deux âmes qui partagent la même peine, elles se reconnaissent immédiatement et s’attirent, elles échangent et parlent sans retenue, avec avidité comme l’on boirait à une oasis après la traversée du désert…

07 décembre 2008

terre cuite...enfin!

Après des mois d'aprentissage et de recherche, des mois à développer une patience dont jusque là j'aurai été incapable, des mois à réparer les jambes fissurées, les oreilles cassées et autres mésaventures, des mois à me persuader que tout cela ne serait pas vain, qu'il ne fallait pas abandonner...

Après ce long voyage voila donc que ma première sculpture en terre à passé avec succès l'épreuve du feu.

Certes un étalon robuste comme lui ne se serait pas laisser abatre pour si peu, mais il n'empèche que je tremblais en le donnant à la cuisson, je le regardais, peut être pour la dernière fois... Il s'en faut de peu, une bulle d'air, un défaut et tous ces mois de travail et d'amour se brisent littéralement dans la fournaise.

C'est en tremblant aussi que je suis retournée le chercher... et pourtant il était là, couché dans sa caisse de transport et .... intact... J'emportais avec un empressement d'enfant mon cheval loin des regards pour pouvoir le toucher et le regarder seule à seul. La légèreté avec laquelle je trotinais vers ma voiture mon cheval entre les mains le coeur totalement déchainé de joie et de soulagement, cet état me rappelais les matins de noel, lorsque j'ouvrais ce cadeau qui renfermait le plus souvent un cheval! je partais alors à la course dans ma chambre pour pouvoir le regarder tranquillement, imaginer quel ami et compagnon il allait être, le faire vivre à travers mon imagination...

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Et voila mon premier cheval de terre cuite est enfin là! je le prend avec la même apréhension que lorsque je le manipulait avant sa cuisson, la peur de le casser... et pourtant lorsque ma bague touche la terre et qu'un son presque métallique se fait entendre, je comprend qu'il n'est plus le même.

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Il n'est plus la chose fragile et friable que j'ai porté au potier, il a passé l'épreuve du feu, il est devenu un guerrier. Brut et dur, il n'est plus ce petit être qui pouvait s'anéantir sous son propre poid, c'est un étalon pret à vivre sa propre vie, martelant le sol de ses sabots...

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06 juin 2008

Terre, terre!

Après une longue traversée sur les mers agitées de la peinture, prise dans cette tornade avide de mon temps et de mon énergie, tantôt ballottée par les orages, portée par les courants, renversée par la houle...un jour, le vent est tombé et la mer s’est calmée…

Il m’a fallu longuement ramer sur cette mer d’huile, sans vraiment plus de conviction… Une traversée solitaire qui ne fait que causer toujours plus d’introspection, de questions sans réponses pour finalement anéantir l’envie de créer…

Voilà peut être pourquoi, à la première terre en vue, j’ai décidé de sauter du bateau et d’embrasser ce nouveau sol, cette terre que je connais si peu, me voilà saisie par l’envie de la connaître, de la comprendre, de la toucher, de l’apprivoiser,  de la pétrir et de créer quelque chose en son sein…

Peut être ne s’agit-il que d’une exploration temporaire, le temps de faire le point, ou peut-être vais-je finir par trouver asile ici bas, seul le temps me le dira…

Toujours est-il que je me sens comme ressourcée par le contact de l’argile, je retrouve l’essence de ce à quoi j’aspire, créer bien entendu, mais créer quelque chose de spontané, qui vienne du fond de mon âme sans soulever plus de questions, juste respecter l’évidence et ne plus chercher à faire, mais simplement faire !

Au contact de l’argile, mon cerveau s’engourdit, ne crie plus à l’aide, ne parle plus, je suis captivée par la matière et il n’y a plus rien, seules mes mains parlent et la matière leur répond…

main

C’est le même sentiment que j’éprouve lorsque je suis à cheval, le monde autour se brouille et s’évanouit, les sons se font plus sourds et mon cœur ralentit et enfin je sens cette sérénité m’envahir.

Comme à cheval, j’aime laisser à la terre sa propre volonté, je provoque un mouvement et observe ce qui en résulte, j’aime composer ainsi, ne pas toujours savoir où cela nous mènera, juste se laisser porter ensemble, laisser ce nouvel être s’arracher à la masse brute du pain d’argile et l’aider à éclore à la vie, guider ses premiers pas…

Les femmes-chevaux vont peut être enfin pouvoir trouver la dimension qui leur manquait sur la toile, les muscles et les corps enfin dans une fusion bien réelle...

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12 avril 2008

femmes et chevaux...

La voila de retour, après des mois d'absence, alors même que je ne l'attendais plus, que j'en avais presque fait mon deuil; un soir que je crayonnais sans penser à rien, l'envie de peindre et de créer est arrivée toute seule, sans crier gare...

Plus forte et obsédante que jamais, elle s'est imposée d'elle même, sous une forme étrange et complexe, sortie surement du fond de mon être... Mais totalement inconsciente et vicérale...

Me voila donc à la fois libérée et à nouveau enchainée, envoutée par ces courbes qui se mélangent, hanches de femmes et de chevaux, rondeurs de croupes et de fesses, finesse de jambes se prolongeant de sabots... Pourquoi? Je n'en ai aucune idée, la poésie de la chose est là, sa beauté aussi...Je ne peux l'expliquer et préfère laisser planer le doute sur l'origine de cette naissance totalement inatendue... Et j'en arrive même à me dire, quelle évidence... pourquoi ne pas l'avoir pensée plus tot?

Je ne crois pas par le passé m'être autant battue pour peindre et créer... Il aura tout d'abbord fallu les accepter en premier lieu sans plus se poser de questions, les assumer puis les faire vivre, les faire éclore d'un croquis noir sur blanc en femmes et chevaux mêlés fait de couleur et de douceur, trouver l'univers qui pourrait les accueillir et leur donner le premier souffle de vie...

songeElles ne sont encore que de frêles débutantes qui se cherchent et arpentent maladroitement la piste de bal, je les espère femmes épanouies, chevaux harmonieux, je les voudrai dotées de leur propre volonté... 

Elles me semblent aujourd'hui une évidence, l'essence même de ce que je cherche depuis que les chevaux peuplent mes rêves... Etre à la fois femme et cheval...non plus centaure mais tellement plus que ça... Une symbiose qui ne mêle pas seulement les corps mais les esprits aussi, au delà des apparences, sans retenue et sans pudeur, dépasser un peu plus la réalité et plonger au fond des choses...

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21 mars 2008

Terre d'asile...

Où se réfugier lorsque tout va mal, lorsque la souffrance de l’esprit, torture le corps aussi…

Ma terre d’asile, l’endroit dans lequel j’aime à me réfugier, à me blottir, à m’oublier…cet endroit magique où je me perds, n’est pas bien grand…C’est une vallée de velours, prise entre un naseau grand ouvert qui souffle le vent chaud de cette terre promise et une bouche patinée par le temps ridée de sagesse comme une roche millénaire… Au creux de ces deux volcans est ma terre d’asile, une douce et chaude vallée accueillante et réconfortante.

J’y pose ma joue et ferme les yeux et tout s’efface, l’espace d’un instant toute pensée disparaît, l’odeur de sa peau m’enivre, la douceur de ce tapis anthracite m’enveloppe et seul le bonheur me soulève au bruit du souffle qui court comme une rivière souterraine sous cette terre si fine… Plus d’angoisses, plus de monde extérieur, juste cet état de grâce sur cette île logée dans mon cœur, hélas trop petite pour pouvoir y rester toute une vie mais si précieuse pour en oublier les tourments l’espace d’une minute…

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12 février 2008

Artiste en souffrance...

Comment vit-on après avoir perdu un être cher ? comment continue t-on son chemin lorsque un pilier du pont s’est effondré, a disparu à tout jamais ?

Voila une question que je me suis posée après cette épreuve difficile.

Dans ma vie tout ce que je fais et entreprend va toujours dans le même sens, tout se recoupe, tout tend vers le même désir de créer et de vivre, à la recherche permanente du bonheur.

Après m’être longtemps pâmée dans la douleur, peut être pour appeler au secours, sûrement pour attirer l’attention, à présent je ne cherche que le bonheur ; pas de ce bonheur préfabriqué que l’on ne conçoit qu’avec des choses matérielles, mais de celui qui se savoure en instants fugaces, une petite minute infime de plaisir, une minute durant laquelle mon cœur se soulève et bat plus vite, une minute qui m’étouffe presque, tellement elle est intense… Cette minute là est plus précieuse que tous les rêves de millionnaires…

Seulement être heureux, seulement savoir trouver le bonheur chaque jour malgré les défaites, les déceptions ou les malheurs…

Les malheurs et les douleurs me reconstruisent désormais, je ne veux pas les oublier, je veux juste bâtir quelque chose de nouveau sur ce modeste champ de ruine…

Cette recherche du bonheur reconstruit est permanente, après avoir perdu ma mère je ne concevait plus de peindre, je n’y ressentait plus aucun plaisir, seulement une douleur aigüe au fond de mon âme, un pincement cruel qui me rappelait que j’avais sûrement peint jusque là dans le mauvais dessein : celui de lui plaire.

Hélas moi qui avais toujours clamé que je peignais pour mon plaisir avant tout, je réalise alors que je me m’étais égarée…

L’acte de peindre venait bien du fond de mon être mais restait conditionné par le plaisir de voir briller de fierté les yeux de ma mère lorsqu'elle regardait un tableau; ce n’était bien sur pas le seul but, mais s’en était un certain… Comment donc continuer une toile en sachant qu’elle ne pourrais plus jamais en être fière… J’ai voulu pourtant poursuivre et chaque séance devenait une torture intérieure de plus en plus grande, un état qui au lieu de me donner du plaisir ne faisait que me confirmer que non seulement j’avais perdu ma mère mais qu’elle était partie avec un peu de moi…De ces séances, je n’en ressentait que le vide absolu, la création dans un trou noir qui aspire toutes mes envies et anéantit mes émotions…

Les réflexions vont bon train, passant de la lâcheté de tout abandonner et tout renier à l’envie malgré tout de continuer et poursuivre l’œuvre aussi modeste soit elle… Peindre pour moi et seulement cela, dans un premier temps tacher de me retrouver et de m’avouer vraiment qui je suis, pas seulement être celle que l’on voudrait que je sois…

C’est une libération malgré moi qui s’avère douloureuse, je m’aperçoit très vite que je ne sais pas comment « me lâcher » comment ignorer tout cet amas de fausses contraintes, d’excuses d’incapacité, de barrières factices… Passer au dessus de ça, me mettre quelque peu en souffrance, pour être honnête tout d’abord avec moi et enfin avec ma peinture… Il me faut trouver autre chose, suivre une autre voix, créer ma voix, trouver pourquoi j’ai malgré tout cette terrible envie de ne pas abandonner.

renouveau1Cet éternel recommencement n’est pas non plus sans me rappeler mes entreprises équestres… Rien n’est jamais acquis, en peinture comme à cheval et comme dans la vie…

C’est une petite part de masochisme artistique qui côtoie et se confronte à la quête du bonheur…

Le travail n’est qu’à peine débuté il me faut à présent agir, tâtonner, chercher, avoir le courage de remettre à nouveau tout en question, jusqu’à ce que l’évidence s’impose à moi… Mais cette révélation sera t-elle si évidente que cela ? saurai-je la reconnaître, la maîtriser et l’apprivoiser… La roue est sortie de l’ornière mais la route est encore longue…

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01 février 2008

De la légèreté...

La légèreté…. Un vaste concept très en vogue en ce moment, tout le monde aspire à la légèreté, tout le monde en parle et pourtant, je vois tellement peu de couples qui semblent y accèder…

Voilà donc ce que je pense de la légèreté, pour moi elle ne peut se résumer à allèger des actions de mains et des actions de jambes, la légèreté est bien plus que cela, bien plus proche de la symbiose du cavalier avec son cheval que d’une nouvelle équitation…

La légèreté suppose de connaître et d’être connu de sa monture de manière à former un couple qui se respecte mutuellement, rien ne sera dès lors ni exigé ni consentit, les mouvements seront crées et initiés à tour de rôle.

Malheureusement cette état de grace tant rêvé reste éphémère, un muscle se contracte et le couple se sépare en cavalier et monture, l’alchimie est à refaire sans cesse.

Ne plus demander, ne plus imposer sa volonté au cheval mais avoir la sensation de comprendre et d’être compris, de ne faire plus qu’un, de décider ensemble de se que l’on va faire. Aller dans une direction en la visualisant, penser une transition et l’exécuter, méler son corps à celui du cheval et bien plus encore, partager enfin le même corps et le même esprit.

Chacun propose et décide, nous ne sommes plus qu’une volonté unique.

6Les exercices n’existent plus, plus rien n’est rigide, j’attend l’instant qui se prêtera au mouvement, j’attend que ma belle demoiselle soit prête et nous nous engouffrons pour quelques secondes dans l’oubli total de tout ce qui a pu être prémédité, tout cela n’est qu’une successions de mots dessinés sur le sable, un roman éphémère effacé par les vagues.

La magie de l’équitation est là, l’esprit en oublie sa soif de posséder, de bâtir, de gagner et s’abandonne à la joie de créer et de défaire pour recommencer sans fin…

Ce rêve éphémère de symbiose enfin atteint, ne plus penser, ne plus exiger mais seulement faire et créer ensemble, attendre l’instant où se profile à la sortie d’une courbe un mouvement plus léger qui ne demande plus d’effort puisque naturel, il est offert il est saisit et se perd dans l’instant, le corps n’existe plus, les muscles sont oubliés, les murs du manège disparaissent les sons s’assourdissent et l’on se perd dans l’extase de se mouvoir ensemble…

Je ne peux plus oublier la sensation surnaturelle du premier passage que m’a jument m’a offert, ce rebond silencieux et cadencé qui suspend une fraction de seconde mon cœur et ennivre mon esprit, l’espace d’un instant nous quittons le sol et cet instant insaisissable suffit à effacer le monde…

Plus de crispations, plus d’interrogation, la légèreté n’est que cela, se fondre avec son cheval et ne plus exister en tant qu’humain, devenir cet être mythologique tant rêvé : le centaure.

20 janvier 2008

Dressage......en extérieur

2Aujourd'hui Dimanche, la semaine a été chargée en travail pour ma demoiselle, je décide donc de lui octroyer une journée de repos.

Mais le repos ne sous entend pas ne rien faire non plus! nous partons donc à pied en foret afin de nous aérer un peu les idées, après quelques détours par les sous-bois dans lesquels la demoiselle adore se rouler sur un doux tapis de feuilles mortes, nous reprenons notre route, Idanha commence à chauffer et me faire comprendre que ne rien faire et marcher au pas, ce n'est quand même pas le rêve!

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Nous commençons donc par quelques cabrés en main, c'est un air que la demoiselle exécute avec grand plaisir et qui à le mérite de concentrer son énergie dans son exécution et d'éviter ainsi qu'elle ne s'éparpille en sautant comme un cabri au long de la promenade!

Puis après quelques jambettes et pas espagnol, nous tombons nez à nez avec un muret.....

Et une idée germe alors dans mon esprit tordu, faire monter la jument sur le muret ce serait une nouveauté... Nous tentons l'exercice, face au muret je demande une jambette, après quelques hésitations la demoiselle s'exécute et semble à la fois s'amuser à tapper sur le muret tout en étant surprise que je ne la gronde pas de faire cela! Je récompense et redemande patiemment en tachant de lui faire comprendre que son pied peut resté posé sur le muret...

5  Après quelques instants de patience, la demoiselle focalise sur son muret et s'applique, jambe droite posée....

Puis la gauche....

Cela maitrisé sans trop de soucis, comme toujours j'hésite... Faut-il s'arrêter là et tenter les deux pieds une autre fois? Allez on ne perd rien à essayer, je demande donc jambe droite sur le muret et une fois cette jambe bien posée, je demande l'autre....

7 Voila mon adorable petit clown a non seulement accepté sans soucis de monter sur le muret, mais pour bien me signifier que cet exercice lui parraissait bien trop facile elle en à croisé les gambettes!

Elle n'en finit pas de me surprendre!

De l'équitation en amazone

vacnoel_222 J’ai connu cette monte de façon accidentelle lors d’une halte de randonnée chez un vieux chatelain si heureux de voir à nouveaux des chevaux peupler ses écuries qu’il nous a offert une selle d’amazone…

Cette drôle de selle plus massive, plus lourde, avec ses deux fourches désespéremment vides m’a immédiatement fascinée, son cuir fauve rongé par les années et l’histoire que l’on devine sur son siège… Immédiatement, des rêves de petite fille m’assaillent et les fantômes de femmes à la taille de guèpe et aux robes de princesses m’entourent et m’enjoignent à m’initier…

Avant même d’avoir essayé cette monte je suis séduite, pouvoir monter comme ces femmes d’une autre époque. Ces femmes que beaucoup de féministes auront taxées de victimes du puritanisme et du machisme d’alors, je les vois comme des vraies amazones, fières et fortes, suivant sans peine les chasses les plus effreinées à travers bois et taillis, franchissant les fossés et galopant jusqu’à plus soif dans un bruissement de soie et d’étoles. Contraintes de monter ainsi, elles se sont appropriées ce qui semblait un handicap pour pouvoir atteindre l’égal des hommes montés à califourchons.

Elles sont dans mon esprit de vraies femmes, assumant leur différence et l’affichant au nez et à la barbe de tous, elles sont pour une fois sur le même pied d’égalité que les hommes sans avoir pour autant eu à renier leur féminité.

Pour la première fois de ma vie équestre, je pose cette selle étrange sur le dos de mon cheval de randonnée, j’observe et je m’interroge, mais plus je la regarde et plus l’envie de me mettre en selle me talonne. Personne autour de moi ne peux m’orienter ni me conseiller et comme souvent je m’apprête à me fabriquer ma propre expérience non sans un soupçon d’apréhension. Une journée de randonnée dans cette curieuse selle… Le paris est tentant mais pourrait vite touner au cauchemard !

La tentation l’emportera sur l’appréhension. Sitôt installée, je cherche une position confortable, les hanches et les épaules dans l’axe, je repose mes jambes autour des fourches et tache de me détendre. Au fur et à mesure que la journée se passe, je n’en finit pas de m’extasier du confort et du naturel de cette façon de monter, le cheval quant à lui ne semble pas perturbé pour un sous et avale sereinement les kilomètres. Cette journée reste gravée dans ma mémoire, comme un nouvel horizon équestre se dévoilant tout au long des chemins forestiers, je sens déjà que je ne pourrai plus me passer de cette façon de monter et je suis rongée par le désir de tout refaire en amazone.

Et voilà comment nait une nouvelle passion,

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Les sensations que l’on ressent en amazone sont incroyables, le bassin étroitement lié au moindre mouvement du cheval, suffit à accompagner et demander. Tout est plus léger dans cette position, on ne se sent plus « agrippé » au cheval e, l’enserrant des deux jambes, mais on se sent légèrement « posé » sur lui et avec lui… C’est une incroyable sensation qui mêle une impression de maîtrise, de légèreté et presque de supériorité.

La monte en amazone ne peut se résumer à une lubie pour femmes en manque d’originalité, même s’il faut reconnaître chez les amazones l’amour de l’histoire et un certain goût pour le romanesque, c’est avant tout une façon de monter qui permet d’élargir sa pratique et sa compréhension de l’équitation, qui permet de mieux s’assumer à cheval en tant que cavalière, c’est une équitation qui ouvre les yeux et délie à la fois le corps et l’esprit.

Confortablement installée dans mes fourches, ressentant tout des mouvements de mon cheval, le buste bien plus reculé qu’à l’acoutumée, j’ai le sentiment de prendre du recul, de voir arriver les choses et d’y faire face. Le roulis du galop m’ennivre, alors que mon corps se fond et se laisse emporter dans ce mouvement exquis, mon esprit s’égare au gré du vent qui passe sur mon visage et emporte ma jupe dans un léger bruissement de tissus…

Souvent, les autres cavaliers me regarde curieusement et me demandent si je ne me sens pas minimisée par cette façon de monter…Comment leur expliquer que j’ai sûrement compris bien plus de choses de l’équitation et de ses finesses dans les fourches que dans des reprises de dressage.

cabr_Comment faire entendre que les jambes ne me servent à rien pour exécuter un départ au galop ou un appuyer ? Que seul mon buste et mon bassin me suffisent comme si mes jambes avaient disparu inutiles désormais puisque mon cheval à les siennes pour se mouvoir… Cette fois le rêve du centaure est atteint mais en plus complété du mythe de l’amazone !

10 octobre 2007

Ma préférence à moi...

P1040625couleurcompressAu travers de toutes les qualités que je vois à ma jument, il en est une assez inattendue qui, en y réfléchissant bien, me saute désormais aux yeux…

Bien sur, ma jument a de cette superbe naturelle des ibériques ; ses allures amples et relevées à la fois, ses formes rondes et harmonieuses n’en finissent pas de me laisser admirative. Bien sur elle a sous la selle cette finesse incroyable qui me donne bien souvent l’impression d’avoir atteint la légendaire « Légèreté » que tout cavalier recherche. Bien sur son courage, son grand cœur, son endurance en font un cheval complet et permettent de se faire plaisir à la fois en dressage, à l’obstacle en extérieur et à pied…

Oui toutes ces raisons là sont belles et pourtant ce n’est pas cela qui me semble si précieux, c’est une chose beaucoup plus enfouie, un trait de caractère dont je ne peux plus me passer. Ma jument discute de tout avec moi, et cela n’a pas de prix… Elle qui lorsque je l’ai connue était enfermée dans un mutisme total, au fil des années, du travail fait ensemble, de la confiance gagnée jour après jours… Au terme de tout cela, ma jument discute désormais avec moi…

Lorsque je lui demande quelque chose que cela soit monté ou à pied, elle ne le donnera jamais sans avoir demandé pourquoi avant, rien n’est ni gratuit ni acquis, si un exercice ne lui plait pas, il me faudra lui expliquer avec toute la patience dont je suis capable, comment le faire et lui faire comprendre pourquoi cela est bon pour elle, autrement tout n’est qu’énervement et piétinement.

Nous faisons les choses ensemble, je lui demande, elle me répond, nous nous mettons d’accord, nous sommes loin du cheval automate qui répète sans conviction ce qu’on lui à appris… Tout doit être fait ensemble, créé ensemble et d’un commun accord.

P1010660Pour toute nouvelle chose que je souhaite lui apprendre, il me faut des semaines, voir des mois, car je commence par demander, elle me regarde l’œil curieux, je lui explique comment faire, elle me répond encore… En fonction de ses réponses, je vais comme à chaque fois, imaginer une nouvelle façon d’expliquer, l’essayer, elle me dira si elle comprend ou non, le cas échéant, il faudra encore se creuser la tête pour trouver une autre façon…

Et finalement, je m’aperçois qu’à présent rien n’est plus précieux que ces instants où nous parlons, à tel point que j’en viens à préférer les moments consacrés à lui enseigner quelque chose au moments passés à répéter les choses acquises, rien n’est plus puissant que la joie que j’éprouve à discuter avec elle, si ce n’est peut être l’instant ou nos efforts conjugués se couronnent de succès et que le cœur battant de joie et de surprise, je reste subjuguée devant ma princesse qui me montre enfin et pour la première fois que l’exercice est compris et qu’elle accepte de le faire avec plaisir….

19 septembre 2007

Il faut savoir composer parfois...

L’équitation, un concept qui peu être aussi simple qu’il peut s’avérer compliqué !

Prendre son cheval et partir en foret est simple, juste partir et penser à autre chose, se libérer des tensions de la journée, se sentir libre…. Mais prendre son cheval et partir au manège promet d’avantage de complications, promesses de réflexions qui viendront se prolonger bien après avoir mis pied à terre, bien après la douche, le diner… Ces interrogations qui viennent me chatouiller jusque dans les bras de Morphée, dans mon inconscient galopant toujours la nuit et aspirant à l’ivresse de pirouettes ou de piaffer aériens, le tempo et la musique des sabots frappant le sol, le souffle de mon cheval arrondissant son galop… Toutes ces sensations inimaginables que mon corps et mon esprit viennent encore réclamer au plus profond de mon sommeil…

Les journées sont longues loin de ma princesse, il ne passe pas une journée sans que je ne pense à elle, à ce qu’elle m’a donné la veille, à ce qu’elle pourra me donner ou me reprendre ce soir… Les heures stagnent et j’use laborieusement le bois de mon bureau avant de pouvoir retrouver le cuir de la selle, les odeurs chaudes de paille, de foin et de chevaux.

Et toujours mon imagination galope, prévoyant ce que nous ferons ce soir, travail, liberté, travail à pied, et surtout quel objectif sera fixé.

Ce travail n’a pour seul objectif que notre bien être de couple équestre, rechercher un certain dépassement de soi ensemble, sans douleur et sans contraintes, s’amuser ensemble… Jamais de démonstration ou de compétition à la clé, je pourrai rester des heures seule avec ma princesse dans la pénombre de mon manège !

Ce soir là j’arrive enfin aux écuries, comme après une longue apnée, j’avale goulûment l’air chargé de ces odeurs de chevaux…Je respire enfin !

Ma princesse est en plein repas, qu’à cela ne tienne, je m’apprête à la préparer dans son box afin de la laisser finir sa ration. Cependant la demoiselle à d’autres attentes, à peine ai-je appuyé la porte du box derrière moi, qu’elle la pousse à pleines dents et avance de quelques pas dehors, elle se retourne et me regarde… Quand je pense que ce cheval était « autiste » il y a quelques années ! Le moins qu’on puisse dire est qu’elle sait désormais communiquer et se faire comprendre !

La préparation est laborieuse, la demoiselle ne tient pas en place, je la selle et nous marchons un peu avant que je ne me mette en selle. Au moment ou je trouve ma place dans ma selle, Danha démarre au petit trot… En général ce genre de comportement ne présage rien de bon lorsque je rêve d’une séance de travail en légèreté… La sentant très explosive, je me dirige vers le manège, impossible de revenir au pas, elle souffle, se contracte et trottine toujours ; j’entame donc une détente au trot…

Cela ressemble plus à un hit d’entraînement de trotteur ! Idanha développe tout de suite ses foulées, jette rageusement les antérieurs en avant et avale les longueurs, se couche dans les tournants et repart de plus belle… Quinze minutes n’y suffiront pas, elle ne veut pas entendre raison et continue de se durcir, mon bras gauche commence à être douloureux et je sens cette terrible colère qui pointe en moi, je me contracte aussi…

Mais cette fois, je décide non seulement de lutter contre la colère mais de m’accorder quelques instants  pour analyser la situation. Danha n’a plus été comme cela depuis des mois, elle est appliquée et calme dans le travail… Alors pourquoi ce brusque retour en arrière ? J’entrevois soudain une raison simple, si simple qu’elle nous échappe parfois… Elle à de l’énergie à revendre et elle n’a pas du tout envie de la dépenser à travailler, je crois que le manège lui sort par les yeux ! Ma jument est simplement entrain de me dire à sa façon «  sors-moi de là et vite ! »

Je lui demande quelques foulée de pas espagnol, elle sait que cela annonce la fin d’une séance alors elle s’applique !

libert_

Sitôt fait, nous sortons du manège, je déshabille la bête qui me regarde en coin se demandant sûrement si j’ai bien compris le message et si je ne suis pas en colère. Je la mène au manège de liberté et la lâche… Il me faudra peu de temps pour être sure d’avoir fait le bon choix ! Ventre à terre elle traverse le manège en long en large et en travers, se cabre, repars de plus belle en ruant violemment  comme pour asseoir un peu plus sa liberté. Place aux jeux ensemble, elle me charge et s’arrête à quelques centimètres, se cabre, repars en poussant un petit cri strident, queue sur le dos et naseau dilatés. Elle est heureuse !

Quant à moi qui avait rêvé d’une belle séance de travail toute la journée, je ne suis pas déçue, bien au contraire, je suis heureuse d’avoir su surmonter mes envies et mon impatience, de ne pas avoir céder à cette terrible déformation que l’on vous enseigne dès le plus jeune age ( entendez vous encore parfois votre monitrice de l’époque crier « allez, il faut qu’il cède, il faut imposer ce que tu veux et l’obtenir… » ? ) Non cette fois j’ai fait taire le fantôme de cet enseignement à sens unique, j’ai su faire taire ma propre colère, ma propre douleur et j’ai écouté ma princesse. Je la regarde s’ébattre librement et encore une fois je constate à quel point ce cheval est ma vie…

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01 septembre 2007

Le retour de la princesse aux pieds nus!

P1010648Enfin! enfin je retrouve ma princesse, en ce beau matin de Septembre voila l'expédition vers les prés verdoyants et humides ou miss Danha jouait les tondeuses à gazons!

Toujours un peu angoissée à l'idée de l'état dans lequel je vais la retrouver, pas trop maigre? ses pieds fragiles pas trop abimés? pas de bobos? Je l'apperçois au fond de son pré, elle me voit et accourre... Celle ci il n'y a pas besoin de carottes pour l'attraper, après un mois passé seule dans son pré, elle n'a qu'une hate, se frotter contre moi, se faire gratter la crinière le toupet, les yeux le garrot, elle ne sais plus par quel bout commencer! Je la regarde sous toutes les coutures, ses pieds sont impecables, elle a un ventre énorme, et pas de bobos en vue... Je ramène donc mon poneys jaune et hirsutte qui traine son gros bidon.

Elle semble heureuse de retrouver la chaleur de son box, cette année pas de déprime post-estivale, elle est en forme, même un peu trop! Première chevauchée ensemble, nous allons dans la carrière, je ne vais tout de même pas la déprimer dès la première fois dans mon placard de manège... après un quart d'heure au pas tranquille, demoiselle commence à pietiner un peu plus, a rebondir joyeusement pour me signifier qu'il faudrait peut etre passer à la vitesse suppérieure... La sentant relativement calme ( comme quoi après 7 ans de vie commune faudrait pas croire que je la connais par coeur celle là!) j'entamme ma détente au galop..............Détente le mot est faible! elle détalle ventre à terre, naseaux grands ouverts, attrape son mors et me fais les bras... je laisse faire, c'est pas très académique tout ça mais la sentir si joyeuse me grise un peu moi aussi... Le poney qui travaillait dans la carrière en même temps que moi nous regarde à moitié surpris à moitié envieux et nous enchainons les tours de galops effreinés.....C'est trop bon!

Après ça, un peu de remise au travail s'impose pour les séances suivantes, comme d'habitude je crains qu'elle ai oublié des choses, mais non, tout es bien là, la demoiselle est détendue et travaille volontier... Je ne parle même pas des fins de séances "jeux" au cours desquelles elle enchaine de joyeux cabrés, jambettes, croise-papate et pas espagnol.......mon dieu quel bonheur de s'oublier à ce point l'espace d'une heure ou deux....Plus rien que nous, l'odeur de son poil humide de travail, le contact léger sur les rênes, le bassin soudé avec son dos, la communion parfaite, plus de mots, plus de maux, le silence et la compréhension, rien que cela..... 

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26 août 2007

A pied dans la tourmente

P1010720Pour nous ce mois de vacance sera bien différent cette année, après des mois passés aux cotés de ma mère à lutter contre un cancer métastasant un peu partout, après des mois à être juste là, impuissante, à employer toute mon énergie à être utile autant que possible, à donner tout ce que je pouvais donner, à maintenir à bras le corps une lueur d’espoir dans les yeux de ma mère et de tout le reste de la famille, après ces mois à s’oublier soi-même, à lutter contre la fatigue, la colère, le désespoir, après ces longs mois, les médecins ont coupés le fil ténu qui nous raccrochait à ma mère et qui la maintenait en vie…

Il n’y a plus rien à faire, plus d’espoir ont-ils dit, il faut la laisser partir… Dans cette situation douloureuse, nous nageons entre deux eaux, entre la vie qui brille encore parfois dans ses yeux, et la mort qui a obscurcit ses traits…

Le matin du premier Août, maman est partie… Je me suis réveillée à la même heure avec cette boule à l’estomac, et cette étrange impression… Puis le coup de fil implacable qui m’envoie au fond du gouffre… Incapable de bouger, je reste allongée, les muscles paralysés, le cerveau embrumé, me répétant ces seuls mots « maman est morte, maman est morte… »Comme pour m’obliger à y croire, pour que l’idée soit définitivement ancrée en moi… Elle est partie, durant des minutes, des heures, je le répète encore et encore, jusqu’à ce que Didier vienne me sortir de ces limbes où je m’abîme, vienne me faire prendre conscience que j’appartient à la vie, au monde des vivants et qu’il n’est pas possible de rester entre les deux…

Nous passons donc le mois d’août en Corse, en famille comme prévu, à cela près qu’une personne manque, qu’une chaise reste vide, qu’un rire reste muet… Se retrouver tous ensemble pour affronter l’inacceptable, pour se réconforter les uns les autres…

Affronter la journée de son enterrement, sous le soleil de plomb qui pèse sur nous et nous accable encore un peu plus. Tous ces gens rassemblés sur la place de l’église de notre petit village, ce village qui a vu naître et grandir ma mère s’apprête à l’accueillir une dernière fois… Tous ces gens qui nous embrassent et nous étreignent, comment leur faire comprendre que nous aimerions tant être seuls, ne pas être touchés, ne pas être embrassés, juste seuls avec notre peine, expier tout ce chagrin loin de leurs regards, être seuls une dernière fois avec elle… Nous entrons dans la petite église du village, ici ma mère et mon père furent baptisés, ici également ils se marièrent, cette même église dans laquelle mes grands parents et arrières grands parents ont reçus leurs premiers et derniers sacrements… Ici tout commence et tout finit, la vie, l’amour qui donnera de nouveau la vie, et enfin la mort. Elle est si belle cette église, ses murs bleus défraîchis, ces statues de saints que je connais depuis ma plus tendre enfance… La messe est chantée en latin par trois hommes corses, personne ne pourra retenir ses larmes , les voix s’élèvent sous la voûte et nous entraînent au plus profond de nous même…

Ce dernier instant avec elle, tous réunis autour d’elle et déjà si loin… La procession jusqu’au petit cimetière familial, ils sont tous là, ils semblent l’attendre comme une promesse de désormais veiller sur elle qui fut notre mère, leur fille leur nièce, leur petite fille… Une dernière rose, une dernière prière, un dernier je t’aime, glissent silencieusement sur son cercueil descendu et tout est finit… La procession remonte pour de nouvelles embrassades, des mots de réconfort, de soutient, d’amitié, d’amour… Je reviendrai demain lorsque tout le monde sera loin, comme toujours, j’irai saluer mes ancêtres et pour la première fois, je parlerai à ma mère au pied de sa tombe, je lui dirai ce que je n’ai pu lui dire la veille, pas Adieu, mais à bientôt ici ou ailleurs… J’emporte avec moi son souvenir et son amour.

Le quotidien dans cette maison où nous avions coutume de passer les vacances tous réunis est difficile, parfois nous vivons comme nous allons devoir vivre désormais, heureux et insouciant de nouveau, et la seconde d’après, une ombre passe sur un visage, un silence s’alourdit, heureux oui mais sans elle… Il est difficile de vivre ici sans la voir partout, parfois il me semble l’entendre m’appeler, ou l’apercevoir lorsque j’ouvre une porte… Nous oscillons entre la vie qui reprend ses droits et de terribles accès de tristesse, de manque, d’injustice… Je me surprend à faire les choses que a mère faisait et de la même façon, j’irai même jusqu’à me brûler la main dans le four par manque de précaution, ce dont nous blâmions régulièrement ma mère… Ensemble nous tachons de faire face et de laisser un peu de coté la légendaire pudeur familiale pour ce qui est d’exprimer ses sentiments…

La vie semble donc reprendre son cours et la vie est douloureuse, les nuits sont longues et peuplées de cauchemars, je rêve sans cesse l’enterrement de ma mère, et lorsque ce n’est pas cela, c’est mon cheval que l’on m’enlève… Jamais je crois ma belle Danha ne m’a tant manqué…J’aimerai tant l’avoir près de moi, étouffer mon chagrin contre son encolure, cacher mes larmes sous sa crinière, presser ma joue contre son poil doux, me cacher dans la pénombre de son box, m’oublier sur son dos , faire corps avec elle, oublier mes muscles, mes pensées, mes peines…Voler quelques instant à la souffrance, suspendre la vie le temps d’une foulée de galop, chasser tout cela le temps d’un cabré… Cela parait absurde d’être autant en manque de son cheval alors que l’on vient de perdre sa mère… A vrai dire peu de gens sûrement peuvent le comprendre… En fait, je m’accroche à ce qui est encore accessible ; l’absence de ma mère sera toujours douloureuse, mais je ne pourrai jamais y remédier, alors mieux vaut manquer de ce que l’on peut retrouver… Ce mal irrépressible me ronge sans que je puisse trop l’avouer, qui comprendra cela ? J’ai besoin de ma jument pour vivre, elle est une partie de moi. Le tableau de ma vie que je croyais innocemment intemporel vient de se transformer en puzzle, une pièce vient de disparaître à jamais laissant un trou noir… Je sais exactement à quoi ressemblait cette pièce, ma mémoire la gardera intact mais le puzzle sera à jamais incomplet… Ma belle Danha est elle aussi une pièce du puzzle qui pour l’instant à été mise de coté, cependant dans ces heures douloureuse je voudrai que ma vie soit complète autant que possible, je voudrai que toutes le pièces les plus importantes soient réunies pour que la vie reprenne ses droits et puisse enfin continuer… Voila pourquoi alors que je pleure ma mère, je pleure également mon cheval éloigné, voila pourquoi alors que ce vide en moi sera à jamais présent, je ne rêve que de galoper et de sentir mon cheval m’enlever un instant à tout cela…

Posté par articia à 22:55 - Du quotidien... - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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